«A Saint-Loup, l'amour de Dieu est aussi fort qu'il y a 175 ans»

ReligionLes diaconesses de Saint-Loup, à Pompaples, fêtent les sept quarts de siècle de leur institution. Elle aura marqué des générations de patients, et conserve la foi dans son avenir.

Soeur Laurence, Anne-Lise Sprunger et Soeur Lucienne, incarnent le nouveau visage d'une institution vieille de 175 ans, désormais tournée vers l'accueil spirituel et non plus vers les soins infirmiers. La communauté des diaconesses de Saint-Loup compte actuellement 31 sœurs.

Soeur Laurence, Anne-Lise Sprunger et Soeur Lucienne, incarnent le nouveau visage d'une institution vieille de 175 ans, désormais tournée vers l'accueil spirituel et non plus vers les soins infirmiers. La communauté des diaconesses de Saint-Loup compte actuellement 31 sœurs. Image: Patrick Martin

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Implacable col blanc, robe bleue franche ornée d’une broche unique, le caractère souvent bienveillant mais bien trempé, voilà 175 ans que les sœurs de Saint-Loup, unique communauté de sœurs protestantes du canton, font partie du paysage. Autour de l’ancienne maison mère – rebaptisée «maisonnée» – de la communauté sur le plateau de Pompaples, les diaconesses fêteront ce samedi les sept quarts de siècle d’une histoire loin d’être linéaire.

«La communauté a été fondée à Echallens, à une époque où ceux qui se rendaient dans des groupes de prière pouvaient recevoir des pierres de la part même de bons chrétiens», sourit Sœur Laurence, ancienne pasteure, 49 ans, dernière novice en date. Puis il y a eu les heures de gloire. Une communauté de plus de 470 sœurs, en 1942, qui a marqué des générations de patients. Aujourd’hui, elles sont encore 31. Et la dernière infirmière à coiffe, Sœur Madeleine, a pris sa retraite il y a sept ans.

«On s’engage notamment à la simplicité. Et là, on est au top de la tendance»

«On est dans le creux de la vague, enchaîne Sœur Lucienne, avant-dernière novice, 44 ans et pleine de vie, devenue responsable de la communauté. Maintenant, il y a d’autres façons de servir l’autre, devenir sœur ou diaconesse n’est plus la seule solution. Mais on va se redévelopper, j’en suis certaine.» Comment? «On s’engage notamment à la simplicité, enchaîne Sœur Laurence. Et là, sourit-elle, on est au top de la tendance: le retour à une vie simple, sans consumérisme, les gens y aspirent de plus en plus. La communauté va se développer. Il y a de plus en plus de personnes qui cherchent à comprendre la soif qu’il y a en eux. Il faut parfois du temps pour savoir que c’est la soif de l’amour de Dieu. Et on peut le trouver ici.»

«Pleines de fraîcheur»

Séduite par Saint-Loup il y a 18 ans, Sœur Lucienne abonde: «La moyenne d’âge de la communauté importe peu. Les diaconesses portent le monde dans leurs prières, elles sont pleines de fraîcheur. Elles ne regrettent pas le passé parce qu’aujourd’hui est tout aussi intéressant. Ici, l’amour de Dieu et du prochain est aussi fort qu’il y a 175 ans.»

Et tant pis si le nombre de novices n’augmente pas pour l’heure. Les chambres de la maison de retraite spirituelle de Saint-Loup, réservée aux visiteurs, elles, sont souvent occupées. «On soigne moins les corps et plus les cœurs», résume Anne-Lise Sprunger, responsable de la Montagne de prières de Saint-Loup. En tout, une vingtaine de laïques travaillent avec les diaconesses. «On se rend compte de la dure réalité du travail, poursuit-elle. Des gens viennent après des burn-out, du mobbing, du rejet, du carriérisme. Il y en a de plus en plus, et ils nous ont trouvées en passant par Internet. En fait, ils pourraient tout aussi bien aller dans un centre bouddhiste ou autre. Ici, ils sont entourés d’outils et de compétences.»

Et à la croire, l’épanouissement des cabossés de la vie va aussi susciter des vocations. De même que l’élan de la jeunesse. «Regardez les 15-20 ans. Ils sont pleins d’idéaux, de volonté d’aider les autres. Saint-Loup est un lieu pour permettre à certains de concrétiser des envies. Nous avons un grand potentiel de développement.» Juste avant que Sœur Lucienne ne sorte rapidement son smartphone, Sœur Laurence ajoute: «Si on doit donner une image, c’est celle de vitrine de l’amour de Dieu. Et dire qu’il faut venir voir ce qu’il y a derrière, ça vaut la peine.»


Fête de Saint-Loup
Samedi de 10h à 16h sur le thème «Soif de plus, venez et goûtez». Témoignages et louanges, repas de midi offert. Dimanche, culte de fête à 10h. Fanfare de l’Armée du Salut d’Orbe
(24 heures)

Créé: 08.09.2017, 08h04

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