Ruée sur la déchetterie de Lully avant l’ouverture d’un centre régional à Sévaz

Broye fribourgeoiseCinq communes ont décidé de confier leurs déchets à une structure toute neuve. Des habitudes sont à prendre.

Depuis quelques jours, c’est la bousculade à la déchetterie de Lully.

Depuis quelques jours, c’est la bousculade à la déchetterie de Lully. Image: PHILIPPE MAEDER

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Des centaines de voitures s’encolonnent depuis deux jours devant la déchetterie intercommunale de Lully et d’Estavayer. La structure fermera définitivement ses portes le 31 décembre. Pour les habitants de ces deux communes de la Broye fribourgeoise, comme pour trois autres, 2018 est l’année d’une ère nouvelle en matière de gestion des déchets. Une sorte de saut dans l’inconnu, que certains redoutent. Le 3 janvier, la déchetterie régionale flambant neuve de Goutte SA ouvrira en effet pour la première fois à Sévaz pour les 13 000 habitants des Montets, de Sévaz, de Cugy, d’Estavayer et de Lully.

Sur place jeudi après-midi, le conseiller communal staviacois Dominique Aebischer observe: «On ne pensait pas que les déchets et leur gestion pouvaient autant toucher les gens. Depuis un mois, on reçoit de nombreux courriers.» Pour le chef-lieu, ce projet privé qui mûrit depuis deux ans à Sévaz est tombé à point nommé. «Notre déchetterie est obsolète et ne peut plus répondre aux besoins de la population», souligne le conseiller communal. Quand elle a été inaugurée en 1998, Estavayer-le-Lac abritait 4000 habitants. Par le jeu de la croissance démographique et des fusions, elle en compte aujourd’hui 8500. Les autorités ont donc imaginé les contours d’un projet, chiffré à 4 millions de francs. «Estavayer doit aussi investir dans des infrastructures scolaires et sportives, ainsi que dans ses routes. Le projet de Sévaz nous a donc rapidement intéressés.»

Pour les usagers, le principal avantage réside dans la largesse de ses horaires. Le site est en effet ouvert 52 heures par semaine. Soit près de trois fois plus qu’à Lully. Sans commune mesure non plus avec les quelques heures d’ouverture des sites des villages fusionnés avec Estavayer depuis janvier 2017.

Certains Broyards ont craint qu’avec cette nouvelle structure le coût des déchets ne prenne l’ascenseur, pensant que tout devait être pesé à Sévaz. «C’est faux, ils ont dû confondre avec notre centre de récupération, réservé aux entreprises», répond Bernard Grandgirard, directeur du site de Sévaz de Goutte SA. Il est cependant vrai qu’en appliquant la logique du pollueur-payeur la société a décidé de facturer la prise en charge des encombrants et des déchets verts, respectivement à hauteur de 30 centimes et de 10 centimes le kilo. «Mais, à côté de ça, nous prenons gratuitement une quarantaine de matières: papier/carton, verre et PET bien sûr, mais aussi les matériaux inertes ou les flaconnages», reprend Bernard Grandgirard.

De nouvelles habitudes restent toutefois à prendre. Estavayer a ainsi choisi de préférer la taxe au poids à la taxe au sac (à 40 ct. le kilo). Et la collecte porte à porte encore en vigueur dans le centre historique a été supprimée. «Plus de 30 containers enterrés sont déjà installés. Les 57 prévus à Estavayer et à Font le seront d’ici à fin janvier. Ils sont disposés à 200 mètres au maximum de chaque pas de porte», reprend Dominique Aebischer.

À Bussy, à Rueyres-les-Prés, à Vernay et à Vuissens, les déchetteries restent ouvertes, tout comme la déchetterie mobile de Murist (qui ne sera en fonction que le samedi matin). Les inertes et les déchets encombrants n’y seront cependant plus acceptés. Une décision qui fait réagir à Vuissens, village le plus excentré. «La régionalisation de la gestion des déchets participe d’une certaine logique politique que je comprends. Mais, pour moi, il est écologiquement aberrant d’aller en voiture à Sévaz (36 kilomètres aller-retour) pour me débarrasser de mon gazon», affirme Gilles Verdon. Qui reprend: «Les autorités devraient peut-être réfléchir à l’installation d’une benne de collecte pour les déchets verts.»

Ces dernières se donnent le temps de la réflexion. «Peut-être que nous devrons mettre en place, comme à Font et à Estavayer-le-Lac, des containers enterrés dans d’autres localités», souligne Dominique Aebischer. L’édile pense d’abord à Franex, à Montborget ou à La Vounaise, mais aussi à Morens, à Montbrelloz, à Autavaux ou aux Planches. Contrairement à Forel, Rueyres-les-Prés, Bussy, Murist et Vuissens, ces localités ne disposeront pas de compacteurs. (24 heures)

Créé: 29.12.2017, 08h59

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