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Comment La Praz a tourné pour les éoliennes

Il a suffi d'une poignée de voix pour maintenir le plus important projet éolien vaudois à ce jour, celui du Mollendruz, mis à mal puis validé par le Conseil général de La Praz.

D’abord rejeté pour 20 voix contre 11 en janvier par le Conseil général de La Praz, le plan du parc du Mollendruz est repassé mardi devant la même instance, dans une salle chauffée à bloc, sur convocation de la Commune. «La première fois, beaucoup ne sont pas venus, explique la syndique Anni Sordet. On voulait que tout le monde puisse s’exprimer.»

Résultat? Le plus grand projet éolien vaudois du moment – 12 hélices de 150 mètres au moyeu, 50 à 90 GWh annuels (soit 5 à 15% des objectifs vaudois), dix ans d’études et 85 millions de francs sur le devis – a été accepté par 47 oui, 38 non et un nul. Soit avec trois voix de plus que la majorité, fixée à 44. En latin, on dit que la fortune sourit aux audacieux. En Vaudois, on dira que c’est passé par les poils.

Un «franc succès» au dire des édiles locaux. Ce revirement, majeur pour la transition énergétique du Canton, s’explique. Voici comment.

La mobilisation

Faire voter à nouveau le Conseil général était un risque calculé. D’abord politique – une réforme des assemblées de village est désormais lancée – mais surtout mathématique. «Les opposants ont détourné les outils démocratiques, ils ont simplement fait venir des leurs en janvier pour se faire assermenter. On l’a réparé en rassemblant tout le monde», glissait, à la fin du vote, un partisan du parc. Ce qui n’a pas manqué. Mardi, 46 villageois se sont fait assermenter, remplissant la petite salle de 83 personnes (sur les 160 du village). Certains découvraient leurs riverains visiblement pour la première fois. Le fruit d’un intense travail des deux camps. Le porte-à-porte, un encart dans «24 heures», une séance d’information, les tous-ménages et autres ont joué en faveur des éoliennes.

Le plan B

L’argument qui a le plus convaincu les Pratoux? Les communes voisines, Juriens et Mont-la-Ville ayant, elles, accepté le parc. Les deux villages ont rapidement affiché leur volonté de poursuivre. Et ça a marché: «On aura des éoliennes à 300 mètres sans pouvoir participer à leur choix», a résumé la commission. De la «solidarité», a renchéri un élu.

Pareille stratégie avait déjà opéré pour le projet de Sur Grati, soumis à référendum à Vallorbe. Là, c’est Vaulion et Premier qui avaient assuré vouloir poursuivre, même sans la participation de Vallorbe. En réalité, l’affaire aurait été un défi au Mollendruz. La société du parc aurait dû trouver une stratégie d’implantation qui n’ait pas besoin de relancer un nouveau plan d’affectation, et ce sans que le promoteur EWZ reconsidère sa participation actuelle. Un montage qui profite d’ailleurs aux communes participantes.

Les sous

«Ce qui est important, c’est notre participation à la transition énergétique, pas l’argent», assurait mardi, à l’heure des verres de blanc, la syndique de La Praz. À deux pas, une figure du village nuançait. «Un peu quand même. On a besoin de cet argent, ce soir c’est la raison qui a gagné.» Le projet du Mollendruz est l’un des parcs vaudois à avoir été loin dans la communication des retombées financières aux communes: ne serait-ce que l’imposition et l’actionnariat. Pour La Praz, qui doit refaire son réseau d’eau, c’est jusqu’à 160'000 francs par an.

Le discours

Ce n’est pas un hasard si la ministre des Énergies Jacqueline de Quattro a évoqué des «procédures d’urgences» pour les projets d’énergies renouvelables d’importance nationale. C’était dans «24 heures» et entre les deux votes. Selon des sources proches du dossier, on voit aujourd’hui les effets de ce discours pragmatique. Et ce n’est sans doute que le début.

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