Les policiers nord-vaudois veulent de meilleures conditions de travail

RevendicationsLes représentants du corps montent au créneau. Leur but? Que les disparités avec les autres corps du canton soient effacées.

Les membres de la police du Nord vaudois souhaitent l’équité vis-à-vis des autres corps communaux et du Canton.

Les membres de la police du Nord vaudois souhaitent l’équité vis-à-vis des autres corps communaux et du Canton. Image: OLIVIER ALLENSPACH - A

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«Apparemment, on donne satisfaction puisque la qualité de notre travail est reconnue et qu’on nous remercie pour cela chaque année. Mais aujourd’hui, on aimerait autre chose. Nous attendons un geste de la part de notre employeur.» Pascal Nidegger est président de la section nord-vaudoise de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP). Avec son comité, le sergent-major de la Police Nord Vaudois (PNV), trente ans de service au compteur, se bat depuis plusieurs mois pour obtenir une revalorisation du statut de ses collègues en uniforme.

C’est la troisième fois après 2008 et 2010 que les policiers du Nord vaudois revendiquent de meilleures conditions de travail. Mais c’est la première depuis l’entrée en force, au 1er janvier 2012, de la «police coordonnée» qui regroupe dix corps de police: la cantonale, la municipale de Lausanne et huit intercommunales. Soit un effectif de 1571 agents en uniforme à fin 2015.

Collaboration accrue

«Nous collaborons de plus en plus, aussi bien en termes de formation que dans le cadre d’opérations de terrain. On est tous ensemble, mais on n’est pas égaux!» déplore l’Yverdonnois qui s’appuie sur les mots de l’article 25, alinéa 5 de la loi sur l’organisation policière vaudoise. Le texte adopté en 2011 stipule en effet que «l’ensemble des policiers du canton est au bénéfice d’un statut unifié». Or en juillet dernier, six mois après la date butoir initialement fixée pour sa mise en application, ce n’est pas le cas. Les disparités sont importantes entre les différents corps de police. Cet état de fait n’a d’ailleurs pas échappé à la Cour des comptes. En juin, elle dénonçait un mode de financement «opaque», «rigide», «déséquilibré dès l’origine».

Conforté par l’augmentation de salaires récemment accordée à PolOuest, le comité nord-vaudois a sollicité la Municipalité d’Yverdon. Spécificité de la PNV, elle ne dépend en effet pas directement d’une association, mais de la Ville. Ses membres sont ainsi des salariés de la Commune, astreints au même régime que les autres employés. C’est d’ailleurs bien là que réside la principale difficulté. «Je comprends leur problème et je le connais, puisque je suis présidente de la Conférence des directeurs des polices municipales vaudoises, relève la municipale yverdonnoise de la Police, Valérie Jaggi. Mais la solution passe par une modification des statuts. Et s’il y a une réelle volonté des ressources humaines de s’y atteler, cela ne peut pas se faire en un claquement de doigts.»

Après plusieurs rencontres avec les autorités et trois courriers – dont deux adressés en recommandé dans lesquels les policiers font part de leurs revendications (lire ci-contre) –, ils ont reçu comme réponse qu’ils devaient négocier avec leur commandant. «Or pour nous, c’est à notre employeur de régler ces questions», reprend Pascal Nidegger. Quoi qu’il en soit, la porte ne semble pas totalement fermée, ainsi que l’affirme la municipale Valérie Jaggi: «Nous ne faisons pas du tout la sourde oreille. Il faut juste nous laisser du temps pour travailler.» (24 heures)

Créé: 11.08.2017, 20h53

«Pas plus qu’ailleurs, mais la même chose»

Que demandent les hommes et femmes de Police Nord Vaudois (PNV)? «On veut du respect, de l’équité et de la justice. Pas plus qu’ailleurs, mais la même chose», martèle le sergent-major Pascal Nidegger, président de la section locale de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP). Les disparités sont en effet importantes. Aussi bien avec la police cantonale qu’avec les autres corps communaux ou intercommunaux, ce qui rend difficile les engagements. Au niveau salarial par exemple, la PNV n’est certes jamais en queue de peloton, mais son barème ne lui permet pas d’occuper mieux que l’antépénultième rang de ce classement. Ainsi, le salaire mensuel brut d’un aspirant varie de 3996 fr. à 4600 fr., suivant son lieu d’incorporation. Soit un écart de 604 fr. A Yverdon, il est de 600 fr., la PNV se situant à l’avant-dernière place. Les écarts se creusent au fur et à mesure que les grades augmentent jusqu’à un distinguo de 2999 fr. (2704 fr. pour Yverdon) entre le chef d’unité le moins bien et le mieux payé.

Les demandes de la PNV ne portent pas que sur les salaires. Compte tenu de la pénibilité de leur tâche, les policiers aimeraient une indemnité de fonction plus importante et que leurs heures de nuit (de 22 h à 6 h) soient comptabilisées à 120%. Ils souhaitent aussi que les semaines de vacances passent de quatre à cinq (de cinq à six à partir de 45 ans) et qu’ils puissent effectuer une heure de sport par semaine sur leur temps de travail.

Adressées à la Municipalité d’Yverdon en mars, répétées en juin, ces demandes étaient assorties d’une mise en application au 1er juillet dernier. «Encore une fois, nous comprenons leurs requêtes, mais il faut être conscient que l’on ne peut pas engager l’argent de la collectivité comme ça et qu’on ne peut pas modifier un budget du jour au lendemain. Tout au mieux, des changements pourraient intervenir au 1er janvier 2018», répond la municipale Valérie Jaggi.

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