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À Yverdon, la grève des femmes bat son plein

Près de 300 personnes étaient réunies sur la place Pestalozzi. À 16 h 30, le cortège emmené par les grévistes s'est rendu à la gare.

À 16 h 30, un cortège se formera et emmènera les grévistes jusqu’à la gare.
À 16 h 30, un cortège se formera et emmènera les grévistes jusqu’à la gare.
Antoine Hürlimann

«Patriarcat, t’es foutu. Les femmes sont dans la rue!» Environ 200 personnes scandaient des slogans et brandissaient des pancartes sur la place Pestalozzi, à Yverdon-les-Bains, ce vendredi à 11 h 30. Malgré la pluie et le peu de monde présent deux heures plus tôt, une foule importante s’est finalement formée à l’heure de la lecture de l’Appel à la grève.

«J’étais au même endroit en 1991 lors de la première grève des femmes, confie Evelyne Lavanchy, une infirmière de formation de 64 ans. C’est important pour moi d’être à nouveau présente, par respect pour tout ce qui a été accompli depuis, mais aussi parce que je crains un retour en arrière. Par ailleurs, l’égalité salariale n’est toujours pas une réalité. À l’époque, c’était ma priorité.» Vingt-huit ans plus tard, c’est toujours le cas.

Non loin de là, l’ancien conseiller d’État socialiste Pierre-Yves Maillard se tient devant un stand monté pour l’occasion. Sous ses yeux, la présidente PLR du Conseil communal de la cité thermale, Catherine Carp, discute avec des grévistes. «Je ne soutiens pas ce mouvement et n’y participe pas, explique l’élue sans passer par quatre chemins. Je m’occupe de mes petits-enfants cet après-midi pour que ma fille puisse faire la grève. J’estime que nous sommes protégées sur beaucoup d’aspects et qu’on peut faire avancer la cause des femmes et des hommes autrement.»

Cet avis n’est de loin pas partagé par les manifestants. «On doit encore et toujours lutter pour l’égalité, notamment des salaires, assure Fanny György, 18 ans. C’est inscrit dans la Constitution depuis longtemps et c’est extrêmement choquant que cela ne soit toujours pas respecté.» Maëlle Daridon, 20 ans, ajoute: «J’ai l’impression qu’il y a un grand changement au niveau de la prise en compte des femmes trans ou encore des personnes non binaires. De plus, les hommes ont aussi beaucoup de pression à cause du patriarcat. Pour moi, on doit aujourd’hui instaurer une réelle égalité entre les gens plutôt que de revendiquer spécifiquement les droits des femmes.»

Direction Lausanne

À 15h24, l'heure à laquelle - en prenant en compte la différence salariale moyenne - les femmes ne sont plus payées, des discours se sont enchaînés sur la place Pestalozzi. Sous le soleil, des personnes ont afflué pour écouter les prises de parole. Carmen Tanner, municipale Verte et membre du collectif local de la grève des femmes, s'est notamment exprimée face à près de 300 manifestants: «Vous connaissez ma fonction. Mais depuis peu, je suis aussi «la première femme à être enceinte dans un Exécutif vaudois». Ce statut est choquant car nous sommes en 2019 et qu'il s'est passé 60 ans depuis le droit d'éligibilité et de vote des femmes au niveau vaudois.»

Plus tard dans l'après-midi, vers 16 h 30, un cortège s'est rendu à la gare. De là, une partie des manifestants a pris un train en direction de Lausanne pour aller manifester.

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