[VIDÉO] La HEIG-VD décrypte l’intelligence artificielle

ScienceUn projet tente de percer la manière dont les réseaux de neurones artificiels prennent leurs décisions.

Vidéo: Fabien Grenon

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Filmé, notre visage apparaît sur l’écran d’ordinateur. À côté de l’image, un graphique représentant en pour-cent cinq émotions: la joie, la colère, la tristesse, la peur et la surprise. Les compteurs sont à zéro. Puis, on sourit et en direct la joie monte en flèche. On écarquille les yeux, le pourcentage de peur et de surprise s’étoffe. «Nous voulons montrer au public les capacités actuelles de l’intelligence artificielle», confie Carlos Peña, professeur à l’Institut des technologies de l’information et de la communication de la Haute École d’ingénierie et de gestion du Canton de Vaud (HEIG-VD). Avec l’aide de deux assistants de recherche, il a élaboré le programme DeepEmotions, permettant de lire les émotions sur le visage.

Un programme qui sera présenté ce vendredi après-midi dans le cadre des portes ouvertes de la HEIG-VD, dont le thème est cette année «4.0 préparons le futur». «Via une grande base de données d’images, le système a appris à décrypter les émotions. Il retient comme particulièrement déterminant la zone des sourcils et de la bouche», explique Jeremie Despraz, un des assistants. Pour quelle raison? «Cela est justement le cœur de notre projet de recherche», sourit Carlos Peña. Le professeur est l’un des rares en Suisse à se pencher sur la manière dont les réseaux de neurones artificiels prennent leurs décisions. Car si l’intelligence artificielle est aujourd’hui largement utilisée, la façon dont elle réfléchit et agit reste un mystère. «Et dans certains contextes, il est essentiel de comprendre et d’expliquer son raisonnement. Je pense notamment aux systèmes autonomes, comme les voitures, mais aussi à toutes les machines qui interviennent dans le secteur légal ou médical. La Commission européenne est d’ailleurs en train d’élaborer un projet de loi concernant le droit à l’explication.»

Aide à la décision médicale

Pour déterminer comment agit l’intelligence artificielle mais aussi mieux mettre en exergue ses limites, Carlos Peña et Jeremie Despraz se consacrent depuis deux ans au projet Deep Rule EXtraction (D-Rex). Un projet qui a été financé à hauteur de 250 000 par la Fondation Hasler, soutenant des recherches novatrices dans le domaine des technologies de l’information et des communications. «Nous travaillons avec des banques d’images et nous essayons de trouver les règles sur lesquelles se base l’intelligence artificielle pour les trier, puis d’en comprendre la logique», détaille Jeremie Despraz.

«Nous essayons de trouver les règles sur lesquelles se base l’intelligence artificielle pour les trier, puis d’en comprendre la logique»

Les chercheurs visent une application de leur recherche dans le domaine médical. «Nous collaborons avec des médecins travaillant à l’Unité des soins intensifs de l’Hôpital de l’Île à Berne, souligne Carlos Peña. Notre but est d’élaborer un système d’aide à la décision. En clair, une application qui aide le médecin à poser un diagnostic. On utiliserait l’intelligence artificielle pour agréger une somme de données sur le patient. Le médecin se verrait proposer plusieurs pistes de réflexion. Puis notre système lui permettrait de comprendre les raisons pour lesquelles ces alternatives ont été proposées. Il pourrait ainsi faire son choix en connaissance de cause.»


Portes ouvertes de la HEIG-VD
Vendredi 16 mars, de 14 h-20 h à l’avenue des Sports 20 à Yverdon
(24 heures)

Créé: 16.03.2018, 06h46

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