Les squatteurs de Sainte-Croix semblent bien partis pour rester

MilitantismeLes premiers occupants de l’ancien site Reuge attendent le verdict des juges. Leurs successeurs s’enracinent.

Les activistes ont installé sur place un tipi et une roulotte.

Les activistes ont installé sur place un tipi et une roulotte. Image: FRÉDÉRIC RAVUSSIN

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Les bourrasques du début du mois se sont évanouies et la neige est partie. Mais à Sainte-Croix, sur le site de l’ancienne usine Reuge, les squatteurs, eux, sont restés. Et ils ne semblent pas près de plier bagage.

Ce lundi matin par une température pas vraiment hivernale, l’un d’eux prend un bain de soleil devant la baraque en bois qu’ils occupent depuis le 3 février au soir. Il n’a fallu que quelques heures à peine à ce petit groupe pour réinvestir les lieux dont la police avait fait condamner les accès après avoir emmené les deux permanents du Collectif pour la culture qui les occupaient depuis plusieurs semaines.

Devant la baraque se dresse un grand tipi, alors que sur sa gauche une roulotte métallique a fait son apparition, preuves supplémentaires que les squatteurs comptent bien prolonger leur séjour.

«Ce sont des espaces pour chiller (ndlr: passer le temps) en journée ou en soirée, où ceux qui restent tard peuvent éventuellement passer la nuit», explique une jeune femme aux longs cheveux noirs. «Le but de notre projet, c’est de proposer des habitations alternatives ayant une basse empreinte environnementale. La roulotte et le tipi en sont de parfaits exemples», poursuit un jeune homme qui vient de sortir de la bicoque, un bol de müesli à la main.

Ils affirment ne plus avoir vu de policiers depuis une semaine. «Avant, ils passaient tous les deux ou trois jours, comme ça, un peu pour prendre des nouvelles. Mais le plus souvent, ce sont ceux qui soutiennent notre démarche, des habitants de la région, qui les accueillaient», reprend-elle. Les squatteurs ne sont pas dupes pour autant et savent ce qu’on attend d’eux.

«La police nous a exprimé à quel point elle aimerait que nous partions de notre propre gré. Mais pour l’instant, c’est à peu près tout ce qu’elle nous a dit.»

Dans l’attente du verdict

Voilà pour la réalité du terrain. En coulisses, les choses sont peut-être moins calmes qu’il n’y paraît. La semaine dernière, les deux premières personnes à avoir occupé les lieux, en fin d’année, ont comparu devant la justice, à la suite de la plainte déposée par le propriétaire, Jürg Stäubli. Elles sont dans l’attente du verdict des juges.

«Au départ, la procédure était dirigée contre elles deux. Mais de ce qu’on en sait, maintenant c’est contre elles deux et tous les autres squatteurs», reprend la jeune femme.

En attendant, le petit groupe d’occupants continue de vivre comme il l’entend et propose des activités diverses tous les jours impairs, si possible. «Cette semaine, on a déjà mis à l’agenda une fondue végane et des lectures de textes», précise un des squatteurs. Des rendez-vous auxquels la population locale participe volontiers.

«Dans l’ensemble, on se sent bien accueilli. On a juste essuyé quelques remarques sur Facebook et, tout récemment, via ce tag», reprend-il en désignant la roulotte dont un des flancs est barré d’un «Cassez-vous K-SOS» sprayé en noir.

Créé: 25.02.2020, 16h36

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