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Le syndic artiste ravive le passé théâtral du village

Incendiée en 2013, la nouvelle grande salle est terminée. Une installation rappelle le patrimoine artistique important.

La grande salle est située entre le corps du village et la butte sur laquelle se dresse l'église.
La grande salle est située entre le corps du village et la butte sur laquelle se dresse l'église.
Jean-Paul Guinnard
L'intérieure de la nouvelle salle: spacieux et lumineux.
L'intérieure de la nouvelle salle: spacieux et lumineux.
Jean-Paul Guinnard
Artiste, Frédéric Burkhard a reproduit à la peinture sur des planches de chêne des photographies qui illustrent la tradition théâtrale d'Orzens.
Artiste, Frédéric Burkhard a reproduit à la peinture sur des planches de chêne des photographies qui illustrent la tradition théâtrale d'Orzens.
Jean-Paul Guinnard
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Quand le feu a ravagé la grande salle d’Orzens dans la nuit du 16 au 17 décembre 2013, c’est une part de l’âme de ce village de 200 habitants qui est partie en fumée. Et un pan de ses souvenirs artistiques aussi: son arrière-scène abritait de nombreux décors de théâtre, tradition solidement ancrée dans les mœurs locales depuis la fin du XIXe siècle. «Toutes les activités du village se passaient ici», résume le syndic Frédéric Burkhard. La question de savoir s’il fallait ou non rebâtir ne s’est donc pas vraiment posée. «Sans grande salle, Orzens est un village mort, une cité-dortoir», reprend l’édile. Ce ne sera pas le cas. Ce samedi – 37 mois après le drame – les habitants sont invités à découvrir leur nouveau lieu de rencontre. Et en pénétrant dans le bâtiment, ils devraient retrouver une partie de cette mémoire collective culturelle, grâce à une installation réalisée par leur syndic-artiste-sculpteur.

Œuvres sur chêne

Un frontispice surmonte l’entrée principale du bâtiment. L’œuvre reproduit avec précision, à la peinture, une photographie parue dans la presse à l’époque. On y découvre quelques spectateurs de la pièce jouée à cet endroit même en 1951. Le théâtre venait alors de reprendre ses droits sur la scène de l’ancien battoir, après un exil d’une vingtaine d’années au centre du village. L’intérieur de la grande salle recèle une bonne vingtaine d’autres œuvres, elles aussi réalisées sur des planches de chêne local. Elles semblent s’être détachées du tronc d’un arbre travaillé, installé dans le hall, au pied de l’escalier.

Frédéric Burkhard explique ce choix. «Il s’agit d’un chêne plus que centenaire, comme l’était notre ancienne grande salle. Il se dressait en lisière d’une forêt de la commune. Il est lui aussi tombé en 2013.» Alors, comme pour prolonger la symbolique, l’artiste l’a taillé, façonné de manière à ce qu’il s’apparente à la tranche d’un livre ouvert dont les pages arrachées se seraient envolées. «Je n’ai pas oublié de le brûler en partie», précise-t-il. Ces pages, on les retrouve sous forme de tableaux disposés dans toute l’entrée.

Transmission du patrimoine

Cette installation n’est pas qu’une œuvre à contempler, comme son nom, Mémoire collective, le laisse deviner. Elle doit permettre aux habitants d’Orzens de se souvenir et de transmettre ce qui constitue un pan du patrimoine culturel du village. «J’avais envie qu’en voyant mon travail, les gens se racontent ce que ces scènes leur rappellent. Et ça marche, s’exclame-t-il. J’ai déjà appris plein de choses que j’ignorais. Notamment de la part de l’ancien syndic, Albert Piot, qui a aujourd’hui un peu plus de 90 ans.»

Sur ces peintures figurent des personnes qui ont écrit l’histoire de cette tradition théâtrale à Orzens. De près ou de loin. L’une d’elles représente en effet un réalisateur de la Télévision suisse romande, Yvan Dalain, et son caméraman, Dominique de Weck. A la fin des années 1980, la TSR avait consacré un Tell Quel à la troupe locale. Yvan Dalain allait revenir quelques mois plus tard au village pour y tourner un film, Monsieur Molière aux champs.

Quatre ans après le sinistre, la fête peut donc reprendre à Orzens. Le Cœur qui chante (Orzens-Oppens) montera sur scène dans trois semaines à l’occasion de Rêves en boîte, une création inédite mêlant chant et théâtre.

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