«Je ne suis ni un voleur ni un receleur de moutons»

FaougL’acheteur des ovins dérobés à Vevey est très affecté par cette affaire. Les propriétaires le soutiennent.

Les ruminants n’ont pas été retrouvés à Payerne mais à Faoug, non loin d’Avenches.

Les ruminants n’ont pas été retrouvés à Payerne mais à Faoug, non loin d’Avenches. Image: DR

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«Cette affaire est un sale coup pour moi, confie un berger retraité de Faoug, la gorge serrée par l’émotion. Quand j’ai acheté ces moutons, j’étais loin d’imaginer qu’ils avaient été piqués il y a quelques jours à Vevey. Lundi, lorsqu’un copain m’a parlé d’un vol après avoir lu les journaux, j’ai directement contacté la police.»

Contrairement à ce qu’expliquait dans nos colonnes France-Anne Perret, la compagne de l’éleveur du petit troupeau de ruminants dérobé dans la nuit de la Saint-Valentin dans les hauts de Vevey, les 24 brebis et agneaux ne sont pas réapparus à Payerne mais dans le village situé au bord du lac de Morat, non loin d’Avenches. «Je ne voulais pas être trop précise, explique-t-elle au téléphone, mardi. Je voulais garantir l’anonymat de l’éleveur qui les a achetés, car il est aussi une victime dans cette histoire.»

Pilule amère

Ce dernier ne le cache pas: la pilule est très dure à avaler. D’autant plus qu’il a lui-même été victime de vols par le passé. «En 2008, on m’a dérobé une centaine de moutons, reprend le malheureux éleveur. Je connais la tristesse et la colère qu’on ressent dans ces moments-là. Je ne veux pas qu’on pense que je suis un magouilleur. Je ne suis ni un voleur ni un receleur de moutons.» Il y a douze ans, cette affaire avait fait les gros titres de la presse. Les médias estimaient même qu’il s’agissait de l’un des plus gros vols de bétail connus dans la Broye (lire encadré).

«Les gens doivent savoir que l’acheteur est d’une honnêteté rare et que nous ne pourrons jamais assez le remercier»

France-Anne Perret, la compagne du propriétaire des moutons dérobés

«J’ai le cœur qui se serre quand je pense à ce pauvre monsieur, confie France-Anne Perret, qui devrait récupérer ses bêtes jeudi. Les gens doivent savoir qu’il est d’une honnêteté rare et que nous ne pourrons jamais assez le remercier. Nous voulons faire un geste pour l’argent qu’il a perdu dans la transaction. Mais avec nos quatre enfants, nous ne pouvons pas nous permettre de lui donner des sous. On veut en tout cas rester en contact avec lui. Si on peut s’aider mutuellement...»

Bêtes à prix cassé

Concernant le déroulé des faits, le berger retraité explique avoir été contacté en fin de semaine passée par un homme. Ce dernier voulait lui vendre à prix cassé brebis et agneaux «à cause de problèmes de liquidités». «Je lui avais déjà acheté deux ou trois bêtes l’année dernière, dit-il, très ému. Je ne vais pas vous dire combien j’ai payé. Je pense que je ne reverrai jamais cet argent, mais je n’en mourrai pas.»

L’éleveur de Faoug annonce qu’il déposera une plainte. «Ce type est une crapule, un fumier et une ordure, s’emporte-t-il, avant de revenir à de meilleurs sentiments. L’essentiel, c’est que les animaux aillent bien. Je m’en occupe et je les soigne correctement en attendant qu’ils repartent chez eux (ndlr: vers Gilamont). D’ailleurs, deux petits sont nés chez moi.»

Du côté de la police cantonale, qui annonçait lundi ne pas avoir de certitude sur les bêtes en cours d’identification, on ne communiquera pas avant jeudi. Cependant, les propriétaires domiciliés à Saint-Triphon et l’acheteur de Faoug parlent aujourd’hui d’une seule et même voix: les moutons broyards sont bel et bien ceux qui ont été volés sur la Riviera.

Créé: 18.02.2020, 18h53

L’acheteur grugé s’était déjà fait voler

L’éleveur broyard est d’autant plus sensible à ce vol que ce n’est pas la première fois qu’il est mêlé à une affaire du genre.

À deux reprises, à l'automne 2007 et au printemps 2008, il avait été la principale victime d’un malfrat: quinze bêtes lui étaient soustraites la première fois et une centaine la seconde.

Si le berger a à chaque fois déposé une plainte, c’était davantage pour la forme que dans l’espoir de retrouver ses ovins. Mais l’auteur du délit allait être pincé deux ans plus tard de façon rocambolesque.

Parti acheter une brebis dans le Gros-de-Vaud à l’été 2010, le berger reconnaît sur place une des bêtes disparues à une malformation sur sa tête. La barrette qu’elle porte à l’oreille confirme son identité, le voleur n’ayant pas pris la peine de changer ce passeport pour animal.

Vexé d’apprendre qu’il a acheté des moutons volés, l’agriculteur du Gros-de-Vaud convient d’un nouveau rendez-vous avec le ravisseur. Un rendez-vous au cours duquel il prend surtout soin de relever le numéro d’immatriculation de son véhicule pour s’empresser de le communiquer à la police.

Interpellé, le malandrin –un Fribourgeois d’une vingtaine d’années? a été condamné à 120 jours-amende avec sursis et à une amende de 800 francs pour vol.

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