La présence des gens du voyage se prolonge et agace

NomadismeAutorisé, dans un premier temps jusqu’au 20 août, l’imposant campement est toujours bien présent à Granges-Marnand. Un deuxième délai a été fixé au 2 septembre.

Installé dans un premier temps pour dix jours, le campement de gens du voyage restera finalement à Granges-Marnand jusqu’au 2 septembre.

Installé dans un premier temps pour dix jours, le campement de gens du voyage restera finalement à Granges-Marnand jusqu’au 2 septembre. Image: PHILIPPE MAEDER

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«J’espère qu’ils vont bien s’en aller le 2 septembre.» Une rapide prise de température auprès de plusieurs habitants des communes de Valbroye ou de Trey amène souvent à la même conclusion concernant le campement de gens du voyage, installé depuis le 10 août dernier, entre les villages de Trey, Marnand et Granges-près-Marnand. Prévu à la base pour une durée de dix jours et une soixantaine de caravanes, le camp est toujours bien présent. Et a grossi au fil des jours. «Ce camp est l’un des plus grands qui se soient installés dans le canton, précise Etienne Roy, préfet du district Jura-Nord vaudois et médiateur cantonal pour les gens du voyage. Au plus fort de leur présence, cela représentait plus de 150 convois.»

Les Gitans n’ayant pas quitté les lieux au délai stipulé, la Commune et l’exploitant du champ ont été contraints de signer une prolongation de durée jusqu’à samedi (lire l'encadré). «Avec l’arrangement que nous avons passé, j’ai bon espoir qu’ils tiendront leurs engagements avec des premiers départs dès jeudi et un emplacement nettoyé samedi», souffle le municipal Christoph Blaser, en charge de la Sécurité. L’édile ajoute qu’il pourrait ainsi rendre aux gens du voyage la caution qu’il a prélevée pour la remise en état. D’autre part, le changement régulier des bennes de déchets installées pour l’occasion lui permet de calculer que les montants encaissés par avance couvrent les frais engendrés.

«Les cartes de commerçants itinérants leur permettent de jouer avec les normes légales»

Reste que les remarques se font nombreuses au sein de la population. «Quand on voit les normes qui nous sont imposées, on se demande comment ils peuvent décaper et repeindre des volets en pleine zone agricole», tonne un maître d’Etat. Un voisin est fâché contre les nombreuses déjections humaines répertoriées dans les environs alors que toutes les communes luttent contre les crottes de chiens. Quant à la manière parfois sportive de conduire qu’on leur prête, tant sur la route cantonale voisine que dans les chemins bétonnés, elle laisse poindre un sentiment d’impunité. «La police cantonale intervient sur les routes ou parfois sur dénonciation du garde-pêche ou du garde-faune et verbalise si nécessaire, tient à rassurer Etienne Roy. Des contrôles d’assurances RC ou de matériel sont également opérés, mais force est de reconnaître que les cartes de commerçants itinérants leur permettent de jouer avec les normes légales.»

Le Canton n’entend toutefois pas laisser les communes seules face à la problématique. Il recherche ainsi activement une nouvelle place d’accueil officielle, aux côtés de celle de Rennaz, l’emplacement de Payerne ayant été fermé fin 2014. D’autres décisions sont attendues prochainement sur ce dossier très sensible. Par ailleurs, une solution pourrait aussi se dessiner pour la communauté suisse des Jenisch, qui n’utilisent pas les mêmes infrastructures (24 heures)

Créé: 29.08.2017, 21h24

Quelles procédures d'expulsion?

Dans quelle mesure l’aide du Canton peut-elle être sollicitée lorsqu’une situation s’enlise? «Si le propriétaire ou locataire du terrain ne signe rien, une procédure d’expulsion rapide peut être lancée», signale Etienne Roy, médiateur cantonal. Cette opération ne peut toutefois pas toujours s’organiser en un seul jour. En revanche, « à partir du moment où l’agriculteur et la Commune concernée signent un protocole d’accord et encaissent une location, le Canton ne peut plus rien faire». Même si le délai prévu initialement n’est pas respecté, comme dans le cas de Granges-Marnand, une expulsion rapide n’est plus possible aux yeux de la loi. «A ce moment, la procédure devient civile, une voie qui est souvent longue et peut encore faire l’objet de recours», conclut-il.

D’autres campements, de moindre importance que celui de Valbroye, ayant fleuri ces dernières semaines à Villars-Epeney ou à Bavois, le préfet envisage d’organiser une nouvelle table ronde en hiver avec le Service de l’agriculture pour informer les exploitants des procédures.

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