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À Yverdon, le Noël des démunis a réuni plus de 700 convives

Face à la forte affluence, Noël Ensemble, événement organisé sous l’égide de la Ville, a été contraint de refuser du monde.

Les enfants présents le 24 décembre au soir à la Marive sont tous repartis avec un petit cadeau.
Les enfants présents le 24 décembre au soir à la Marive sont tous repartis avec un petit cadeau.
D.R.

Pour la septième année consécutive, le Service jeunesse et cohésion sociale et ses partenaires associatifs proposaient aux habitants d’Yverdon de venir passer Noël à la Marive le 24 décembre au soir, pour 5 francs. Au programme, un repas de fêtes complet, diverses animations et même des cadeaux pour les enfants présents. Cette cuvée 2019 a eu un succès particulièrement retentissant: au total, en comptant la centaine de bénévoles s’activant sur place, plus de 700 personnes – dont 200 enfants – se sont rassemblées pour partager un moment dans la salle ornée de guirlandes colorées et d’autres décorations hivernales en tout genre. Soit 400 de plus que lors de la première édition.

La plupart des personnes sont venues pour échapper à une solitude pesante en cette veille de Noël, mais pas seulement. Des familles se sont également pressées pour festoyer dans la salle polyvalente. «La majorité des convives participe parce qu’elle ne pourrait pas s’offrir une fête de Noël ou parce qu’elle n’aurait personne avec qui la partager, explique Gilles Pellerin, un des coresponsables de la manifestation. D’autres, qui auraient les moyens de se réunir ailleurs, viennent tout de même dans le but de partager un moment convivial. Pour nous, cela ne fait pas de différence: tout le monde est le bienvenu.» Le municipal en charge de la Cohésion sociale complète: «Cette forte affluence, année après année, traduit un réel besoin d’une partie de la population, analyse Jean-Claude Ruchet. Il y a un peu de mixité sociale lors de cette soirée, bien sûr, mais ce sont plutôt des gens en situation de précarité qui font le déplacement. La première fois, cette manifestation était un pari. Aujourd’hui, on sait qu’elle est indispensable.»

«Cette forte affluence, année après année, traduit un réel besoin d’une partie de la population»Jean-Claude Ruchet, municipal de la Cohésion sociale

Car plus de 700 individus qui participent à un Noël solidaire dans une ville de 30'000 habitants, «cela n’est pas rien», pour reprendre les mots de Gilles Pellerin. D’autant plus que les organisateurs ont été contraints de refuser du monde, les murs de la Marive ne pouvant pas être poussés indéfiniment. «On ne sait pas si les gens viennent tous d’Yverdon, précise le chef de service Pierre-André Junod, qui a œuvré bénévolement durant la soirée. Il est aussi difficile de dire s’il s’agit de personnes sans moyens, frappées par la solitude, ou non.» Il ajoute: «Dans tous les cas, en voyant la salle bondée, l’utilité de cette manifestation ne fait aucun doute.»

«Ce que je vois sur le terrain, c’est que les gens ont besoin de tisser des liens, assure Joëlle Saffore, présidente de l’association Soupes d’ici et d’ailleurs, qui organise chaque soir de décembre les soupes populaires yverdonnoises. Il y a des personnes à la rue, d’autres avec des addictions, mais aussi des habitants qui veulent juste donner un coup de main ou échanger un sourire.» Celle qui fait par ailleurs partie de l’organisation de Noël Ensemble insiste en substance: cette soirée n’est pas réservée aux démunis, même si elle s’adresse d’abord à eux. «On voit que les parents sont très contents d’avoir un petit cadeau à transmettre à leurs enfants et cela nous touche, confie-t-elle. Pour moi, le plus beau, c’est que les convives doivent transcender la peur de l’autre pour se mélanger. Quand je vois des gens en plein milieu de la salle alors qu’ils étaient dans leur coin au dernier rang l’année devant, là, je crie victoire.»

Des changements à venir

Si tout le monde s’accorde à dire que cette fête de Noël s’est progressivement imposée comme une offre indispensable de la cité thermale, il n’empêche que ses organisateurs doivent maintenant se réunir autour d’une table pour pallier quelques soucis. «Pour accueillir autant de monde dans de bonnes conditions, nous devons trouver de nouvelles solutions, reconnaît Gilles Pellerin. Nous sommes arrivés à saturation cette année et avons atteint les limites du bénévolat. Il y aura donc des changements indispensables en 2020.» Certains sont déjà esquissés. «Nous allons étudier la possibilité de créer un système de réservations pour être au plus juste avec les quantités de nourriture à préparer», indique-t-il encore.

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