Retour au bercail après six ans autour du monde à vélo

LucensAprès plus de 100'000 km à vélo autour du monde, Pascal Bärtschi a été accueilli par tout un village, samedi, à son retour.

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«Hier, à Grandson, j’ai acheté mon premier pain depuis que j’ai franchi la frontière suisse. Il m’a coûté 3 fr. 80! Je me suis dit «oh purée» et j’ai compris que j’étais alors vraiment de retour au pays». Entouré par une dizaine de cyclistes lors de la dernière étape de son tour du monde entre Croy et Lucens, Pascal Bärtschi a savouré son retour en Suisse, samedi après-midi, entouré par plus de 300 membres de sa famille, amis et connaissances de Lucens. Une ultime étape qui marquait la fin d’une aventure lancée en novembre 2012 et terminée avec plus de 108'000 km au compteur. Autant dire que l’émotion était vive dans le village broyard.

Dans les rangs de sa famille, sa maman Mireille et son papa Bernard, chef technique du Tour de Romandie cycliste ont eu de la peine à retenir leurs larmes. «Depuis une semaine, je ne sais pas trop comment me préparer, glisse la maman. Je me réjouis de pouvoir prendre du temps pour lui parler longuement à la maison après cette journée de fête.»

Accueilli par les sociétés locales et les autorités communales, le cyclotouriste broyard a aussi retrouvé ses grands-parents. «J’ai eu du plaisir à le suivre et lui parler par Skype. D’ailleurs, une fois, il m’avait dit que j’étais mal coiffée, alors aujourd’hui, j’ai fait attention», témoignait sa grand-maman Lea, âgée de 94 ans, tout en se réjouissant que Pascal soit resté le même.

Le même homme, mais avec des mollets plus taillés, faisait remarquer le syndic Patrick Gavillet. En effet, en 2121 jours de périple, le Lucensois de 38 ans aura traversé 58 pays sur six continents, pour 1129 jours passés sur son vélo et 800 nuits sous tente. Une odyssée qui lui aura coûté en moyenne 500 francs par mois, un montant financé par la location de sa maison à Lucens. «Ne me demandez pas combien de fois j’ai crevé, j’ai arrêté de compter à cinquante et c’était il y a plus de trois ans, s’est exprimé le sportif devant la population réunie au casino de Lucens. Et j’ai changé mes pneus ainsi que la chaîne plus de 20 fois.»

Par contre, sa monture est restée la même du début à la fin, moyennant quelques réparations de fortune. «La dernière a eu lieu en Afrique, quand un éléphant m’a touché le porte-bagages avant, mais la plus impressionnante s’est déroulée à quelques encablures du Salar d’Uyuni en Bolivie». Son cadre central ayant alors lâché, il avait pu le rafistoler avec un ancien amortisseur de voiture.

Concernant son futur, le Broyard n’a encore rien planifié, à part la rédaction d’un livre souvenir et le montage d’un film, dans l’idée de donner des conférences. Pour le reste, l’électricien de formation ne réfléchit pas à long terme. «J’ai vécu tellement de bonnes choses pendant six ans que je me dis qu’il n’y a pas de raison que cela s’arrête, conclut-il. Il ne faut peut-être pas le dire à ma famille, mais je ne suis pas sûr de pouvoir reprendre une vie à l’occidentale.»

www.ptitb.net Son site web pour découvrir son tour du monde. (24 heures)

Créé: 25.08.2018, 20h12

En selle depuis le 3 novembre 2012

De bons souvenirs, mais aussi des coups durs

«Franchement, c’est très compliqué d’établir un palmarès, car les souvenirs les plus récents prennent forcément le pas sur ceux du début», commente Pascal Bärtschi quand on lui demande d’établir un podium de ses meilleurs et moins bons souvenirs. Mais au cours de la discussion, des instants tels qu’un lever de soleil depuis le sommet du mont Fuji-Yama au Japon, la traversée du Salar d’Uyuni en Bolivie ou la découverte des temples de Petra en Jordanie lui viennent à l’esprit. «Et au niveau des pays, l’hospitalité des gens de manière générale m’a frappé, mais je dois dire que j’espère retourner un jour en Colombie.»

Bien entendu, son odyssée a été émaillée de certaines galères. «Le pire souvenir restera aux États-Unis, à Las Vegas en 2015, quand je me suis fait voler tout mon matériel informatique et photo. Franchement, j’ai failli rentrer», poursuit-il tout en évoquant aussi le caillassage qui accompagne souvent les cyclotouristes lors de la traversée de l’Éthiopie. Et physiquement, un passage très compliqué à la frontière entre le Chili et l'Argentine reste aussi dur à avaler avec du recul. Quant à son principal crève-cœur, il reste de ne pas avoir pu rejoindre l’Europe depuis l’Égypte, sans prendre un avion. «Tant du côté de la Libye que de l’Irak, une voie uniquement terrestre est impossible pour des raisons géopolitiques, alors que j’ai pu circuler partout ailleurs», conclut-il.

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