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[VIDEO] Le soleil a décidé de bouder le premier vol de «SolarStratos»

L’appareil de l’éco-explorateur Raphaël Domjan a passé son premier test grandeur nature vendredi matin sous le ciel gris de la Broye.

Il est un peu plus de 8 h 30 vendredi sur le tarmac de l’aérodrome de Payerne. La voix de l’éco-explorateur Raphaël Domjan se fait de moins en moins distincte, couverte par le vacarme des deux F/A-18 de l’armée suisse qui décollent derrière lui. Le contraste est saisissant avec le silence quasi religieux qui avait prévalu quelques minutes plus tôt quand son avion solaire stratosphérique se posait, au terme d’une petite escapade d’environ 7 minutes au-dessus du site broyard.

Un saut de puce en quelque sorte, mais un grand bond en avant pour le projet SolarStratos, dont le but initial est d’atteindre l’altitude de 80 000 pieds (24 000 mètres), faisant de cet avion biplace le premier appareil solaire à atteindre la stratosphère.

Entre 7 h 58 et 8 h 06, SolarStratos s’est donc offert un premier tour de piste réussi avec le pilote d’essai Damian Hischier aux commandes. Ce baptême de l’air, l’avion solaire l’a réalisé en l’absence d’un soleil encore extrêmement discret vendredi en début de matinée. Sans pour autant que cela n’influe sur ce vol «historique», effectué 5 ans à un jour près après que Raphaël Domjan eut bouclé le premier tour du monde réalisé à bord d’un bateau solaire.

«C’est même exactement ça, puisque quelques instants avant d’atterrir, j’ai coupé le moteur»

A dire vrai, par sa légèreté, l’avion donnait plus l’impression de flotter dans les airs, à la manière d’un planeur, que de voler. «C’est même exactement ça, puisque quelques instants avant d’atterrir, j’ai coupé le moteur», sourit-il. Et d’expliquer: «Pour atteindre les objectifs qu’on s’est fixés, l’appareil doit faire preuve d’un très grand aérodynamisme. Il est donc compliqué à freiner. Pour un mètre de descente, il parcourt trente mètres horizontalement.»

A côté de lui, Raphaël Domjan ne boude pas son plaisir. «Ce qui est important à mes yeux, c’est de voir ce qui s’est esquissé pendant des mois sur une planche à dessin devenir réel. Pouvoir constater que la théorie rejoint la réalité me réjouit. C’est plus important encore que la durée du vol ou la hauteur atteinte (300 mètres). Je suis fier pour toute l’équipe qui a réussi à faire voler cet avion», reprend le Neuchâtelois dont le QG est installé à Yverdon.

«Bijou solaire»

Le chemin est quoi qu’il en soit encore long jusqu’à la stratosphère. «Nous avons pris un peu de retard. Le vol doit être entrepris en été et nous misons maintenant sur 2019 plutôt que 2018», concède Raphaël Domjan. D’ici là, le prototype dessiné par Calin Gologan sera soumis à toute une batterie de tests, de vols d’essai, qui vont débuter sans tarder. «Nous devons continuer à travailler dur et à apprendre à exploiter le potentiel de ce bijou solaire», poursuit l’initiateur du projet. Lui-même prendra cet été place dans le cockpit de SolarStratos. D’abord comme copilote. «Et j’espère pouvoir prendre moi-même les commandes entre juillet et septembre.»

Prochaine étape marquante, SolarStratos vise un record, cette année encore. L’avion solaire stratosphérique a en ligne de mire le record d’altitude d’un appareil solaire, soit les 9420 mètres atteints par Bertrand Piccard et son Solar Impulse, lui aussi présent à Payerne. «Je l’ai invité à battre ce record avec moi, à bord de notre appareil», sourit Raphaël Domjan.

Au-delà de l’aventure strato­sphérique – dont le point de départ n’est pas encore défini –, le projet SolarStratos vise aussi à démontrer le potentiel des énergies renouvelables. Et le quadragénaire d’évoquer des court-courriers «électriques» Genève-Paris d’ici à 15 ans. «Nous voulons démontrer qu’avec les technologies actuelles, il est possible de réaliser des prouesses qui dépassent le potentiel des énergies fossiles. Notre avion pourra voler à 25 000 mètres, ouvrant une porte sur une aviation électrique solaire à haute altitude qui n’a encore jamais été tentée.» Un discours qui plaît particulièrement à Nicolas Bideau, le directeur de Présence Suisse présent vendredi sur la base payernoise: «Une telle aventure, qui promeut en plus les énergies renouvelables et la recherche dans le domaine, c’est une superéquation en termes d’images pour la Suisse à l’étranger.»

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