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Au Tribunal, la production des éoliennes sous la loupe

Opposants et partisans du projet éolien de «Sur Grati», en dessus de Vallorbe, se penchent sur les mesures de vent qui ont validé le parc aux yeux du Canton. Débat de haut vol.

Récemment, les projets vaudois ont été confortés par une carte des vents qui mettait en évidence les abondants gisements sur les crêtes. Une carte fiable, assurent les experts mandatés par les promoteurs. Une carte composée avec les données des promoteurs, dénoncent les opposants.
Récemment, les projets vaudois ont été confortés par une carte des vents qui mettait en évidence les abondants gisements sur les crêtes. Une carte fiable, assurent les experts mandatés par les promoteurs. Une carte composée avec les données des promoteurs, dénoncent les opposants.
Swisstopo

Mercredi matin, c’était la dernière audience au Tribunal cantonal de Lausanne pour le parc éolien Sur Grati, projeté entre Vallorbe, Vaulion et Premier. Une dernière ligne droite avant le verdict de la justice concernant ce parc pionnier: sur beaucoup de points du dossier, l’avis des juges sera déterminant pour les futurs parcs éoliens vaudois qui se profilent.

Un des enjeux touche la production attendue de ces parcs. Autrement dit, le nombre de volts projeté pèse-t-il suffisamment lourd dans la balance face aux inconvénients, notamment en termes paysagers? La question n’est pas nouvelle, et elle attend notamment les expertises fédérales en la matière suite au oui populaire à la Stratégie énergétique 2050. Mais ces dernières viendront sans doute trop tard pour le cas qui occupe les juges vaudois. Seul indice pour eux: le Canton considère que les critères de production comptent pour 50% dans l’évaluation de la qualité d’un projet éolien. Mardi, les experts convoqués par chacun des camps se battant pour ou contre Sur Grati en ont fait un débat de haut niveau, visant à justifier ou décrédibiliser les prévisions. Aperçu.

«Donc les éoliennes seront arrêtées en période de croule ( ndlr: période des amours ) de la bécasse des bois, tonne l’avocat de Pro Natura, Laurent Trivelli. Pour avril, de 19 h 30 à 21 h 30, mai 4 h 30-6 h 30 et 20 h 30-22 h 30... Quelle diminution du potentiel de production est-ce que cela représente? Vous l’avez pris en compte?» Soupirs dans la salle, côté promoteurs.

Bernard Jeanneret, ancien du CERN et éolien-sceptique notoire, intervient en tant qu’expert convoqué par les opposants: «Vous avez compté 5% de pertes pour maintenance. Mais les 5% de déduction pour le givre sur les pales, ils apparaissent où?» Il enchaîne: «Quant à la fameuse carte des vents qui est utilisée pour justifier les projets éoliens, c’est une nouvelle carte qui intègre les mesures fournies par des promoteurs. J’arrive à une surestimation de 40% de Sur Grati.» Il s'agit en fait d'une carte des vents publiée en 2016. Elle compile les données de MétéoSuisse et celle apportée par des mesures ponctuelles, comme celle des promoteurs. Bref.

En face, fonctionnaires et promoteurs sont venus au secours des critères cantonaux. «Il y a eu plus de trois ans et demi de mesures, on arrive à une vitesse de 6,2 mètres/seconde en moyenne. C’est vérifié, contrôlé, ensuite validé par deux bureaux», a plaidé, pour les promoteurs, l’expert Claude Madörin, ancien directeur de VO Énergies (entreprise régionale d'ailleurs derrière le projet de Sur Grati). «Ici on a des mesures sur plus de douze mois, sur quatre saisons, avec plusieurs points de mesure, l’anémomètre a été complété par des mesures au sol…», ajoute François Schaller, ingénieur à la Direction de l’énergie. En clair, les mesures sont aux normes. Le Canton n’impose par contre aucune production par mat éolien. Ce qui compte, c’est la production globale des dix-neuf parcs actuellement prévus. Quant aux pertes de Sur Grati, «on a pris en compte les bases d’Enercon, le fabricant, pour des sites de ce type. Ce sont des valeurs usuelles», poursuit Claude Madörin. «Mais ont-ils pris en compte les chauves-souris?» interrompt l’avocat des recourants. «On prend des bases pratiques», rétorque le spécialiste. Il poursuit. «On ne partirait pas dans un projet s’il n’était pas viable.»

Aucune date n’a été communiquée pour le verdict.

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