Sa quiétude fait le charme d’Hermenches

Au cœur du village, les anciennes maisons se succèdent en rang serré.

Au cœur du village, les anciennes maisons se succèdent en rang serré. Image: PATRICK MARTIN

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Posé sur une colline qui surplombe la vallée de la Broye et qui sépare la Mérine de la Bressonne, Hermenches est le prototype même du petit village rural vaudois. Y arriver depuis Villars-Mendraz et le Gros-de-Vaud permet d’apprécier d’en haut sa situation géographique dominante, à 680 mètres d’altitude, aux portes des premiers bois du Jorat. On y embrasse d’un seul regard, par exemple depuis le banc public installé dans un lacet de cette route, sa configuration longiligne. La plupart des maisons sont en effet posées de part et d’autre de la rue du Village.

De ce promontoire, on ressent aussi le calme qui y règne et qui a peut-être donné aux Hermenchois leur sobriquet: les Colombes. Mais on ne remarque pas qu’en parcourant cet axe principal, les anciennes bâtisses s’écartent parfois, laissant joliment apparaître en toile de fond le Moléson et le massif montagneux des Vanil.

Une alternance de profondeurs de champ différentes qui s’est allongée au fil des ans et des constructions nouvelles. «Hermenches, c’est une localité qui a grandi depuis une vingtaine d’années, ce qui lui a fait perdre un peu de son âme villageoise», estime ainsi Georges Bulloz. Un avis que ne partage pas forcément l’ancienne syndique, Marlène Rod Trauffler. «Le battoir n’accueille pas beaucoup de fêtes ouvertes à tous, mais quand il y en a, la population saute sur l’occasion.»

La quiétude des lieux est en revanche un «trait de caractère» au sujet duquel les habitants - 386 au dernier recensement – sont unanimes. Après avoir bourlingué une trentaine d’années avec son mari, la jeune retraitée est revenue dans son village natal. «Mon cœur est ici, dans ce havre de paix. Le vendredi soir quand on prend l’apéro devant les montagnes rougies par la lumière du couchant, on pense aux automobilistes coincés dans les embouteillages entre Lausanne et Genève en se souvenant qu’on a été à leur place et qu’on est tellement mieux à la nôtre.»

Pourtant une voiture, il vaut mieux en avoir une quand on vit ici. Stéphanie Dutoit ne dira pas le contraire. Cette mère de famille s’est installée ici avec son mari voilà une vingtaine d’années, parce qu’ils y ont trouvé ce qu’ils cherchaient: une ferme et du terrain pour leurs chevaux. «Disons que sans véhicule privé, c’est vite compliqué, même pour descendre à Moudon. Il y a des cars postaux, mais pas toutes les dix minutes.» La famille ne s’y sent pas pour autant moins bien. «Certes, il n’y a plus rien au village. L’école où Lucie et Anne ont suivi leurs quatre premières années de scolarité a fermé en 2012, mais on apprécie l’ambiance générale, les gens sur qui vous pouvez compter. Cette entraide propre à un petit village encore très agricole, on a pu la tester dès notre arrivée quand un de nos chevaux s’est échappé.»

Parole d’adultes? Pas forcément. Ainsi les deux ados Anne et Lucie vantent d’une même voix la tranquillité et la nature qui les entourent depuis leur naissance: «À Moudon, quand il commence à faire nuit, on se dit qu’il vaut mieux rentrer à la maison. Ici, jamais.»

N’empêche que de l’agitation, Hermenches en a connu – bien malgré elle, dans les années 1980 et 1990 – quand Jean-Michel et son équipe sont venus s’installer dans le château érigé en 1648 par un dénommé François Crousaz. «Certains week-ends étaient animés. Il y avait des séminaires dont les participants arrivaient par cars», relève Stéphanie Dutoit. Mais le mouvement, que d’aucuns qualifient de secte, ne dérangeait apparemment pas plus que ça les Colombes. Rappeler cet épisode ne fâche du reste pas les habitants. «Il n’a pas nui à la population, un peu plus à l’image du village. Mais, d’un autre côté, il faut reconnaître que toute cette équipe a bien assuré l’entretien du château qui abrite aujourd’hui un EMS», relève ainsi Georges Bulloz. Ancien intendant de la caserne de Lausanne, cet enfant du village aujourd’hui septuagénaire tient ce qui est sans doute la principale curiosité d’Hermenches: une impressionnante collection d’uniformes, d’armes et de médailles abritée dans l’une des plus anciennes maisons du village dont il ouvre volontiers la porte. (24 heures)

Créé: 15.04.2018, 10h00

Georges Bulloz possède plus
de 6000 uniformes qu’il montre volontiers aux visiteurs.

Ancienne syndique, Marlène Rod Trauffler est revenue au village après avoir bourlingué trente ans.

Stéphanie Dutoit et ses filles Anne et Lucie apprécient le calme du village.

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