Voyage dans le temps à bord d'un train à vapeur

VidéoA l'occasion des 125 ans de la ligne ferroviaire Yverdon-Ste-Croix, une locomotive à vapeur de 1913 reprend du service le temps d'un week-end.

Gare de Baulmes: la loco a fait le plein d’eau. Elle est prête à affronter la pente vers Sainte-Croix.

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Gare d’Yverdon, mercredi matin peu après 9h. Sur le quai de l’Yverdon-Ste-Croix (YSC), la cheminée d’une superbe locomotive à vapeur de 1913 crachote de la fumée grisâtre. À bord de la cabine, un gros tas de charbon, une chaudière rougeoyante et quatre personnes, équipées en conséquence (casquettes d’époque, bleu de chauffe qui virera bientôt au noir et foulard rouge). La vieille mécanique fascine toujours autant à en croire les nombreux photographes amateurs présents, prêts à flasher les premiers mouvements d’une machine qui semble piaffer d’impatience.

Encore quelques minutes et le mécano, les deux chauffeurs et le pilote libéreront la loco et ses deux wagons, direction Sainte-Croix, pour une course d’essai en vue des trajets officiels du week-end. Inaugurée en 1893, la ligne ferroviaire Yverdon - Ste-Croix (YSC) fête en effet samedi et dimanche ses 125 ans. L’occasion idéale pour découvrir les sensations d’un voyage à l’époque où la vapeur se mettait au service de la mécanique pour convoyer les voyageurs.

Une pente à 44 pour mille

Pour l’occasion, Travys s’est approchée de La Traction. L’association jurassienne a mis à disposition de la société qui exploite la ligne nord-vaudoise ce convoi et son personnel. Premier objectif pour l’équipage: atteindre Baulmes où la chaudière fera le plein d’eau afin d’affronter dans les meilleures conditions possibles la pente finale, qui ascende par endroits à 44 pour-mille, entre Six-Fontaines et Trois-Villes. «Entre Glovelier et Saignelégier, où nous avons l’habitude de circuler, la pente atteint même 50 pour-mille, mais sur 2,5 kilomètres seulement. Ici, il va s’agir de maintenir la pression sur plus d’une dizaine de kilomètres», sourit Martin Gay. C’est lui, le chauffeur, qui a pour mission de réapprovisionner le foyer en charbon. «On doit toujours réfléchir, car il se passe dix minutes entre la pelletée et le moment où le charbon brûle. En clair, s’il n’y a plus de pression, c’est de ma faute…» sourit-il. Pour s’éviter des ennuis, le chauffeur observe religieusement la fumée, un peu comme les fidèles un jour d’élection au Vatican. Elle est noire quand le combustible vient d’être déposé sur la grille. «Quand la cheminée ne fume plus, c’est que la chaudière libère toute son énergie. C’est à ce moment-là qu’il faut recharger.» Il doit aussi bien calculer son coup: car à l’intérieur des tunnels, il est formellement interdit d’alimenter le foyer à cause des retours de flammes.

Dix minutes d’avance…

À mi-parcours à Baulmes, les sourires sont de mise. Le convoi ne s’est pas contenté de respecter le timing prévu, il a près de dix minutes d’avance. Il ne concède d’ailleurs que quatre minutes aux courses actuelles sur un tronçon au cours duquel il n’a toutefois pas dû s’arrêter en gare pour croiser, faire monter ou descendre des passagers. Petit anachronisme toutefois pour le ravitaillement en eau: la borne hydrante et le tuyau de pompier ont remplacé le château d’eau.

À 9h55, le train redémarre et c’est à peine si on le sent contraint à plus d’efforts dans la pente. En cabine, la température monte jusqu’à 50°… À la sortie des tunnels qui précèdent et suivent les Rapilles, les dégagements de fumée vers l’arrière sont spectaculaires, pour le plus grand bonheur des passagers. Et ceux qui mettent le nez à la fenêtre pour mieux les apprécier sont quittes pour un petit shampooing à la suie. Arrivé à Sainte-Croix, le personnel est noir, mais rayonne. Le train a maintenu son avance sur le programme. «On a pratiquement roulé tout le long à 40 km/h», se réjouit Martin Gay. (24 heures)

Créé: 30.08.2018, 15h44

Programme de fête

Samedi:

Le train à vapeur effectue la navette aller-retour jusqu’à Trois-Villes. Départs à 11h50, 12h50, 13h50 et 14h50. 19 francs (12 francs pour les enfants). À 18h, le train redescend à Yverdon. 39 francs (19 francs enfant). Sinon, une buvette est ouverte dès midi. Un simulateur de conduite de train (12h - 18h), des concerts (15h30 - 17h30), des ateliers culinaires (13h30 - 17h30) et des spectacles de cirque (13h - 17h) animeront la journée.

Dimanche:

Programme identique à la veille, mais dès 10h. En plus, un photographe à l’ancienne sera présent pour immortaliser votre présence (11h - 17h). L’horaire des navettes et du train de retour ne change pas.

Durant l’année:

Une exposition historique a été montée à l’intérieur de la gare de Sainte-Croix. Par ailleurs, dans toutes les gares de la ligne un grand panneau a été dressé sur le quai, qui donne des indications sur l’histoire de la société, en lien direct avec le lieu où l’on se trouve.

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