Pourquoi il rêve de voir la Sardaigne devenir un canton suisse

EngagementSyndic d’Avenches, Daniel Trolliet se passionne pour le projet sarde Canton maritime, qui rêve de fonder le 27e canton suisse.

Le député d'Avenches Daniel Trolliet défend un rapprochement de la Suisse et de la Sardaigne, tandis qu'une association sarde veut fonder un canton en pleine Méditerranée.

Le député d'Avenches Daniel Trolliet défend un rapprochement de la Suisse et de la Sardaigne, tandis qu'une association sarde veut fonder un canton en pleine Méditerranée. Image: Vanessa Cardoso

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Ils ont déjà tout. Un drapeau à la croix fédérale encadrée de quatre têtes de Maures, les T-shirts qui vont avec, et un sérieux argumentaire tout ficelé. Basée à Cagliari, en Sardaigne, l’association Canton maritime milite depuis deux ans pour rattacher la deuxième plus grande île de la Méditerranée à la Confédération helvétique. C’est pour l’idéal. Sur le papier, ce mouvement citoyen qui frise l’indépendantisme rêve surtout de booster une Sardaigne en plein marasme: son industrie lourde s’effondre, les friches s’accumulent, et le taux de chômage chez les 15-24 ans dépasse les 42%.

Le petit comité sarde, qui revendique 13 000 adhérents sur les réseaux sociaux, n’est toutefois pas isolé. Il avait visité le Grand Conseil vaudois en 2015 et le Centre Patronal en février dernier. Député et futur ex-syndic d’Avenches, Daniel Trolliet a pris le projet très au sérieux. Au point de fonder et de coprésider la Société Suisse – Sardaigne. Il rentre tout juste d’une tournée à Cagliari.

Vous vous êtes jeté corps et âme dans ce projet. Pourquoi?

J’ai d’abord été attiré par les têtes de Maures, qui sont aussi sur le blason d’Avenches. Et puis, j’ai toujours eu un faible pour ces idées un peu folles qui peuvent se transformer en quelque chose de positif. Surtout, j’ai été absolument emballé. Ces gens-là ne sont pas des rigolos et derrière eux, il y a plus qu’une idée fantaisiste. Ils ont des choses extraordinaires à montrer. C’est une aventure qui vaut la peine. D’ailleurs, j’y retourne cet automne pour les vacances.

Après la syndicature, c’est un nouveau projet politique?

Disons que j’aurais de la peine à rester chez moi et faire du crochet. Mais le projet Canton maritime est un mouvement citoyen. Je n’ai pas besoin de rester en politique pour le développer.

Autonomiser la Sardaigne pour la rattacher à la Suisse, ce n’est pas politique?

Ils veulent que la Sardaigne sorte de sa torpeur, qu’elle prenne son essor loin de Rome en s’inspirant de notre démocratie semi-directe. Le but est surtout de développer les relations économiques et culturelles entre Lausanne et l’île. Il faut désormais crédibiliser le projet, avec des choses concrètes.

Comme quoi?

Il y a un projet d’extension de l’Ecole hôtelière de Lausanne en Sardaigne. Des entrepreneurs d’ici s’intéressent au tourisme de cette île, qui ne vit que trois mois par an. On peut tout imaginer: aménager un Port-Franc sur la mer, des Suisses pourraient y passer une partie de leur retraite, on pourrait y développer un tourisme agropastoral de qualité, inciter les gens à aller y passer le week-end. En février, là-bas, on mange en terrasse! En fait, la Sardaigne a tout ce qui manque à la Suisse. Du soleil, la mer, de l’espace et des gens. Il y a un gros potentiel.

Leur vision idéalisée de la Suisse est tout même assez flatteuse…

C’est surtout flatteur d’entendre parler de la Suisse pour autre chose que les montres ou le chocolat. Ce sont des gens d’une grande culture. Et quand les peuples se rencontrent, ils s’enrichissent.

Informations sur www.cantonmarittimo.org et www.suisse-sardaigne.ch (24 heures)

Créé: 13.03.2016, 11h22

Ce qu'on nous demande

Contrairement à la Corse, surnommée «L’île de beauté», la Sardaigne ne dispose à ce jour d’aucun pseudonyme affectueux. Qu’à cela ne tienne, les activistes du Canton maritime lui en ont donné un: «L’île des opportunités».

Ce qu’ils attendent du rapprochement avec la Confédération? Beaucoup, à lire leur site Internet et leur page Facebook, où les partisans du projet se déchaînent. La Suisse y est louée pour son respect des minorités linguistiques et culturelles, ce dont les Sardes rêvent, assure Daniel Trolliet: «Ils sont occupés par des pays qui leur sont étrangers depuis des centaines d’années.» Les autonomistes disent chercher «un leadership expert et illuminé» pour mettre en valeur le potentiel «économique inexprimé de l’île», mais surtout notre «bien connue excellence administrative» pour «mettre les Sardes en condition d’avancer». Les suisses sont en outre encouragés à choisir la Sardaigne comme résidence secondaire, dans l’espoir d’«améliorer les économies locales et l’état de conservation architecturale des petits villages», et à créer des écoles privées et des instituts de recherche internationaux.

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