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Premières victimes dans la crise de la presse locale

«La Région Nord vaudois» se sépare de la moitié de son personnel suite à la chute de la publicité.

La presse romande et surtout locale subit une fonte sans précédents des rentrées publicitaires alors que le lectorat est au rendez-vous. La Région, à Yverdon, se sépare de la moitié de son personnel. (image prétexte)
La presse romande et surtout locale subit une fonte sans précédents des rentrées publicitaires alors que le lectorat est au rendez-vous. La Région, à Yverdon, se sépare de la moitié de son personnel. (image prétexte)
VANESSA CARDOSO

Plus d’annonces de manifestations, plus de publicité, plus la moindre annonce commerciale ou le moindre avis officiel de mise à l’enquête. Bien que consultée de manière intense par ses lecteurs, la presse locale souffre décidément beaucoup de la crise sanitaire et des mesures de confinement. «La Région Nord vaudois», basée à Yverdon, après avoir drastiquement baissé sa pagination et sacrifié plusieurs éditions, dont son tous-ménages, se sépare de près de la moitié de sa petite équipe. Quatre employés, selon nos informations, dont des journalistes, ont fait l’objet de licenciements économiques, en plus d’un départ volontaire et d’adaptations diverses. Un coup dur.

Dans la presse régionale vaudoise, qui accuse dans l’ensemble des réductions de rentrées publicitaires de l’ordre de 75% à 80%, «La Région» est le premier titre à avoir recours à des mesures aussi drastiques. Elles seront effectives pour fin juin.

«On ne pouvait pas faire autrement, explique le président du conseil de fondation, Philippe Dubath. Il faut des mesures pour viser la survie du titre, et il faut les prendre vite. On est au début seulement d’une longue période de difficultés. Là, sans soucis supplémentaires, nous sommes capables de tenir jusqu’à fin août.» Après? «Je suis optimiste. On va se battre.»

Cette restructuration du journal intervient malgré une opération digitale, des offres de réabonnements («qui ont très bien marché», souligne Philippe Dubath) et une augmentation importante des avis de la Ville d’Yverdon.

«C’est l’illustration de la fragilité des petits journaux qui date déjà d’avant la crise: une dépendance directe aux annonces et à la conjoncture locale», soupire Cédric Jotterand, rédacteur en chef du «Journal de Morges» et fondateur de Vaud Presse, groupement des éditeurs de journaux locaux vaudois.

À l’image du «Régional de la Riviera», déjà en sursis concordataire. Beaucoup de titres n’ont visiblement pas réussi à constituer de réserves avant de se faire surprendre par les effets secondaires du Covid-19.

«C’est difficile, reprend le journaliste. Les avis locaux ont fondu, les annonces actuelles de la Confédération ou de la grande distribution nous échappent, et les nouveaux abonnements ou les clics en ligne rapportent peu. Si ces soutiens étaient arrivés avant, on aurait déjà eu plus de poids face aux annonceurs.»

Il poursuit. «La question maintenant, c’est de savoir combien de temps les journaux vont tenir. Il faut un électrochoc et une prise de conscience maintenant ou jamais.»

Le groupement des titres locaux a demandé au Conseil d’État d’accélérer de manière urgente les mesures d’aide à la presse.

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