Le tarmac de Payerne sous le feu des flashes

AvionsLa base de chasse du pays sera en état d’alerte dès lundi prochain. Une aubaine pour les passionnés de photos d’avions.

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«Nous sommes là une heure avant tout le monde, nous partons une heure après. Nous voyons ce que les autres ne voient pas!» Grand sourire, mains carrées et œil de lynx, Patrice Uldry, dit «le Boss», connaît mieux la base de Payerne que certains pilotes.

Dans la vie de tous les jours, Patrice Uldry est monteur dans une société bulloise. Lors de ses loisirs, c’est un spotter: un photographe amateur spécialisé dans la photo d’avions. Pour ce passionné, la base payernoise est un terrain de prédilection (voir la vidéo ci-dessous, tournée à l'occasion d'AIR14). On y comptabilise près de 10'000 mouvements de jets par année, auxquels s’ajoutent des milliers de vols d’hélicoptères ou d’avions à hélice.

Dès lundi prochain, la base vaudoise sera prisée par une centaine de spotters issus de toute la Suisse et même de l’étranger. Forum de Davos (WEF) oblige, c’est de Payerne que décolleront les F/A-18 qui assureront la police aérienne au-dessus de la station grisonne. Les flammes bleues des réacteurs vont crépiter du 18 au 24 janvier.

Pas question pour les spotters de manquer ce rendez-vous. «La photo de nuit, c’est ce qu’il y a de plus dur à réaliser. Nous travaillons avec de longs temps d’exposition, il fait froid, les conditions sont parfois épouvantables. Il faut des centaines de prises de vue pour une seule bonne image», explique Patrice Uldry. Ses vues crépusculaires sont remarquables. «C’est pour ça qu’on l’appelle le Boss», rigole un comparse.

Pour anticiper les sens de décollage ou d’atterrissage des machines, les spotters se branchent sur la fréquence radio utilisée entre les pilotes et la tour de contrôle. Ils ont aussi leur bon coin et un matériel impressionnant. C’est tout un art.

La patience du pêcheur

«Durant le WEF, il y a beaucoup plus d’activités, commente Loïc Roulin, cuisinier de son état, habitant de Vallon (FR). Avec Davos, les vols de nuit ne sont pas reportés, comme cela arrive souvent avec les vols d’entraînement en semaine. Là, ils décolleront quoi qu’il arrive.» Un bon spotter doit avoir la patience du pêcheur à la ligne et l’œil du champignonneur en quête de la pièce rare. «Payerne n’a pas le cadre de Sion ou de Meiringen, avec des montagnes autour, mais c’est ici qu’il y a le plus de choses qui se passent» relève Patrick Genoud. Ce Valaisan est dans la maintenance ferroviaire et fait souvent le trajet de Monthey (VS) à Payerne.

Depuis l’année dernière les spotters ont une nouvelle difficulté à surmonter à Payerne: la clôture que l’armée a édifiée autour de sa piste. Payerne était l’une des dernières bases militaires d’Europe à ne pas être fermées. Ce particularisme faisait le bonheur des spotters. Ils doivent désormais s’armer d’échelles pour dépasser le grillage.

«Rien n’est prévu pour nous»

Plus embêtant, les photographes sont privés d’une butte, bien placée au sud de la piste, donc avec le soleil dans le dos, mais qui se retrouve dans le périmètre clôturé. «Rien n’est prévu pour nous, déplore Patrick Genoud. A Meiringen, une terrasse a été installée au-dessus du restaurant, c’est top. Ici, il n’y a rien.»

Commandant de la base, le colonel EMG Benoît Studemann, le reconnaît: le confort de travail des photographes amateurs, fussent-ils des génies de l’image, n’est pas une priorité pour les Forces aériennes. «Je sais que la clôture ne leur facilite pas la tâche. Hélas, nous n’avons pas de solutions à leur proposer. Je m’imagine solliciter un budget à Berne pour créer une terrasse pour les spotters, alors qu’on demande tous les jours à l’armée d’économiser!» (24 heures)

Créé: 12.01.2016, 20h37

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