Ça s’agite à la gauche de la gauche yverdonnoise

Nord vaudois-BroyeLes popistes lancent un nouveau mouvement, hors du Solidarité et Écologie historique. D’autres formations hésitent.

Aux prochaines élections, l'Hôtel de Ville d'Yverdon sera sans doute visé par des candidats de la gauche radicale, cinq ans après leur disparition du Conseil. Reste à savoir lesquels.

Aux prochaines élections, l'Hôtel de Ville d'Yverdon sera sans doute visé par des candidats de la gauche radicale, cinq ans après leur disparition du Conseil. Reste à savoir lesquels. Image: Patrick Martin

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Ville au passé industriel, Yverdon a retrouvé une section du POP, le Parti ouvrier et populaire, le week-end dernier. Le mouvement qui avait, sous son nom propre, peu ou prou disparu des écrans radars a refondé un comité et parle d’une nouvelle dynamique dans une perspective qui semble résolument vouloir surfer sur la vague féministe, jeune et écologiste, des dernières élections. Un phénomène cantonal: d’autres formations popistes sont appelées à se relancer à la Côte ou sur la Riviera.

«Le Nord vaudois est une région populaire, nous y avons un potentiel. Il va falloir penser en collectif»

Luca Schalbetter, nouveau président du POP Yverdon et Nord vaudois

«Ça fait plusieurs années qu’il y a un renouveau et des nouveaux camarades qui nous rejoignent à Yverdon, explique le tout nouveau président du POP local, et vice-président du POP vaudois, Luca Schalbetter. Le Nord vaudois est une région résolument populaire et on sent que nous avons un beau potentiel, les derniers scores aux élections fédérales l’ont montré, indique-t-il. À Yverdon, les gens ont vu ce que quatre ans de majorité de droite faisait comme dégâts. Il va falloir la renverser et trouver la meilleure stratégie possible, à réfléchir en collectif.»

Dynamique plurielle

Il n’est pas le seul à dire ça. Voilà des mois que S+E, Solidarité et Écologie, un parti pourtant historiquement composé d’écologistes (les Verts yverdonnois s’en sont émancipés en 2015), mais également de popistes à l’image de la figure Hélène Grand, souffle le chaud et le froid quant à son retour au Conseil communal. S’y ajoute le remuant Alain Doll et son petit collectif réuni autour des opposants au parking de la place d’Armes. Antispéculatif, citoyen, participatif, qui caresse l’idée d’une entrée en politique. «On peut imaginer des assemblées populaires et un rassemblement des énergies. Dans un an, il y aura un boom de la politique du durable», avance-t-il.

«On peut imaginer des assemblées de citoyens. Il va y avoir un boom de la politique du durable»

Alain Doll, figure des opposants au parking souterrain de la place d’Armes

Officiellement, l’échiquier politique applaudit des deux mains cet engouement à la gauche de la gauche. Le PS parle d’une «excellente nouvelle pour la diversité de la gauche» et les Verts du «retour bienvenu d’une tonalité qui manque au débat démocratique». «C’est positif si le débat peut se faire dans l’hémicycle, et par des personnes qui le demandent depuis longtemps, note le président du Conseil, le PLR Christian Weiler. À titre personnel, c’est un débat que je trouve plus intéressant que celui qui s’essouffle sur les réseaux sociaux ou par presse interposée.»

En coulisses par contre, les élus s’inquiètent un tantinet. Yverdon n’a pas la taille critique pour voir apparaître un quatrième mouvement politique de gauche, relève un cacique du Conseil. Un petit groupe de militants risque de vite s’épuiser face au nombre de commissions et à la réalité des dossiers qui se sont complexifiés, ajoute une voix dans l’assemblée. Un autre abonde: la question, c’est de savoir comment des militants souvent antisystème vont faire pour intégrer le relativement paisible Conseil de la deuxième ville du canton. «Pour l’instant tout avance bien, ajoute un élu du camp rose-vert. Mais à l’heure de définir un programme commun, il y a un risque pour que les mouvements se cannibalisent.»

Risque d’éparpillement

Pas faux. À Yverdon, tout le monde se souvient de la disparition de S+E de la salle du Conseil en 2016 quand, par refus d’une alliance avec d’autres partis, la formation était passée sous la barre du quorum. Un traumatisme pour la gauche locale qui pourrait bien servir le discours de l’unification, souligne-t-on sur la place Pestalozzi.

«Il ne faut pas s’arrêter à des guerres d’ego. Au niveau local, les positions sont en majorité communes»

Onurhan Küçük, secrétaire de Solidarité et Écologie

En coulisses toujours, on évoque toutefois plusieurs raisons pour la création du nouveau mouvement popiste: S+E avait pris une teinte un peu décroissante, associative, et, surtout, était resté fidèle à Ensemble à Gauche quand le POP s’en dissociait.

«Mais il ne faut pas s’arrêter sur des guerres d’ego ou sur de grandes théories idéologiques quand on parle d’un parking. À l’échelon local, les positions sont en grande majorité communes», dit le secrétaire de S+E, Onurhan Küçük. Il poursuit. «On est certes un peu surpris. La réalité des mouvements de gauche d’Yverdon ne sont pas ceux de Renens ou Lausanne, le POP aurait pu nous contacter. Mais sur place, on s’entend bien et les entités peuvent cohabiter. Surtout, elles peuvent réfléchir en vue des élections à une formation commune. Les enjeux dépassent les identités de partis. Tout est ouvert. Les temps changent.»

Créé: 28.01.2020, 21h44

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