Le «shootoir» cristallise les peurs de la droite

Yverdon-les-BainsLa droite ne veut pas entendre parler d’un local d’injection. Au point de torpiller l’étude générale sur la question demandée à la Municipalité par les Verts.

A l'Hôtel de Ville, le Conseil communal d'Yverdon s'est divisé jeudi sur la question de la politique en matière de drogue.

A l'Hôtel de Ville, le Conseil communal d'Yverdon s'est divisé jeudi sur la question de la politique en matière de drogue. Image: PHILIPPE MAEDER - A

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À Yverdon, le local d’injection fait visiblement peur. Même quand le terme n’est pas utilisé, son ombre plane au point de polariser les débats au Conseil communal. Les Verts en général et Fanny Spichiger en particulier en ont fait l’expérience jeudi soir. Bien que considérablement lissé par rapport à la première mouture déposée l’automne dernier, le postulat s’est écrasé contre le mur dressé par une droite en béton armé, à quatre voix près. Par 43 non, 40 oui et 6 abstentions (dont 5 issues des rangs de la droite), la demande du bilan de la politique en matière de drogue de la Municipalité a été refusée.

C’est donc la suite et la fin d’un feuilleton amorcé à l’automne. En octobre, les élus avaient préféré renvoyer en commission la première réflexion de Fanny Spichiger. Elle tournait autour de la création d’un espace de consommation sécurisé et supervisé. Le 1er mars, en l’absence de la postulante, le dossier avait été combattu par le PLR Maximilien Bernhard et l’UDC Roland Villard, tous deux défenseurs affichés des valeurs chrétiennes. Son utilité avait en outre été mise en doute par le socialiste Gildo Dall’Aglio. L’ancien directeur du Centre social régional avait toutefois souligné l’importance d’une étude générale sur la question. Au final, le postulat était reporté à la séance qui s’est tenue jeudi soir.

En présentant un nouveau texte, Fanny Spichiger pensait pouvoir rallier une majorité à sa cause. Elle a dû déchanter. Et bien avant le vote, tant les opposants à sa proposition ont montré la rigidité de leur position. «Ce qui nous déplaît fortement, c’est que vous mentionnez à nouveau dans votre développement qu’un local d’injection est l’une des principales mesures de réduction des risques liés à la consommation de drogue», a par exemple martelé Maximilien Bernhard. L’élu PLR a par ailleurs rappelé que la majorité de son groupe est favorable à ce que la Ville investisse dans des structures d’accueil «dont le but est d’orienter les toxicomanes vers des thérapies qui ont fait leurs preuves».

L’élue Verte a pourtant juré ses grands dieux qu’elle avait fait très attention à la formulation. «Dans le texte que vous allez voter, il n’est fait nullement mention d’un espace de consommation sécurisé.» Une astuce pour parvenir à ses fins, selon l’immense majorité des élus de droite, qui «n’allaient pas se laisser avoir», pour reprendre les termes de l’UDC Ruben Ramchurn.

Pour les Verts, la pilule est amère. «J’ai entendu les appels du pied et modifié mon texte en conséquence. Je l’ai rendu le plus consensuel possible pour que l’on puisse se pencher sur un problème de santé publique que nous reconnaissons tous comme tel», regrette Fanny Spichiger. Fâchée à l’énoncé du verdict applaudi par les élus UDC, elle a pris acte, non sans une certaine rancœur dans sa conclusion: «On vient de dire à nos concitoyens: «Circulez, il n’y a rien à voir quand on parle de drogue à Yverdon», alors qu’un grand nombre d’entre eux se sentent concernés. On est pourtant d’accord sur le constat, mais faire le pas de plus, on n’a pas envie. C’est compliqué quand il s’agit de la problématique de la drogue à Yverdon.» (24 heures)

Créé: 24.03.2018, 09h01

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