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Les trésors du Musée Baud restent à Sainte-Croix

Trois mécènes permettent le rachat des automates exposés à L’Auberson. Ils rejoindront le futur musée unique.

Arlette Baud est la copropriétaire du Musée Baud, à L’Auberson, fondé par son père et ses oncles.
Arlette Baud est la copropriétaire du Musée Baud, à L’Auberson, fondé par son père et ses oncles.
Keystone

La région de Sainte-Croix s’évite un nouveau traumatisme sur fond de savoir-faire patrimonial. Vingt-trois ans après, elle éprouve encore de l’amertume pour la vente au Japon de la collection d’automates, oiseaux chanteurs et autres boîtes à musique de Guido et Jacqueline Reuge. Grâce à trois mécènes aussi généreux qu’inespérés, le balcon du Jura ne verra pas les trésors du Musée Baud s’envoler à leur tour pour l’étranger. Certes, les automates quitteront le nid que certains occupent à L’Auberson depuis 63 ans, mais ils atterriront dans les murs du futur musée unique en phase d’élaboration à Sainte-Croix, dans les locaux du Centre international de mécanique d’art (CIMA).

Cette collection de 240 boîtes à musique et automates, dont la valeur est estimée à 2,4 millions de francs (mais vendue 2 millions), ne sera donc pas démantelée. Elle constituera même un des highlights du futur pôle qui regroupera les collections du CIMA, du Musée des arts et sciences et du Musée Baud.

Mais il s’en est fallu de peu. Dans le délai de quinze mois qui avait été imparti, de mars 2017 à juin 2018, la fondation du CIMA et les autorités municipales n’avaient réussi à réunir que 130'000 francs sur les 2 millions recherchés. Les copropriétaires du musée, qui ne souhaitaient pas voir leurs trésors quitter le pays, leur ont toutefois accordé un nouveau délai de six mois. Un semestre qui a permis l’arrivée des trois mécènes soudain sortis du bois. Parmi eux, la Fondation Anita et Werner Damm Étienne, à Montreux, est d’accord d’apparaître au grand jour. «Les deux autres souhaitent en revanche garder leur anonymat. Ils sont romands et recommandables, promis», a souligné Séverine Gueissaz, coordinatrice de projets au CIMA. «C’est légitime de vouloir protéger sa sphère personnelle, a souligné le conseiller d’État Pascal Broulis. Au moment où votre nom est donné, des gens sonnent à votre porte avec un projet à soutenir. Ils sont d’abord polis, mais le ton change, pouvant aller jusqu’à la menace quand vous leur refusez votre aide…»

Assis à la même table, Arlette Baud et Michel Bourgoz, propriétaires du Musée Baud, peinaient à contenir leur émotion. «Aujourd’hui, les sentiments se mêlent: émotion, nostalgie, regret et espoir, tout à la fois. Nous sommes un peu tristes de ne pouvoir garder notre magnifique musée à L’Auberson, mais heureux du dénouement positif de ce projet. Et puis, comme disait mon père, il faut toujours aller de l’avant», a souligné la première.

Pour le syndic, Franklin Thévenaz, c’est évidemment la joie qui prédomine: «C’est un grand jour, qui marque l’achèvement de la première partie de notre projet de musée unique.» La suite est déjà en cours. Le lauréat du concours d’architecture et la commission construction du projet vont s’atteler à l’élaboration du projet. Soit la transformation des locaux du CIMA et la mise en place de la muséographie qui devraient débuter en 2020. Parallèlement, la commission finance va poursuivre son travail de recherche de fonds pour financer ces travaux.

Regroupement à 9,7 millions

Elle pourra se tourner vers le Canton. «L’État ne vient jamais en appui pour l’achat d’une collection, même s’il s’agit d’un patrimoine de cette importance. Mais sous l’angle économico-touristique, on est par exemple venu en aide à un musée au Pays-d’Enhaut ou à des projets de diversification touristique comme Aquatis ou Chaplin’s World. Et à ce titre-là, vous êtes éligibles», a lancé Pascal Broulis.

Devisé à 9,7 millions (rachat de la collection Baud compris), le regroupement des trois entités sous un seul toit a pour but de conserver dans la région qui l’a vu naître un patrimoine et un savoir-faire unique. Mais aussi de lui donner des moyens de se développer et de pérenniser son avenir. Et tout ça, alors que certains artisans sainte-crix sont les porteurs de la candidature des «savoir-faire en mécanique horlogère et en mécanique d’art» à l’inscription au Patrimoine immatériel de l’Unesco, dont le dossier sera déposé en mars prochain.

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