Passer au contenu principal

La Praz perd un pan de patrimoine et un lieu social

Avec le décès de Nelly Genevaz, l’emblématique Café du Jura a perdu sa tenancière au long cours. L’unique bistrot du village ne rouvrira pas.

Une personne âgée qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle, dit le proverbe. À La Praz, c’est aussi un lieu social, peut-être le seul de cette localité de 170 âmes, qui a disparu au début du mois avec le décès de Nelly Genevaz. L’octogénaire était la dernière du brelan d’as formé aussi de «Mimi» Dimitracopoulos à Suchy et de Tante Emma à L’Abergement, toutes trois tenancières de bistrot au long cours.

C’est que le Café du Jura, qu’elle dirigeait depuis les années 1970, était connu bien au-delà des frontières communales. Le chef d’orchestre Ernest Ansermet a même tellement apprécié la vue imprenable qu’offrent ses «pissotières» qu’il a déclaré qu’elles étaient «parmi les plus belles qu’il connaisse». Une maxime que «Madame Nelly» avait fait graver sur la porte qui y conduit.

En pénétrant dans l’établissement aux catelles d’un autre âge, aux murs ornés de vieilles photos et d’une étonnante fresque du Mississippi, le visiteur était immédiatement imprégné de cette atmosphère propre aux vieilles pintes vaudoises. C’est sans doute pour ça que les habitués ont continué de s’y rendre, même quand la santé de Nelly Genevaz ne lui a plus permis de préparer sur son fourneau à bois gâteaux et sangliers qui faisaient sa réputation. «Tant qu’elle a pu se rendre dans la salle, on venait. On tirait nous-mêmes nos cafés, on lui donnait l’argent et elle sortait de sa poche la monnaie en retour», confie André Guberan.

Pour ce Pratoux, il est clair que le bistrot fermé depuis le 1er janvier – après un apéritif-raclette offert à la population – ne rouvrira pas. Ce que confirme la famille de la tenancière: «Il faudrait faire tellement de choses pour le remettre aux normes, l’engagement financier serait beaucoup trop important.» Il ne viendrait pas à l’idée des habitants de contester cette évidence. «Mais il faut aussi considérer la perte énorme pour le village. C’est un pan du patrimoine vaudois qui s’effondre. Les autorités cantonales devraient disposer de statuts spéciaux pour maintenir en vie des endroits comme celui-ci. Également en regard du rôle social qu’ils jouent.»

Cette perte et ses conséquences, la Municipalité les ont visiblement appréhendées. «Un lieu de rencontre est indispensable pour un village. Nous disposons d’un caveau à la Maison de Commune, que nous voulons réaménager», explique la syndique, Anni Sordet. L’idée est louable. Reste à savoir si les habitants s’y sentiront aussi à l’aise que chez Nelly pour refaire le monde, avec ou sans éoliennes.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.