«En politique, on ne part pas toujours quand on le décide»

ÉlectionsLe Combier Nicolas Rochat Fernandez est l'un des discrets perdants des dernières élections. Il n'a pas été réélu au National, alors qu'il avait abandonné son poste de premier député pour l'aventure.

Le député avait tout misé sur son statut de syndicaliste au National. Avec un score quasiment identique à celui qu'il avait fait en 2015, c'est une des victimes collatérales des dernières élections, consacrant le vote femme et la vague verte.

Le député avait tout misé sur son statut de syndicaliste au National. Avec un score quasiment identique à celui qu'il avait fait en 2015, c'est une des victimes collatérales des dernières élections, consacrant le vote femme et la vague verte. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est l’un des discrets perdants des dernières élections fédérales. En mai dernier, Nicolas Rochat Fernandez, l’énergique député de la vallée de Joux, avait fait le pari d’abandonner son fauteuil au parlement vaudois, qu’il devait même prochainement présider, pour remplacer la socialiste Rebecca Ruiz au Conseil national. Il n’y aura siégé que quelques mois. Arrivé en septième position le 20 octobre au soir, le sortant se retrouve sans aucun mandat électif.

Cette défaite, vous vous y attendiez?
Disons que j’avais réfléchi à toutes les possibilités, il y a six mois, quand la question d’aller à Berne s’est posée. Y représenter Vaud et la Vallée, c’était une occasion unique. Je savais qu’il y avait des risques. Et je ne cache pas que la déception était réelle quand j’ai vu le résultat, mais je m’y étais préparé. En fait, ça ne concerne pas que ma petite personne. Beaucoup de monde n’a pas été réélu. Et ce que je regrette surtout, c’est que le parlement se retrouve avec peu de syndicalistes, à l’exception de Pierre-Yves Maillard.

Vous avez fait une campagne intensive et vous vous retrouvez avec presque le même score qu’en 2015. Qu’est-ce qui a péché?
On peut toujours faire mieux. Peut-être qu’il m’aurait fallu quelques sessions en plus pour développer certains enjeux. J’avais encore des choses à y faire. Mais c’est la loi. En réalité, personne n’avait anticipé une telle vague verte et un tel vote femme, même si je m’en réjouis, attention. Mais ce contexte y est pour beaucoup dans notre résultat.

Vous n’aviez pas surestimé vos chances, surtout?
En toute sincérité, non. La carte électorale était insondable et je m’attendais à ce que ce soit difficile. Mon score à la Vallée ? une nouvelle région périphérique qui se retrouve sans représentant à Berne d’ailleurs ? était bon. Dans le Nord vaudois et ailleurs aussi. Je ne dis pas que c’est facile, mais quand on se lance en politique, on sait qu’on ne choisit pas toujours son propre départ.

Vous auriez pu demander une dérogation pour rester au Grand Conseil en parallèle. Ça vous aurait sauvé votre siège.
Oui, mais je ne suis pas de ceux qui s’accrochent à leur place. De nouveau, c’était un choix. Je ne me serais pas vu revenir siéger à Lausanne ou faire douter de mon engagement durant ce mandat au National. Beaucoup de gens pensent qu’on a des plans de carrière en politique. En fait, non. Je suis rentré au Conseil communal du Chenit à 18 ans et ensuite j’ai eu de la chance, c’est tout. C’est la problématique de toute ma génération, qui a commencé son engagement politique tôt. On ne peut plus faire comme avant des mandats sur le tard puis se retirer à l’âge de la retraite. On sait que ça peut ne pas durer.

Vous abandonnez la politique alors?
Disons que je ne me retire pas de la vie politique. On verra. Parce que je suis encore jeune, à 36 ans, et parce qu’il y a d’autres façons d’en faire. Outre le fait que je vais pouvoir m’occuper plus de ma famille je vais pouvoir défendre les travailleurs aux tribunaux et faire plus de militantisme. C’est vrai que ce sera un peu une nouvelle vie. J’aurai siégé à tous les échelons pendant vingt ans. Je suis fier de ce que j’ai pu faire.

Créé: 22.11.2019, 10h09

Articles en relation

Français et Thorens, le nouveau tandem vaudois

Élections fédérales Ada Marra échoue à maintenir le siège que le Parti socialiste détenait depuis 20 ans. Plus...

Voici la nouvelle vague verte

Élections fédérales Qui sont les Verts et Vert’libéraux qui vont changer le visage du parlement? Portraits. Plus...

Qui sont les 17 Vaudois qui veulent rester à Berne?

Élections fédérales Seize des 18 conseillers nationaux vaudois sollicitent un nouveau mandat. C’est l’une des plus grandes délégations. Mais ce n’est pas suffisant pour peser sur la politique fédérale. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.