Passer au contenu principal

Les pompiers n'ont pas peur des tours

Des mesures contraignantes sont imposées pour faciliter la mission des soldats du feu dans les bâtiments élevés.

La tour Grenfell, où au moins 80 personnes sont mortes dans un incendie le 14 juin à Londres
La tour Grenfell, où au moins 80 personnes sont mortes dans un incendie le 14 juin à Londres
AFP

L’incendie de la Grenfell Tower soulève des inquiétudes jusqu’au Grand Conseil. La semaine passée, le député Alexandre Rydlo (PS) a demandé au gouvernement si «nos sapeurs-pompiers disposent de l’instruction, des moyens et des concepts d’engagement pour faire face à un incendie» dans une tour. Interrogé à ce sujet, le capitaine adjudant Christophe Masson, chef opérationnel au SDIS Nord vaudois, rappelle que la construction des bâtiments élevés (plus de 30 mètres) est soumise à des prescriptions de protection incendie AEAI (Association des établissements cantonaux d’assurance incendie) particulièrement sévères tant pour les matériaux que pour les mesures visant à faciliter la lutte contre le feu.

Fondamentalement, ces mesures reposent sur des degrés d’assurance qualité gradués de 1 à 4 selon leur affectation. «Les bâtiments élevés sont classés en catégorie 3 ou 4», explique Christophe Masson. Outre la taille, les critères peuvent être la présence d’un parking souterrain, d’activités industrielles ou artisanales présentant un risque de feu, la vulnérabilité des occupants – dans un hôpital, un EMS ou une colonie de vacances, par exemple – ou les difficultés d’accès dans le cas d’une cabane de montagne.

La défense incendie est prise en compte dès la conception du bâtiment. Les aménagements extérieurs doivent permettre l’accès des véhicules de secours, en termes de résistance des dalles notamment. Les directives de la Coordination suisse des sapeurs-pompiers prévoient aussi qu’un emplacement pour la tonne-pompe doit être prévu – et interdit au parcage – à proximité de tout bâtiment élevé.

Au niveau de la construction proprement dite, chaque étage doit disposer de voies d’évacuation protégées. Cela signifie que les escaliers sont isolés par des sas et des portes coupe-feu. «Dans un immeuble, il faut se représenter les voies d’évacuation comme un tube vertical qui doit rester libre de toute fumée», explique Christophe Masson. Dans les bâtiments élevés modernes, ce tube peut être mis en surpression. Et désormais, un ascenseur indépendant, spécialement équipé, est prévu afin de permettre aux pompiers de gagner plus rapidement les étages. Un éclairage de secours doit aussi être disponible, qui signale les voies d’évacuation.

«La tonne-pompe joue un rôle essentiel puisqu’elle va alimenter la colonne sèche (conduite, ndlr.) qui distribuera l’eau à chaque étage», explique Christophe Masson. Contrairement à ce qu’on voit dans les films, les plans d’intervention pour les bâtiments élevés ne prennent pas en compte les échelles automobiles ou les bras élévateurs, «même si on peut y recourir dans certains cas», précise le chef opérationnel.

Comme pour tous les sinistres, la préoccupation première lors de l’incendie d’une tour est de secourir les occupants. «L’équipe de recherche et sauvetage va monter par les escaliers – ou par l’ascenseur pompiers si un tel équipement est prévu», indique l’officier. Si nécessaire, la cage d’escalier sera ventilée depuis le bas afin de chasser les fumées vers le haut et de permettre son utilisation pour une éventuelle évacuation.

Ce premier groupe est suivi par l’équipe d’extinction qui va combattre le feu en installant ses tuyaux et ses lances sur la prise d’eau de l’étage. Lorsque le feu fait rage dans un local, les pompiers peuvent intervenir avec la lance perforante Cobra. «Cet équipement (une exclusivité vaudoise, ndlr.) permet de percer la porte d’un appartement, par exemple, et de faire descendre la température dans le volume en feu, explique Christophe Masson. Les risques dus aux phénomènes thermiques sont réduits et les pompiers peuvent ensuite entrer pour l’extinction finale.»

Et l’évacuation? «La décision est prise par le chef d’intervention en fonction de l’intensité du sinistre, conclut Christophe Masson. Car il faut bien comprendre que si on évacue une personne, on finit par devoir évacuer tout le monde.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.