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La restructuration d’Agroscope menace le Haras national

Le Conseil et observatoire de la filière du cheval craint que les mesures annoncées par Berne ne remettent en cause l’existence du centre.

Le Haras national d’Avenches a été rattaché à l’Agroscope en 2009
Le Haras national d’Avenches a été rattaché à l’Agroscope en 2009
LAURENT GILLIERON - A

Quelques jours après la station de recherches de Changins, c’est au tour du Conseil et observatoire suisse de la filière du cheval (COFICHEV) de s’inquiéter des conséquences de la nouvelle restructuration de l’Agroscope annoncée le 9 mars par le Conseil fédéral. En l’occurrence celles qui toucheraient le Haras national d’Avenches, rattaché à ce centre de compétences de la Confédération depuis 2009.

Le COFICHEV demande instamment à Berne de ne rien entreprendre avant que des discussions approfondies n’aient eu lieu avec les représentants de la branche. La coupe budgétaire de l’ordre de 20% risque d’impacter très négativement le Haras national: «À terme, c’est l’existence même du centre de compétences de la Confédération en matière d’équidés qui pourrait être remise en question selon le COFICHEV. Cet organe n’oublie pas que le site d’Avenches a déjà été touché ces dernières années, notamment via l’externalisation du service vétérinaire du Haras auprès de la Faculté de médecine vétérinaire de Berne et le départ de collaborateurs de haut niveau.

«Si la recherche agronomique et les services conseils sont concentrés à Posieux (FR), on est en droit de se demander ce qu’il pourra encore se faire sur le site d’Avenches… Il restera quelques chevaux franches-montagnes, quelques palefreniers», craint Pierre-André Poncet, président du COFICHEV et directeur du Haras fédéral jusqu’en 2010.

Ce scénario mettrait à mal les synergies établies avec les acteurs équestres présents sur le site, tels les fédérations d’élevage et l’Institut équestre national (IENA). «En fragmentant à gauche et à droite les prestations du Haras, on prive cette institution plus que centenaire et renommée de sa substance», déplore Pierre-André Poncet. Tant et si bien qu’au final le Haras national ne serait plus qu’un lieu-dit sur une carte géographique? C’est bien la crainte du COFICHEV.

L’Office fédéral de l’agriculture juge de telles craintes infondées. «Ou en tout cas prématurées pour le moment», souligne Florie Marion. La porte-parole rappelle que le projet n’en est qu’à ses balbutiements: «Je comprends les inquiétudes, mais il n’est pas question d’évoquer des mesures concrètes aujourd’hui.» Tant la diminution du budget que la concentration des activités des différents sites sur celui de Posieux sont à envisager à horizon de dix ans. «Et il se pourrait que des satellites soient rattachés au site principal», conclut-elle.

Et sur place? Les collaborateurs du Haras sont employés par la Confédération. Placé sous la direction de l’Agroscope, le Haras n’a du reste plus de directeur propre. Dès lors, les langues peinent à se délier. «On n’a pas été informés dans le détail, mais il règne ici un climat d’incertitude depuis quelques jours», affirme l’un d’eux. Un de ses collèges poursuit en relevant qu’il aimerait croire ce qu’il a entendu: à savoir qu’il ne fallait pas se faire de souci, que le Haras ne serait pas déplacé.

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