«Y-Parc est une miniversion de la Silicon Valley»

Au terme d’une année 2018 «record», le Parc technologique lance son premier «Yearbook».

Juliana Pantet est revenue dans la ville qui l’a vu naître après avoir passé une vingtaine d’année aux Etats-Unis. Dont plusieurs années actives au sein de la Silicon Valley.

Juliana Pantet est revenue dans la ville qui l’a vu naître après avoir passé une vingtaine d’année aux Etats-Unis. Dont plusieurs années actives au sein de la Silicon Valley. Image: PATRICK MARTIN - A

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Associer dans la même phrase Silicon Valley et Y-Parc semble aussi désarçonnant que de comparer San Francisco à Yverdon-les-Bains. Et pourtant la directrice du parc scientifique et technologique d’Yverdon, qui vient de vivre une année record (notre édition du 4 juin), ne se prive pas d’user de cette comparaison. Surtout quand elle évoque l’esprit américain qu’elle essaie d’insuffler sur le site nord-vaudois qu’elle dirige depuis deux ans. Interview.

Juliana Pantet, est-il vraiment raisonnable de mettre en parallèle ces deux pôles?
Quand je suis arrivée ici, j’ai été frappée par le potentiel et l’écosystème qu’on trouve à Y-Parc. Ça m’a rappelé ce que j’ai découvert il y a une douzaine d’années dans la Silicon Valley. Soit des entreprises, des PME, des start-up, des multinationales, mais aussi des instituts de recherche liés à la HEIG-VD qui cohabitent dans un même environnement.

Vous parlez en toute connaissance de cause… Parce que j’ai vécu une vingtaine d’années aux États-Unis, où je suis arrivée à 13 ans. Après mes études de droit à Seattle, j’ai obtenu mon doctorat à San Francisco. Et j’ai surtout travaillé comme déléguée commerciale pour le Consulat général du Canada, responsable du volet technologique des entreprises canadiennes qui souhaitaient s’implanter dans la Silicon Valley. J’ai ainsi découvert cet écosystème et pris conscience de l’importance qu’il revêt.

Et vous avez vraiment retrouvé ça à Yverdon?
Y-Parc est pour moi une miniversion de ce que j’ai vu là-bas, oui. Mais j’ai aussi constaté que beaucoup de choses nous faisaient défaut. Le manque d’investisseurs, notamment, est à un degré critique. Nous avons toutefois la possibilité de développer un réseau sur le parc. Nous avons des investisseurs, mais ils agissent de manière individuelle, et nous étudions la possibilité de créer une structure qui les fédérerait.

Quelle autre source d’inspiration avez-vous ramenée de Californie?
Ce ne sont pas seulement les start-up qui ont fait bouger la Silicon Valley. C’est l’échange, le partage d’expérience, le soutien entre les entreprises. J’ai donc créé un panel d’experts à qui les start-up d’Y-Parc, jeunes et moins jeunes, peuvent s’adresser: avocats, fiduciaires et même des spécialistes dans la levée de fonds. Pour le soutien aux sociétés plus avancées (PME, multinationales), nous avons créé un pôle d’entrepreneurs qui s’installera dans le futur bâtiment de services Explorit. On y trouvera aussi un fitness, une garderie et d’autres services qui facilitent les rencontres et favorisent le dialogue. Il se dit souvent qu’à la Silicon Valley la plupart des gros deals (investissement, acquisitions d’entreprises) se sont faits autour d’un café.

À votre sens, l’expérience des «aînés» est donc primordiale
? En Californie, beaucoup d’entreprises à succès ont décidé de soutenir la jeune génération en donnant leurs conseils, leur temps et leur argent et en partageant leur réseau. C’est même une des bases du développement qu’a connu la Silicon Valley. Cette volonté de redonner aux jeunes entreprises, c’est un aspect qui est au cœur de la culture américaine. À Y-Parc, on appelle ces sociétés des «alumni». Et nous sommes heureux de pouvoir compter sur le parc des Snap, NetGuardians ou Ecorobotix, qui sont passés par notre incubateur et qui, après avoir grandi, ont déménagé tout en restant sur le site et continuent d’échanger avec nos jeunes start-up.

«L’esprit américain» se retrouve aussi dans certaines initiatives qui touchent davantage à la sphère du loisir, non?
Tout à fait. Et Y-Parc n’a pas attendu mon arrivée pour en organiser. Nous mettons sur pied une Saint-Nicolas depuis sept ans et une Chicken Party depuis cinq ans. Cette dernière va cependant évoluer cet été, faisant place au nouveau concept d’Y-Parc Night. Les résidents du parc auront davantage de temps qu’à midi. Elle aura lieu la veille au soir de l’ouverture de Numerik Games, qui se tient dans nos murs. Ceux qui y participent pourront ainsi découvrir le festival en avant-première.

Une autre nouveauté très marquée États-Unis a été dévoilée lors de l’assemblée générale du début du mois...
Nous avons en effet réalisé pour la première fois un yearbook, un peu à la manière de celui qui est édité chaque année dans les high schools et certaines universités américaines. On n’y trouve pas la galerie de portraits des 1582 collaborateurs du parc, mais on retrace ce qui s’est passé à Y-Parc ces douze derniers mois. Il est vrai qu’on a profité de l’année record que nous venons de vivre – plus de 300 millions d’investissements et l’arrivée d’une dizaine d’entreprises, dont certaines de grande taille, en 2018 – pour lancer ce projet. Et comment a-t-il été accueilli?
Bien, très bien. Nous nous sommes évidemment focalisés sur les grandes nouvelles, ce qui fait que tout le monde n’y figure pas. Mais certains patrons, qui ont ainsi découvert le succès de leurs voisins, m’ont déjà demandé d’apparaître dans le prochain.

Créé: 17.06.2019, 06h56

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