Une Vaudoise a volé des milliers de billets de loterie

JusticeL’employée de station-service a commis ses méfaits sur son lieu de travail. Pas de bol, elle a été attrapée deux fois.

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Image d'illustration. Image: JEAN-PAUL GUINNARD - A/Keystone

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«Le loto, c’est facile, c’est pas cher et ça peut rapporter gros.» Cette habitante du Nord vaudois avait-elle cet ancien slogan publicitaire en tête quand elle s’est mise à chiper des billets de loterie à son employeur en décembre 2016? Jusqu’à son licenciement quinze mois plus tard, la quadragénaire a piqué pour plusieurs dizaines de milliers de francs de tickets – et accessoirement pour 5000 francs de cigarettes – dans la station-service de la région lausannoise où elle travaillait. Rebelote trois mois plus tard, toujours dans une station-service, mais à Orbe cette fois-ci, où elle a retrouvé du boulot. Si le montant de son forfait sur les tickets à gratter est un peu moins important, elle a encore détourné pour 820 francs de bons d’essence et volé pour 4400 francs de clopes. Le tout en deux mois.

Pour le procureur Gabriel Moret pas de doute, la prévenue s’est rendue coupable de vol par métier. Pour un montant total sur lequel les deux parties ne parviennent pas à s’entendre, mais qui s’inscrit dans une fourchette allant de 80'000 francs à 200'000 francs. Et ce n’est pas la prévenue qui les aidera à boucler les comptes: le trouble neurologique fonctionnel dont elle souffre lui occasionne de graves pertes de mémoire, notamment.

«Elle ne se souvient même pas de sa date de naissance et du prénom de ses deux enfants»

Si elle fait amende honorable et admet ses torts, elle est donc en revanche bien incapable d’estimer le montant global de ses forfaits, tout comme les gains qu’elle a pu retirer des billets gagnants… «Elle ne se souvient même pas de sa date de naissance et du prénom de ses deux enfants», souligne son avocat, Me Baudraz, qui rappelle l’enfance douloureuse de sa cliente, élevée par son oncle après que son père a tué sa mère.

Quoi qu’il en soit, si le mal qui la frappe était sans doute préexistant à toute cette affaire, il a été diagnostiqué après les faits. Entre son second licenciement et son interpellation. Y voyant une forme d’autopunition pour sa cliente, MeBaudraz a ainsi envisagé de plaider pour une condamnation avec exemption totale de peine. Ce qu’il a effectivement fait, mais pour une autre raison. Tout récemment, la prévenue a passé une convention avec ses deux anciens employeurs: moyennant un remboursement de 84'000 francs – montant séquestré pendant l'instruction –, ces derniers ont retiré leur plainte déposée dans le courant du deuxième semestre 2018.

Pas de quoi faire réviser son jugement au représentant du Ministère public. «Elle a été licenciée une première fois, dès que le pot aux roses a été découvert. Trois mois plus tard, elle remet la compresse...» rappelle Gabriel Moret. Et d’exiger une peine privative de liberté de 20 mois, assortie d’un sursis pendant 3 ans. Verdict en fin de semaine.

Créé: 20.01.2020, 18h51

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