Totalement baba d’ABBA, il reproduit leurs costumes

ChavornayAu fil des ans, Richard Jaquier s’est mis à la couture «malgré lui». Quatre de ses habits sont exposés au MuPop en France.

Richard Jaquier a fabriqué des répliques de douze costumes portés par les membres du groupe suédois.

Richard Jaquier a fabriqué des répliques de douze costumes portés par les membres du groupe suédois. Image: Jean-Paul Guinnard

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«Quand j’étais jeune, je n’osais pas trop dire que j’écoutais ABBA, se souvient Richard Jaquier, fan de la première heure du groupe suédois. Ils n’ont jamais eu la reconnaissance qu’ils méritaient.» Le Chavornaysan parle bien de la formation pop aux tubes planétaires. Mais quand on aime, ce n’est jamais assez. L’ancien steward devenu couturier amateur le sait bien. «J’ai découvert ABBA en 1974, alors que j’avais 9 ans, à l’Eurovision lorsqu’ils ont gagné avec leur titre «Waterloo», confie Richard Jaquier. Certains ont appris l’anglais avec les Beatles, moi avec ABBA. Leur musique m’a toujours accompagné.»

Ado, le «passionné» du quatuor écume les plateaux de télévision dans le but, notamment, de rencontrer ses idoles. Sa fan attitude l’emmènera toujours plus loin. «J’ai suivi le groupe australien Björn Again (ndlr: un pastiche d’ABBA) un peu partout, poursuit-il. C’est à cette période que je me suis rendu compte que les costumes utilisés par les groupes de reprise n’étaient pas fidèles à ceux portés par Agnetha Fältskog, Anni-Frid Lyng­stad, Björn Ulvaeus et Benny Andersson (ndlr: les quatre membres du groupe ABBA)

Du fait maison

Après de nombreuses recherches sur internet dans le but d’acheter des copies des vêtements de scène de ses idoles, Richard Jaquier est contraint d’abandonner. «Je ne trouvais pas de répliques exactes, regrette-t-il. Cela ne me contentait pas. Les gens sont peut-être moins pointilleux que moi…»

Le Chavornaysan de 53 ans s’est donc mis à la couture un peu «malgré lui». «Comme plus ou moins tout ce que j’ai fait en lien avec ABBA, fabriquer des costumes n’a jamais été une fin en soi. Cela devait arriver. Un peu comme si des anges m’y avaient poussé.» Sans aucune connaissance technique, Richard Jaquier apprend tant bien que mal à manier fil et aiguille. «Je n’y connaissais rien, mais j’y ai mis beaucoup d’envie, assure-t-il. Je crois m’en être plutôt bien sorti.»

Avant de couper dans des étoffes au look parfois un peu kitsch, Richard Jaquier passe systématiquement plusieurs jours à se documenter. «Je regarde des vidéos et des photos d’archives», énumère le Nord-Vaudois. Ce dernier a même fait le voyage jusqu’à Stockholm pour visiter le musée consacré au groupe afin d’être sûr, ensuite, de commander les bons matériaux. «Quitte à copier, autant le faire bien, dit-il en riant. Ces recherches me prennent un temps fou mais, quand je vois le résultat, je me dis que cela en vaut la peine.»

Certains costumes ont nécessité entre 300 et 500 perles. Sans compter les différents rubans de couleur, boutons ou autres petites bricoles décoratives. «Aujourd’hui, j’ai terminé douze pièces, explique Richard Jaquier, non sans afficher une certaine fierté. Peut-être que j’en referai, mais j’estime être arrivé à une forme d’aboutissement.»

Au fil des ans, le garage de l’ancien steward s’est transformé en musée. Face au mur, ses costumes habillent des mannequins. Au-dessus de leur tête, des posters d’époque servent de preuves. «On peut ainsi voir que mes reproductions ressemblent comme deux gouttes d’eau aux originaux», insiste le Chavornaysan. Cependant, les quatre corps de plastique qui portaient les costumes de «Waterloo» ne sont plus recouverts que d’un châle. Les stigmates d’un larcin perpétré par un autre fan absolu du groupe suédois? Pas du tout.

À Montluçon

«J’ai publié sur les réseaux sociaux une vidéo montrant mon travail, détaille Richard Jaquier. Jean-Marie Potiez, le biographe francophone d’ABBA, l’a vue et m’a contacté. Il souhaitait m’emprunter des pièces pour une exposition au MuPop, le Musée des musiques populaires, à Montluçon, en France. J’ai accepté.»

Contactée, la conservatrice des lieux se montre très reconnaissante pour les prêts et indique que l’exposition se tiendra jusqu’au début du mois de janvier. «Sauf si elle est prolongée, précise Richard Jaquier. Ce que je n’espère pas vraiment: j’ai un peu l’impression d’avoir abandonné mes enfants. Mais au moins ils ont une raison d’être.»

Créé: 16.07.2019, 06h56

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