Ultime syndic de Gressy, Willy Gonin s’en est allé

NécrologieEn mai dernier, l’agriculteur avait eu 80 ans. Dont plus de la moitié passée à la tête de l’Exécutif.

Willy Gonin a été syndic de Gressy de 1970 à 2011.

Willy Gonin a été syndic de Gressy de 1970 à 2011. Image: MICHEL DUPERREX - A

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Quatre décennies de syndicature, dont il restera quatre lettres, «voui», prononcées à une heure de grande écoute sur les ondes de la TSR.

Un soir de mai 2000, Willy Gonin, syndic de Gressy depuis 1970, imposait son accent vaudois aux téléspectateurs romands. La veille, suivant ses recommandations, ses concitoyens avaient adopté à 100% l’adhésion de la Suisse aux accords bilatéraux. De quoi faire se déplacer la TSR dans le petit village nord-vaudois. La localité pleure aujourd’hui le décès de cet homme de poigne et de convictions, parti samedi à l’âge de 80 ans, des suites d’une longue maladie.

Né un 24 mai 1938, Willy Gonin, marié sans enfants, embrasse la carrière politique en 1966. En devenant municipal, l’agriculteur ne sait évidemment pas qu’il vient de signer un contrat de très longue durée avec la chose publique. Ces 45 années, dont 41 comme syndic, font de lui un recordman vaudois (si ce n’est plus) de la politique communale.

De fait, ce diplômé de Marcelin, ne se résignera jamais. Même quand ses quatre municipaux, lassés de le voir ne leur laisser que des miettes, décident de jeter l’éponge en décembre 2008. Le conseiller d’État Leuba lui flanque alors une administration provisoire (dans l’attente d’une élection complémentaire) et lui souffle qu’à 70 ans, il serait sage de passer le témoin.

Rien n’y fait. Willy Gonin s’accroche, arguant qu’un syndic sans ennemi n’est pas un bon syndic et qu’il a encore la passion nécessaire pour assumer la fonction, parallèlement à la conduite de son exploitation de 50 hectares et de sa porcherie de 1500 cochons.

Il devait être écrit quelque part qu’il serait le dernier syndic de Gressy, car c’est bien lui qui serrera la main, en mars 2010, de son homologue yverdonnois Daniel von Siebenthal, le soir où la fusion du petit village et de la grande ville est acceptée par les élus des deux communes.

Sa ténacité, Willy Gonin l’avait déjà démontrée enfant, autant quand il trimait dans les champs de ses parents que quand il pratiquait les sports qu’il appréciait: foot, ski et gymnastique. Jeudi, un dernier hommage lui sera rendu au centre funéraire d’Yverdon. (24 heures)

Créé: 30.07.2018, 18h29

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