«Il serait illogique de nuire à l’identité de Boxer»

Yverdon-les-BainsLe rachat de Boxer par un brasseur alémanique sera effectif le 1er janvier. La direction balaie les craintes émises par certains salariés.

Philippe Bucher (à g. ici avec Jörg Schönberg) est le directeur général de la sociétée Doppelleu Brauwerkstatt AG qui a racheté Boxer en mai dernier.

Philippe Bucher (à g. ici avec Jörg Schönberg) est le directeur général de la sociétée Doppelleu Brauwerkstatt AG qui a racheté Boxer en mai dernier. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Le 1er janvier prochain, la Brasserie du Boxer ne sera plus complètement vaudoise, ni plus vraiment libre de ses orientations. Annoncée ce printemps, la reprise de la société installée à Yverdon-les-Bains depuis 2012 par la jeune brasserie de Winterthour Doppelleu Brauwerkstatt SA sera alors effective. Dans les faits, Boxer gardera son identité, sa marque et son siège social, mais deviendra une société affiliée à Doppelleu.

Six mois se sont écoulés depuis l’annonce officielle de ce changement important. Cette longue période de transition a fait naître quelques inquiétudes au sein des collaborateurs du site de l’avenue des Sports, qui sont en train de créer une commission d’entreprise pour pouvoir, le cas échéant, défendre leurs intérêts. Pour autant, Philipp Bucher – actuel directeur général de Doppelleu – balaie d’un revers de la main l’inquiétude de ses nouveaux collaborateurs. Il y a quelques jours, ces derniers ont été rassurés en constatant, à la signature de leur nouveau contrat, que leurs conditions salariales n’étaient pas péjorées par ce changement.

Philipp Bucher, comprenez-vous les craintes des salariés de Boxer?

Il s’agit d’une réaction naturelle lors du mariage de deux entreprises. Nos contrats ont une structure radicalement différentes de ceux dont ils disposaient, ce qui a causé des malentendus. Cela dit, nous avons pris des mesures pour accompagner les employés durant cette phase de transition: nous avons engagé un responsable des ventes romand et sommes à la recherche d’un directeur qui conduira la destinée de Boxer sur place à Yverdon (ndlr: l’actuel directeur Peter Keller, 74 ans, prenant sa retraite à la fin de l’année).

Des salariés ont cru comprendre que vous n’investiriez plus trop dans les restaurants ou sociétés romandes, notamment sportives, qui constituent le marché principal de Boxer…

Ce qui reviendrait à nuire à la marque et à son identité. Il serait totalement illogique d’agir ainsi. Nous allons rester fidèles aux racines romandes de l’entreprise que nous avons approchée pour le succès qu’elle connaît ici. Dans ce secteur, nous allons d’ailleurs maintenir le canal de vente indirecte via des partenaires commerciaux qui fonctionne depuis des années.

Est-il vrai que le logo, sa couleur et le packaging seront modifiés?

L’apparence changera, c’est exact. Mais le nom et le chien seront conservés. Cela dit, la gamme Doppelleu subira elle aussi des changements d’emballages dont le but est une harmonisation avec Boxer.

D’importants travaux vont prochainement être entrepris sur le site. Quelle est leur nature?

Toutes les machines de soutirage de bouteilles et de fûts seront remplacées. En outre, le sol sera entièrement rénové, tout comme le système d’approvisionnement en énergie. Et dans une année, nous augmenterons la capacité des cuves et renouvellerons tout ce qui concerne la production de la bière: salle de brassage, cuves de fermentation et de garde, par exemple. Pensez-vous que nous lancerions de tels investissements à long terme si nous n’avions pas l’intention de confirmer notre présence ici?

Pourtant, certains employés se demandent pourquoi le toit de l’usine ne fait pas partie de ce projet. Ils imaginent qu’elle pourrait ne devenir qu’un simple dépôt. Qu’en est-il?

Le bâtiment entier nécessite des travaux, car peu d’investissements y ont été consentis ces dernières années. Le toit sera intégré dans un projet de rénovation totale de l’enveloppe du bâtiment.

D’autres transformations sont donc prévues?

Une extension du site entier, plus exactement. Nous planchons actuellement sur sa planification. Il comprend notamment une nouvelle zone d’expédition et des locaux pour la production de l’eau (ndlr: lire ci-contre). Nous sommes en contact étroit avec la Ville et le Canton. Nous leur avons remis une étude préliminaire en vue de travaux que nous aimerions commencer en 2019. (24 heures)

Créé: 03.12.2017, 17h14

Pas d’eau minérale avant 2020

Des milliers d’hectolitres d’eau passeront encore sous les ponts d’Yverdon avant que la ville nord-vaudoise puisse renouer avec sa tradition et disposer de sa propre eau minérale. «La mise sur le marché d’une eau minérale produite dans nos locaux est prévue au plus tôt pour 2020», affirme en effet à ce propos Philipp Bucher, directeur général de Doppelleu.

Les nouveaux dirigeants de Boxer avancent des raisons techniques pour expliquer ce nouveau délai. Ils ont récemment eu un échange à ce propos avec les autorités politiques yverdonnoises, leur présentant un concept général au sujet de la source d’eau minérale située sous l’ancienne usine Arkina, que le brasseur occupe depuis 2012. «Malheureusement, cette production ne peut pas être réalisée dans les bâtiments existants. Nous devons donc d’abord mettre en œuvre et terminer les travaux d’agrandissement du site», poursuit Philipp Bucher.
Quand Boxer avait déménagé son activité de Romanel-sur-Lausanne à Yverdon, le contrat passé entre la Ville et la brasserie mentionnait la commercialisation d’une eau minérale yverdonnoise d’ici à 2014. Si les anciens dirigeants ont planché sur le sujet, ils se sont aperçus que plusieurs écueils se dressaient sur leur chemin. En mars dernier, Peter Keller – directeur de Boxer jusqu’au 31 décembre – concédait qu’il était «plus compliqué de sortir de l’eau minérale que de brasser de la bière».

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