Aux Trois Suisses, nouveau bistrot du village

L'Esprit des PintesDepuis la fermeture de plusieurs établissements des environs, Les Trois Suisses est devenu le bistrot du village de Vully-les-Lacs.

La plus ancienne vue du restaurant des Trois Suisses de Salavaux date de 1894.

La plus ancienne vue du restaurant des Trois Suisses de Salavaux date de 1894. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«C’est l’image même du café de village, qui joue son lieu de rendez-vous pour toutes les générations, jeunesse comme joueurs de cartes plus âgés par exemple. C’est ce qu’on essaie de défendre dans notre canton, mais qui disparaît de plus en plus souvent au profit de la génération du portable.» Ancien restaurateur à Vallamand et ex-président de GastroVaud, Frédéric Haenni ne tarit pas d’éloges sur le Restaurant Les Trois-Suisses de Salavaux. Si le jugement est pertinent, il convient de préciser ici que l’ancien député PLR pourrait difficilement livrer un avis objectif sur le bistrot broyard. Son patron, Jacks Kohler, a, en effet, été son apprenti à la fin des années 70. D’ailleurs, Jacks suit les traces de son aîné, puisqu’il s’investit aussi dans la défense professionnelle, présidant la section locale de Broye-Vully, après avoir dirigé celle d’Avenches-Vully.

Enfant de Guévaux, Ulrich, de son véritable prénom que peu connaissent, a ensuite parcouru le monde. «Pendant mon apprentissage, je portais un tee-shirt sur lequel était inscrit Jacks, et la serveuse m’appelait ainsi, car c’était plus simple que mon prénom alémanique. Le surnom m’est resté», glisse le Vulliérain de 57 ans. Dans la foulée de sa formation, il travaille plusieurs mois à Zermatt, puis enchaîne six ans autour du globe, notamment en Nouvelle-Zélande, mais également en Australie, à Los Angeles et même en Chine.

À son retour, il reprend le Restaurant de la Plage d’Avenches, puis le Café des Arènes, avant d’entendre parler de la mise en vente des Trois-Suisses à Salavaux par la famille Tschanz, après quelque 35 années d’exploitation. En 2003, il rachète l’établissement arborant les trois doigts levés depuis le XIXe siècle. «Je venais déjà du temps de «la Muette», se souvient Alain Bardet au sujet de l’ancienne tenancière historique. En ce jeudi matin, le quinquagénaire de Villars-le-Grand partage l’apéro avec un autre résident de Villars, mais Villars-Bramard, cette fois-ci. Membre du comité d’organisation du Comptoir broyard, Jacques Saugy collabore avec Jacks dans le cadre de cette foire régionale. «Comme j’ai un chantier dans cette région du Vully où je ne travaille pas très souvent, c’était l’occasion de venir lui dire bonjour en dehors du comptoir. Il faut parfois savoir prendre le temps», philosophe le carreleur, en commandant un nouveau demi.

Tout en répondant en allemand à un client, la serveuse dépose une bouteille de Réserve des Trois-Suisses sur la table, un pot de Vully personnalisé, de Vallamand. «C’est important de savoir l’allemand dans notre région. Je pense que 40% de ma clientèle le comprend et 20% le parlent. C’est notamment le cas en été, quand le camping est plein», détaille Jacks Kohler, pointant un doigt vers le lac tout proche.

Pourtant, l’été n’est pas la saison la plus profitable de l’exploitant, qui réalise de meilleures affaires à l’automne et en hiver, avec la chasse, les tables de rams (ndlr: un jeu de cartes) pendant les fêtes et les journées huîtres et fruits de mer en début d’année. En ce jeudi, le patron propose la langue de bœuf à son menu et les 30 places du café trouvent peu à peu preneur. L’établissement offre aussi 35 chaises en salle, 20 en terrasse et 6 au comptoir, l’endroit stratégique. À l’entrée, le juke-box rappelle que le bistrot n’est pas d’hier. Il en va de même du fourneau et de ses catelles vertes. En salle, un baby-foot, deux guitares et un accordéon sont à disposition des clients. Et une enseigne des chocolats Kohler est affichée au mur. «On n’est pas de parenté, mais je l’aime bien», sourit le chef.

«Depuis qu’on a fait la nouvelle commune de Vully-les-Lacs, c’est devenu le bistrot du village», analyse le photographe «McFreddy» Gentizon. Il faut dire que dans les localités voisines de Villars-le-Grand, de Chabrey, de Montmagny ou de Vallamand-Dessus, les bistrots ont fermé les uns après les autres. Il en ira de même du Restaurant du Lac de Vallamand-Dessous dans quelques semaines, et son avenir n’est pas connu. «Ici, on est proche de tout. Il y a le Denner et la boucherie pas loin, l’Administration communale et la poste, tant qu’elle est ouverte, juste à côté. De l’autre côté, on arriverait presque à Neuchâtel et j’ai peur de choper l’accent», conclut «McFreddy», avant de commander une assiette de filets de perche.

Créé: 26.05.2019, 09h59

Articles en relation

Au Café du Pont de Granges-Marnand, la patronne veille depuis 50 ans

L'Esprit des pintes Claudine Cotting fêtera prochainement son demi-siècle à la tête de ce bistrot traditionnel et authentique. Plus...

Les traditions ont du bon à La Reine Berthe

L'Esprit des pintes Dans une décoration toujours extraordinaire, les plats du terroir tels que tripes, langue ou papet sont les rois dans ce café populaire de Payerne. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.