Les poissons bientôt de retour pour faire oublier le fiasco

Estavayer-le-LacInaugurée fin 2016, la pisciculture a été mise à l’arrêt quelques mois plus tard suite à des pertes. Le Canton de Fribourg va y remédier.

Le canton de Fribourg a investi 2,4 millions de francs dans la nouvelle pisciculture, à Estavayer-le-Lac. Les installations sont à l’arrêt depuis l’été 2017.

Le canton de Fribourg a investi 2,4 millions de francs dans la nouvelle pisciculture, à Estavayer-le-Lac. Les installations sont à l’arrêt depuis l’été 2017. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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En matière d’argent public gaspillé, la pisciculture cantonale d’Estavayer-le-Lac peut être considérée comme le pendant fribourgeois de l’achat vaudois d’un zodiac pour la police du lac. Si le bateau n’est jamais intervenu sur la rive sud du lac malgré un investissement de 660 000 francs, la pouponnière à poissons n’a pas connu plus de succès, sur la place Nova-Friburgo staviacoise, alors que 2,4 millions de francs y ont été investis. Mise à l’arrêt quelques mois après son inauguration, fin 2016, en raison des nombreuses pertes d’alevins constatées, l’infrastructure devrait fonctionner à nouveau dès l’hiver prochain, a appris «24 heures».

«Le Canton a décidé d’entreprendre diverses réparations sans attendre les résultats des enquêtes menées suite au fiasco», lâche Claude Delley, pêcheur professionnel à Delley. L’objectif serait de pouvoir remettre en service l’écloserie à poissons pour l’hiver prochain, confirme Manuel Pompini, inspecteur cantonal de la pêche.

Le Canton de Fribourg n’en dira toutefois pas davantage sur ce dossier sensible, tant que le paquet ne sera pas ficelé. C’est que l’affaire a déjà fait couler beaucoup d’encre. La pisciculture permet la fécondation et l’élevage d’alevins de certaines espèces afin de remédier au déficit de la reproduction naturelle et pour assurer un rendement optimum de la pêche. Destinée surtout à l’alevinage des corégones ou des palées, l’infrastructure, inaugurée avec deux ans de retard sur le calendrier prévisionnel, avait déjà entraîné un surcoût de 400 000 francs par rapport au devis initial. Bondelles et brochets collectés par tous les pêcheurs de la rive sud y sont aussi élevés.

Dès sa mise en service, d’importants dysfonctionnements étaient constatés. Sur 620 litres d’œufs de palée mis en incubation, seuls 92 avaient pu être portés à maturité. Selon les espèces, les pertes variaient de 41 à 85%, ce qui avait entraîné l’arrêt immédiat des installations. Il avait fallu transférer d’urgence des alevins dans l’ancienne pisciculture staviacoise.

Dossier encore à l’étude

Quelles solutions vont être mises en place pour remédier à ces problèmes? Selon quel calendrier? Et pour quelle enveloppe financière? Autant de questions que nous aurions souhaité éclaircir avec la Direction de l’aménagement, de l’environnement et des constructions (DAEC), qui pilote le dossier du prochain chantier. «Celui-ci étant en cours d’étude, nous n’avons pas d’autres détails à donner», répond Corinne Rebetez, chargée de communication. Fin juin 2017, «La Liberté» parlait d’une fourchette de 600 000 à 1 million de francs à investir.

Impossible aussi de connaître les enseignements des enquêtes lancées par le canton. Après des investigations techniques, la pisciculture a fait l’objet d’un examen administratif conduit entre la DAEC et la Direction des institutions, de l’agriculture et des forêts (DIAF). Pression de l’eau, régulation de sa température, filtrage des particules, taux d’oxygène, circuit d’acheminement et de rejet des eaux, fuites, pompe déficiente ou encore alarme ne fonctionnant pas semblent pointés du doigt sur l’aspect technique. L’enquête administrative doit faire la lumière sur le «pourquoi» et le «comment» du fiasco.

Saint-Sulpice à la rescousse

En attendant ces éclaircissements, les différents services cantonaux de la pêche bricolent avec les moyens du bord. «Nos œufs de poissons de l’hiver dernier ont été élevés à Saint-Sulpice, dont la pisciculture a été remise en service pour l’occasion», explique Alexandre Bonny, pêcheur à Chevroux.

Pour cet hiver, les palées prélevées en décembre sont élevées à Colombier (NE). La pisciculture de Saint-Sulpice est aussi prête à fonctionner, pour les bondelles à la fin du mois de janvier, puis pour les brochets sur mars-avril. «Mais cela génère davantage de déplacements. De plus, les caractéristiques chimiques de l’eau ne sont pas les mêmes que celles prélevées dans le lac de Neuchâtel», note Frédéric Hofmann, chef de la section chasse, pêche et surveillance du Canton de Vaud.

L’hiver dernier, les pêcheurs avaient aussi accepté de diminuer leurs prises le temps d’un retour à la normale. «Pour eux, les mêmes conditions s’appliquent actuellement», conclut Corinne Rebetez. (24 heures)

Créé: 12.01.2019, 13h57

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