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L’Union à Boulens, le vrai cœur du village

À la (re)découverte des bistrots emblématiques de notre canton.

Tenanciers et clients sont attablés en semble au café-restaurant L'Union à Boulens. De g. à dr: Luc Mégroz, France Line Potterat, le patron Alain "Peta" Pettavel et la serveuse Lise Pache
Tenanciers et clients sont attablés en semble au café-restaurant L'Union à Boulens. De g. à dr: Luc Mégroz, France Line Potterat, le patron Alain "Peta" Pettavel et la serveuse Lise Pache
Philippe Maeder

«Mais t’es fou de t’asseoir là? C’est ma chaise.» Éclat de rire général. Le Café de l’Union, à Boulens, devrait être classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Il constitue en effet l’archétype de ce qu’étaient et de ce que sont encore parfois les bistrots de village. En faisant office de place chauffée, lieu où tout le monde se retrouve et se connaît. «On a une sacrée chance d’encore l’avoir. C’est bien pratique quand on veut organiser une réunion avec une entreprise ou un jubilé», apprécie le municipal Éric Guex, enfant de ce village de 380 habitants situé un peu à l’écart de la route cantonale reliant Cugy à Thierrens.

Le bistrot existe au moins depuis le début du siècle passé, une carte postale accrochée au mur en témoigne. Suite au rachat du bâtiment par une association qui y hébergeait des enfants en situation de handicap, les Boulegnus – le sobriquet des villageois – en ont toutefois été privés durant une vingtaine d’années, jusque dans les années 90. Mais l’Union a fini par retrouver sa vocation première, récupérant au passage une cuisine surdimensionnée puisque prévue pour desservir un futur EMS finalement jamais construit.

Après quelques tenanciers successifs, Alain «Peta» Pettavel fait vivre le lieu depuis 1998, il y a donc précisément vingt ans. «À l’époque, j’étais employé de banque et je trouvais que ça sentait le roussi. C’est en venant fêter un anniversaire ici que j’ai appris que la tenancière voulait remettre.» Ce Lausannois rêvant de longue date d’ouvrir un bar se dit qu’une telle occasion ne se représentera pas. «Débarquer dans un village comme Boulens en ayant des liens parentaux avec personne était plutôt un avantage. La première semaine, j’ai vu passer la moitié des habitants qui venait voir ma gueule. Mais certains ne sont jamais revenus depuis!» «Peta» se marre, presque un tic chez lui. En tout cas, il n’a jamais regretté sa décision, d’autant plus qu’il a rapidement rencontré dans la salle celle qui partage désormais sa vie.

La salle du café, justement, est toute petite, ce qui contribue à créer une ambiance familiale. Le décor renforce ce sentiment: l’horloge en bois ornée d’un écureuil a été peinte par France Line Potterat, qui est en train de boire son café matinal. «J’y viens trois fois par semaine. On se marre toujours bien et ça permet d’être au courant des histoires du village.»

Dans un coin, une vitrine regroupe les coupes gagnées dans les girons et autres challenges par les membres de la société de Jeunesse La Paire regroupant les jeunes de Boulens et du village voisin Peyres – Possens. Juste en dessous, sur le bord du bar, des produits locaux sont en vente: kirsch, sirops, pesto d’ail des ours et le miel de Michel Deluche, assis à un mètre de sa production. «Dites dans votre article qu’on mange très bien ici. Et ils font la meilleure salade du monde. Avec une sauce maison qu’ils n’économisent pas. Comme ça, on n’a pas l’impression de brouter de l’herbe.»

La carte fait la part belle aux plats conviviaux: viandes grillées, pâtes ainsi que plusieurs spécialités au fromage. Beignets, tartiflette et fondue au Brigand du Jorat, le fromage fabriqué à Saint-Cierges, juste de l’autre côté du vallon, au nord de Boulens. Un échange de bons procédés car la raisinée utilisée pour colorer la croûte du fromage est fournie par l’Amicale des Boulegnus.

«Peta» fait aussi tourner son établissement grâce à un concept repris de la précédente tenancière: les soirées à thème mensuelles: tartares, crêpes, fruit de mer ou cuisses de grenouilles. Mais celle qui a le plus de succès est, sans conteste, la soirée africaine organisée en collaboration avec un voisin ivoirien. «Je reçois déjà des demandes de réservations, alors qu’on n’a pas encore fixé la date», rigole encore le patron.

Heureusement donc que cette soirée se déroule en été, car la trentaine de places disponibles entre le café et la salle à manger serait prise d’assaut. L’été est aussi la période où vit la sympathique petite terrasse attenante, sur laquelle le patron a souvent de la peine à faire respecter les horaires de fermeture. «Heureusement, la plupart de ceux qui pédzent habitent juste autour du café.»

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