A la Vallée, le tremplin va sauter les Jeux olympiques

JOJ2020Le centre nordique prévu par les Combiers en vue des Jeux olympiques de la Jeunesse, en janvier 2020, passera son tour. Le projet, conçu en terres protégées, doit être «réajusté» après consultation de l'Etat et des ONG.

Prévu pour la relève des sports d'hiver, soutenu par les élus, associé aux JO de la jeunesse... la Vallée avait tout prévu pour son centre nordique. Sauf la protection du paysage, qui accorde à la Vallée une importance nationale.

Prévu pour la relève des sports d'hiver, soutenu par les élus, associé aux JO de la jeunesse... la Vallée avait tout prévu pour son centre nordique. Sauf la protection du paysage, qui accorde à la Vallée une importance nationale. Image: DR

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Caramba. Après Morges, retoqué mercredi par son Conseil communal sur le réaménagement de sa patinoire en vue des épreuves de curling des Jeux de la jeunesse en janvier 2020, c’est au tour de la Vallée de présenter une forme peu olympique.

Le Canton, la Commission cantonale pour la protection de la nature, la Commission fédérale du paysage ainsi que plusieurs ONG ont émis des réserves plus ou moins prononcées lors de la consultation du dossier combier. À la fin de l’année dernière, il s’agissait de trois tremplins de saut à skis, d’un ensemble de pistes et d’installations, du système de neige artificielle et d’entraînement estival. Tout un centre de performance nordique devisé à 6,4 millions de francs, alors que la Vallée était censée n’accueillir que les épreuves de ski de fond des JOJ. «C’était de quoi profiter de l’élan des Jeux et assurer l’avenir des sports d’hiver à la Vallée», explique le municipal du Chenit, Bertrand Meylan.

Chef du saut à skis romand, le conseiller communal socialiste Sébastien Cala va plus loin. «Ce projet, c’était le futur de la discipline en Suisse romande, des pistes de 10, 30 et 50 m destinées aux enfants et aux 14-15 ans. On n’a rien de comparable dans toute la région. On reste optimiste. On se battra.»

«On peine à comprendre»

C’était. Parce que les élus combiers ont entre-temps retiré le tremplin du projet et remis l’affaire du saut à des jours meilleurs. «C’est principalement l’Inventaire fédéral des paysages qui pose problème, regrette Bertrand Meylan. On peine à comprendre. Le CIO demande des Jeux faits pour durer, des installations adaptées et humaines. Le Canton aussi. On a le CIO et Swiss-Ski derrière nous. Mais voilà qu’on nous reproche justement la durabilité du projet. Allez comprendre!»

Du côté des ONG, c’est l’impact sur un recoin protégé du territoire qui inquiète. Soit un bassin de rétention d’eau (pour la neige artificielle en hiver et le bétail en été), une piste en dur et un éclairage pour le ski nocturne. «On n’a rien contre les épreuves des JOJ en soi, tant que le terrain est remis en état après, souligne le secrétaire exécutif de Pro Natura Vaud, Michel Bongard. C’est un secteur important, protégé par la loi sur les sites naturels, un paysage de grande qualité. La Vallée a aussi un rôle à jouer dans sa préservation.» Les défenseurs de la nature ne cachent pas également veiller sur les JOJ en prévision des JO de Sion, qui les inquiètent.

Le fond mais pas le saut

Pour la Direction générale de l’environnement, la question est à deux pans. «La tenue des compétitions de ski de fond des JOJ à la vallée de Joux a été analysée et s’avère compatible avec les objectifs de protection du site, ainsi qu’avec le régime forestier et agropastoral du secteur. En revanche, ériger plusieurs tremplins de saut à skis aux Grandes-Roches s’y oppose.»

Sébastien Cala n’en revient pas. «Ce sont des tremplins pour enfants, ils ne dépassent pas la cime des arbres. Il y a moins d’atteintes au paysage qu’en face.» Il pense au tremplin de la Chirurgienne, haut lieu du saut à skis européen, aujourd’hui peu à peu recouvert par les sapins. Bref.

À l’heure actuelle, les Combiers espèrent présenter leur plan d’affectation réajusté et limité, pour ce qui est des bâtiments, au réaménagement de la colonie de vacances de Morges, aux Grandes-Roches, dans un prochain Conseil communal. Sans oppositions trop importantes lors de la mise à l’enquête, le projet pourrait être prêt à temps pour 2020, assurent les Combiers. «Ce qu’il faut voir c’est que notre concept va au-delà des JOJ, lance le chef du projet, le président du ski club de la Vallée Dominique Rochat. Notre but est de faire participer les écoles, de faire des ateliers, du skicross, du sprint, du chronomètre… Il y a un réel engouement pour l’avenir de nos sports d’hiver. On y arrivera!»

Certes. Mais vu les délais, n’y a-t-il pas un risque que le ski de fond soit déplacé aux Tuffes, en France voisine? C’est là que doivent déjà avoir lieu le combiné nordique, le saut à skis et le biathlon. «S’il le faut, on trouvera une autre solution, conclut le municipal. Ces jeux auront lieu sur place.» (24 heures)

Créé: 10.02.2018, 09h01

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