Le quartier de La Villette secoué par des scènes de «quasi guérilla urbaine»

Yverdon-les-BainsDe multiples débordements ont été commis le soir du 1er Août. Cinq cents engins pyrotechniques ont été saisis et une douzaine de dénonciations prononcées.

La nuit du 1er Août, la Police a saisi près de 500 pièces d’artifice, dont du matériel destiné à des professionnels.

La nuit du 1er Août, la Police a saisi près de 500 pièces d’artifice, dont du matériel destiné à des professionnels. Image: DR

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D’abord les chiffres: une trentaine de policiers mobilisés, une soixantaine de jeunes gens survoltés, des dizaines de milliers de francs partis en fumée en quelques heures, près de cinq cents engins pyrotechniques saisis, sans compter les 360 déjà confisqués par les forces de l’ordre il y a une semaine, et douze dénonciations prononcées. Tout cela selon la police.

Ensuite, les mots, ceux du capitaine Raphaël Cavin, chef de la Division opérationnelle de Police Nord vaudois: «Les scènes auxquelles on a assisté s’apparentaient quasi à des scènes de guérilla urbaine.» Connus pour les débordements qui s’y répètent année après année lors de la Fête nationale, les quartiers yverdonnois voisins de La Villette et de Sous-Bois ont vécu une nouvelle nuit mouvementée lors du 1er Août.

Les nombreux messages postés à ce propos sur la page Facebook «T’es d’Yverdon si…» jeudi matin en attestent. Ils dénoncent le vacarme qui a secoué ce quartier de 22 h à 2 h pour reprendre à 5 h 30. Si certains Yverdonnois excusent ce qui s’est passé ou le tolèrent du fait de la date, une majorité condamne les événements. «Le bilan policier n’est pas le même que le ressenti de la population qui a subi tout ça, tempère le capitaine Cavin. Grâce aux renforts de collègues des autres polices municipales, nous n’avions jamais pu encore disposer d’un dispositif si important.»

Ils plaçaient les pièces d’artifice à l’horizontale et nous visaient.

Un déploiement qui a visiblement porté ses fruits, puisque les forces de l’ordre affirment n’avoir jamais pu rétablir la situation aussi tôt. «J’étais sur place et à 1 h du matin, tout était terminé. Des hommes sont restés et ont ratissé le secteur jusque vers 4 h pour éviter que des feux ne prennent», reprend-il.

Au final, l’opération s’est bien déroulée: aucun blessé à déplorer et pour ainsi dire pas de dégâts matériels. L’an dernier, un policier avait perdu 80% de ses capacités auditives à une oreille et un incendie avait pris au Collège des Quatre Marronniers, situé non loin de La Villette.

Des feux d'artifices destinés à des professionnels

Il n’empêche que dans les propos du chef opérationnel transparaît la réalité du terrain et il semble presque miraculeux qu’il n’y ait pas eu de dégâts. Humains ou matériels. Le capitaine Cavin affirme en effet que ses hommes étaient parfois visés directement par les engins pyrotechniques utilisés par la soixantaine de jeunes gens.

Âgés de 16 à 20 ans, ils sont en majorité d’Yverdon, mais aussi de l’Ouest lausannois et de Morges. Contrairement à ce qui se dit sur les réseaux sociaux, les fusées, pétards et autres joyeusetés proviennent à 90% de Suisse. Mais certains sont destinés à des professionnels.

Une bande de jeunes très organisée

Le capitaine Cavin évoque quoi qu’il en soit une situation «relativement exceptionnelle» et parle de jeunes extrêmement bien organisés qui communiquaient par téléphone les déplacements des policiers pour balancer leurs explosifs au moment opportun. «Ils n’avaient presque rien sur eux, tout était planqué et quand un d’entre eux lançait un engin, douze prenaient la fuite dans différentes directions.» Pas facile dans la nuit, d’attraper les fauteurs de troubles sur le fait.

De plus, la police a été confrontée à des jeunes vraiment oppositionnels lors des interpellations. Tous ceux qui ont été dénoncés s’exposent à des amendes. Et si un vrai 1er Août était organisé là-bas, histoire d’occuper le terrain avant les fauteurs de troubles? «C’est une idée qui a déjà été évoquée», avance le capitaine. Elle ne ferait peut-être que déplacer le problème, comme une présence policière accrue. «Si on postait un policier tous les 10 mètres, il n’y aurait pas de problème. Mais ils iraient ailleurs…» (24 heures)

Créé: 02.08.2018, 21h49

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