Le site des abattoirs de Moudon s’étend pour s’adapter à un marché en mutation

BoucherieLa société qui exploite le site a mis à l’enquête l’agrandissement prévu. Le volume d’abattage restera à 6000 têtes par année pour le moment.

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La tempête qui a secoué les abattoirs de Moudon cet hiver semble oubliée. La vidéo diffusée en mars par l’Association Pour l’égalité animale (nos éditions des 15 et 31 mars) n’est même pas la cause du «léger retard» pris par le projet d’agrandissement du site de la route de Siviriez, à l’enquête publique depuis mercredi. «Ce sont des tracasseries administratives qui nous ont un peu freinés», assure Georges-Louis Berchtold, président de la Société d’exploitation des abattoirs de Moudon (SEAM). Si tout va bien, les travaux d’extension pourraient débuter au printemps prochain et le site étendu pourrait ainsi être opérationnel à l’été.

Le projet, dans le pipeline depuis quelque temps? La réalisation d’un entrepôt de 1450 m2 sur une parcelle adjacente au bâtiment actuel, achetée l’automne dernier pour 626 000 francs à la Commune de Moudon. L’investissement global, estimé à 4 millions de francs, doit permettre à la société d’optimiser sa structure en rationalisant le stockage. Mais pas d’augmenter le volume d’abattage, pourtant prévu à l’origine. «Ce n’est plus à l’ordre du jour», affirme le président.

«De faible capacité»

L’abattoir de Moudon n’en rejoindra pas pour autant les rangs des «grands établissements» (c’est la dénomination officielle du SCAV, le Service de la consommation et des affaires vétérinaires). Avec la fermeture du site du Groupe Bell à Cheseaux-sur-Lausanne en décembre dernier, il n’en reste que deux sur sol vaudois, à Clarens et à Orbe. Moudon sera donc toujours classé parmi les «établissements de faible capacité», comme quinze autres abattoirs répartis dans tout le canton (voir l’infographie).

Cette offre a considérablement diminué depuis le début de ce siècle. À l’époque en effet, on en dénombrait une quarantaine. Depuis 2015, six ont mis la clé sous le paillasson. La consommation de viande qui diminue et les boucheries qui ferment boutique expliquent en partie cette érosion. Mais pas seulement. «La plupart de ces établissements ont préféré cesser leur activité plutôt que de consentir les investissements nécessaires pour répondre à des normes de plus en plus strictes», explique François Caula, le vétérinaire cantonal adjoint.

Calquées sur les normes européennes, les règles sanitaires et vétérinaires se sont durcies. Et François Caula de préciser immédiatement que l’offre actuelle permet de répondre totalement à la demande. «Notre réseau est même nettement supérieur à celui des pays voisins», reprend-il. Et il n’y a pas besoin de franchir la frontière pour s’en apercevoir: le canton de Neuchâtel ne compte plus qu’un site d’abattage.

À Moudon, la majeure partie du projet – 1000 m2 – est principalement destinée à des locaux de stockage et à un petit espace pour de la vente directe de quart ou de demi-bête. Cet agrandissement devrait s’accompagner de la création d’une dizaine d’emplois, portant ainsi à dix-sept le nombre de collaborateurs de la SEAM. Le projet prévoit également la création d’un congélateur de 500 m 2 dans lequel pourront être entreposées jusqu’à 1200 palettes de produits carnés surgelés. (24 heures)

Créé: 28.07.2018, 17h07

Essentiellement des ovins

Malgré l’agrandissement planifié du site, les exploitants des abattoirs de Moudon n’envisagent pas d’augmenter le volume de bêtes qui y seront tuées et transformées. Dans l’immédiat en tout cas. Une conséquence des mesures réclamées par le vétérinaire cantonal et prises ce printemps pour améliorer les procédures? Peut-être, parce que l’une d’elles exigeait une réduction de 25% de la cadence d’abattage.

Toujours est-il qu’à Moudon, on continuera d’abattre environ 6000 bêtes par année. Et parmi elles, «seulement» 1000 têtes de gros bétail: bœuf, vache, taureau. La plus grande partie de l’activité du site broyard, fréquenté par près de 150 producteurs vaudois et fribourgeois, ce sont les ovins: 5000 agneaux et moutons sont saignés là-bas. Et le cochon, qui appartient aussi à la catégorie du petit bétail? «On n’en fait plus depuis quatre ou cinq ans, répond Georges-Louis Berchtold. On laisse ça aux entreprises spécialisées. Question d’hygiène.»

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