Le trafic marchandises en question chez Travys

TransportsAvec la perte du transport des betteraves, la société mène une réflexion sur la desserte marchandises sur ses trois lignes.

Nommée «La Relève», la locomotive acquise l’an passé tire des trains de marchandises sur l’Orbe-Chavornay.

Nommée «La Relève», la locomotive acquise l’an passé tire des trains de marchandises sur l’Orbe-Chavornay. Image: J.-P. GUINNARD

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La compagnie Travys, qui exploite les lignes Vallorbe-Le Brassus, Orbe-Chavornay et Yverdon-les-Bains - Ste-Croix, mène une réflexion sur le transport de marchandises sur son réseau. Les résultats de cette étude pourraient aboutir à l’abandon de ces prestations sur certains tronçons.

«Le trafic marchandises n’apporte qu’une contribution modeste, de l’ordre de 15%, aux recettes de Travys», indique le directeur Daniel Reymond. L’essentiel se concentre sur la ligne Orbe-Chavornay. «Nous proposons surtout des prestations de manœuvre et de traction sur les derniers kilomètres dans le cadre de contrats avec des opérateurs nationaux comme CFF Cargo», précise le directeur.

«Vu les fortes pentes, il était important de disposer d’une machine puissante»

Avec la présence du terminal de conteneurs Terco à Chavornay et de grandes entreprises comme Nespresso à Orbe, Travys a pu acquérir une grosse locomotive diesel. Cet engin sera aussi engagé pour la maintenance et les travaux à venir sur la ligne Vallorbe-Le Brassus. «Vu les fortes pentes, il était important de disposer d’une machine puissante», explique Daniel Reymond. Munie d’équipements de sécurité modernes, elle peut circuler sur le réseau CFF et passer ainsi de la plaine de l’Orbe à la vallée de Joux.

Mais le passage d’une électrification à 700 volts au courant standard à 15 000 volts dans le cadre de l’intégration de l’Orbe-Chavornay au RER vaudois pourrait changer la donne. Le trafic marchandises étant libéralisé, les opérateurs nationaux pourront accéder directement à leurs clients jusqu’à Orbe, sans passer par Travys. Le directeur est conscient du risque: «Nous perdons notre monopole, mais la desserte jusqu’aux voies des entreprises implique des manœuvres que les grandes compagnies n’ont envie ni d’organiser ni d’assumer. Pour elles, il est toujours plus simple de nous confier les wagons dès Chavornay.»

«Comme sur la ligne de la vallée de Joux, nous avons assuré ce service au coût marginal, en complément de la desserte voyageurs»

La perte du transport des betteraves entre Baulmes, Vuitebœuf et Yverdon-les-Bains (lire ci-contre), remet en question le maintien des prestations marchandises sur cette ligne. «Comme sur la ligne de la vallée de Joux, nous avons assuré ce service au coût marginal, en complément de la desserte voyageurs», explique Daniel Reymond.

L’obligation de transférer les wagons de la voie métrique à la voie normale à Yverdon a toujours rendu l’exploitation complexe. S’y ajoute le fait que la locomotive «crocodile» dédiée aux marchandises devrait être adaptée aux nouvelles installations de sécurité. «L’équipement de cette machine datant de 1944 n’en vaut pas la peine», explique le directeur. La question se pose aussi si d’autres investissements s’avèrent nécessaires.

Créé: 12.01.2017, 17h08

La perte des betteraves

Le directeur de Travys Daniel Reymond ne cache pas son agacement: «La rumeur court parmi les agriculteurs que nous avons décidé d’arrêter les betteraves sur la ligne Yverdon-Ste-Croix. En vérité, la décision a été prise par Aarberg, sans que nous n’en soyons informés». De fait, la sucrerie a écrit directement aux producteurs que, d’ici quelques années, les racines seraient chargées sur le rail, à La Poissine, près de Grandson.

«Durant des années, nous avons bien travaillé sur la filière betteravière et rationnalisé au maximum, même si le transfert des wagons de la voie métrique à la voie standard à Yverdon a toujours constitué un obstacle», explique le directeur. Les betteraves assuraient l’essentiel du trafic cargo sur cette ligne. «Le bois représente un tonnage anecdotique. On ne fait appel à nous que lorsque les prix sont élevés et les transporteurs routiers surchargés.»

Quant aux ordures, elles remplissent un wagon par semaine entre Ste-Croix et Lausanne – il en va de même pour la vallée de Joux. «Vaut-il la peine de maintenir des infrastructures et des capacités pour de tels volumes?» se demande Philippe Reymond. Qui ajoute que les investissements ne se justifient que dans la mesure où le rail peut apporter une plus-value.

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