Sainte-Croix lance une formation pour perpétuer son savoir-faire artisanal

TraditionSoucieux de conserver et de transmettre un patrimoine unique, la région et ses artisans proposent une formation en mécanique d’art.

Les artisans François Junod, Nicolas Court et Denis Flageollet (de g. à dr.) souhaitent transmettre leurs connaissances.

Les artisans François Junod, Nicolas Court et Denis Flageollet (de g. à dr.) souhaitent transmettre leurs connaissances. Image: PATRICK MARTIN

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Bienvenue au pays des rêves mécaniques. Porté par ce slogan fort lancé il y a plusieurs années, le rêve s’estompe-t-il? Ou, pire, est-il en passe de disparaître? Consciente de l’importance du patrimoine unique et exceptionnel qu’elle recèle, la région de Sainte-Croix veut assurer la conservation et la transmission de son savoir-faire artisanal en matière de mécanique d’art. Pour elle, il s’agit même d’un devoir qui l’a incitée à lancer une formation spécifique, avec l’aide de trois de ses artisans phares: l’automatier François Junod, l’horloger Denis Flageollet et Nicolas Court, créateur d’objets mécaniques.

Soutenue par la Commune, l’Association pour le développement du Nord vaudois et le Service de la promotion économique et du commerce, cette formation ne débouchera pas sur l’obtention d’un diplôme reconnu officiellement. «Mais les gens du métier sauront en apprécier la valeur», assure Robert Martin, responsable administratif. La mise en place du projet s’inscrit dans les mesures prises par Sainte-Croix pour appuyer sa demande d’inscription au patrimoine culturel et immatériel de l’Unesco. À l’origine, il y a une envie commune: celle de Denis Flageollet, de Nicolas Court et de François Junod de transmettre leurs connaissances. «Nous sommes différents, mais nous travaillons les mêmes matériaux et utilisons les mêmes tournemains», explique le premier.

Dans un premier temps, il s’agit de jeter des bases. Cet été (du 9 juillet au 3 août), c’est donc une formule succincte qui est proposée pour 5900 francs (demi-pension comprise): 160 heures de cours réparties sur quatre semaines. Dispensée dans une salle de classe mise à disposition par le Centre professionnel du Nord vaudois, elle ne s’adresse pas qu’à des personnes au bénéfice de connaissances en usinage mécanique. «Même s’il allie théorie et pratique, ce cours peut tout à fait être suivi quand on a deux mains gauches», sourit François Junod.

Fabrication et restauration

De fait, toute personne désireuse d’acquérir une connaissance de base en mécanique d’art peut s’y inscrire. À commencer par les diplômés d’écoles d’art ou d’écoles techniques, certes, mais aussi les designers, les décorateurs d’intérieur, les collectionneurs ou… le personnel d’offices du tourisme de régions concernées par la mécanique d’art. Les participants découvriront un peu des secrets que cachent les boîtes à musique, les automates d’art, les oiseaux chanteurs et l’horlogerie artisanale. «La formation traite aussi de la restauration de pièces, parce que dans nos ateliers il n’y a pas que de la fabrication et de la création», précise Denis Flageollet. Les étudiants auront l’occasion d’assembler et de personnaliser une horloge musicale. Une pièce école qu’ils pourront emporter avec eux.

Si demande il y a, une deuxième volée sera accueillie en 2019. Avec le même cursus? «À voir, on va construire à partir de cette première expérience», précise Robert Martin. Dans une deuxième étape, les initiateurs souhaitent proposer une spécialisation technique à un métier de base proche de la mécanique de précision ou de l’art appliqué. La durée, de 1600 heures, sera comparable à une formation professionnelle certifiante. Du coup, les artisans locaux collaboreront avec des profs titulaires de diplômes suisses de hautes écoles. (24 heures)

Créé: 01.03.2018, 13h12

Quatre disciplines

Dans les faits La mécanique d’art permet d’utiliser les principes et le savoir-faire de la mécanique de précision et d’y ajouter une dimension artistique afin de créer une œuvre unique. Français d’origine, mais installé à L’Auberson de longue date, Denis Flageollet a une manière plus poétique de définir ce secteur d’activité: «C’est un moyen magique qui a pour mission de donner vie et susciter un rêve.» Un rêve qui se décline en quatre domaines, tous bien présents dans la région de Sainte-Croix.
Les boîtes à musique La production a vu le jour à Genève, avant de gagner Sainte-Croix. C’est toutefois la commune du balcon du Jura qui est considérée, depuis le début du XXe siècle, comme la capitale mondiale de la boîte à musique. Des modèles traditionnels ou contemporains sont fabriqués encore aujourd’hui.
Les automates d’art Les frères Baud et Guido Reuge en font une spécialité de Sainte-Croix et de L’Auberson dès les années 1950. Une trentaine d’années plus tard, François Junod leur donnera un nouvel essor.
Les oiseaux chanteurs Ils apparaissent dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. À Paris, la Maison Bontemps en réalise des versions simplifiées. La société Reuge rachète son stock au milieu des années 1960 et poursuit la fabrication de ce petit automate que d’autres petits artisans de la région produisent depuis vingt-cinq ans.
L’horlogerie artisanale
Introduite dans l’arc jurassien franco-suisse avec l’arrivée des horlogers français chassés par la révocation de l’édit de Nantes, cette activité s’est développée dès la fin du XVIIIe siècle dans les Montagnes neuchâteloises, à la vallée de Joux et à Sainte-Croix. Vianney Halter et la manufacture De Bethune continuent de développer cet art.

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