A Yverdon, les référendaires refusent de rendre les armes

PolitiqueDans une ambiance délétère, ceux qui ne veulent pas d’un parking souterrain n’ont plus que deux jours pour obtenir un scrutin populaire.

La création d'un parking souterrain au centre d'Yverdon est au cœur des débats. Le comité référendaire peine toutefois à obtenir les signatures nécessaires. Un échec aurait un important poids politique.

La création d'un parking souterrain au centre d'Yverdon est au cœur des débats. Le comité référendaire peine toutefois à obtenir les signatures nécessaires. Un échec aurait un important poids politique. Image: Ville d'Yverdon

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Ce n’est pas encore un duel au fleuret à l’aube, entre les arbres du si décrié ou adulé parc Japonais. Mais presque.

Lancée il y a bientôt un mois à Yverdon dans des circonstances déjà rocambolesques, la récolte de signatures pour la mise en place d’un référendum sur le projet de parking souterrain de la place d’Armes, projet de ce début de siècle dans le Nord vaudois, fait encore des siennes.

«Les feuilles signées continuent d’arriver et on sent que les gens veulent ce référendum, même parmi les convaincus»

Mardi durant toute la journée, la rumeur courrait partout que le comité référendaire allait tirer la prise, au point que les partisans du projet se réjouissaient déjà de son échec, dans l’œuf, à deux jours du délai légal agendé jeudi. Il leur faut un peu plus de 3000 paraphes. Un chiffre qui ne sera vraisemblablement pas atteint d’après nos informations. C’est faux, jure le référendaire Alain Doll. Le groupe citoyen, proche des milieux associatif et écologiste, jure de se battre jusqu’au bout et de ne déposer les armes que jeudi matin. «C’est dur, concède Alain Doll. Mais les feuilles signées continuent d’arriver et on sent que les gens veulent ce référendum, même parmi les convaincus.»

Verdict jeudi donc. Reste que l’ambiance est révélatrice des tensions qui demeurent sur le projet, qui a divisé la plupart des partis en place. La figure de proue du référendum se dit partout «déçue de s’être fait attaquer et traitée de tous les noms d’oiseaux par des élus». En face, la droite Yverdonnoise ne cesse de critiquer «la désinformation» des référendaires, qui auraient trop lourdement tenté de faire signer la présidente (PLR) du Conseil, et accumulé les maladresses. Au point que le parti en est venu à installer tout un stand intitulé «Yverdon-les-Bains, notre Capital(e): Stop à la désinformation!» samedi à deux pas des référendaires et de leur table. «On n’est pas venu s’interposer, mais donner des informations et montrer le préavis, précise le président Laurent Roquier. Yverdon ne va pas augmenter les impôts ou emprunter à 4,5% comme ils l’ont prétendu…»

Là où les deux camps se rejoignent, c’est qu’ils utilisent tous deux dans leurs campagnes les jolies vues de synthèses issues du concours de réaménagement de la surface, remporté en 2014 par un bureau parisien. «C’est bien la preuve que l’épaisseur de terre va manquer et qu’il n’y aura pas d’arbres mais seulement une place minérale», plaide Alain Doll. «On voit que les gens ne veulent clairement plus de la place actuelle, enchaîne Laurent Roquier. Ils demandent un espace vert, avec un parking en dessous.»

Un futur parc

Seul hic, le référendum, s’il a lieu, ne porte pas sur un futur parc urbain. L’objet en question n’est que la concession du sous-sol par la Ville à l’exploitant ainsi que le projet souterrain en soi. La surface, elle, doit faire l’objet d’un préavis distinct. Passons. Reste le signal politique de ces énièmes remous. Opposant au parking pour son impact, notamment, financier, l’ancien chef de l’UDC Roland Villard regrette que «le débat au sein de la population n’ait pas encore eu lieu. Au premier abord, évidemment que tout le monde est pour».

Ailleurs à droite, on se réjouit évidemment déjà, en cas d’échec de l’opération, d’une preuve du soutien de la population au projet en place. Également d’un dégât d’image pour les écologistes, figure de l’opposition durant le débat en plénum, qui se sont contentés d’un soutien minimal aux référendaires. «Sans doute dans la crainte de revivre l’échec du non à la route de contournement», glisse-t-on dans les rangs UDC et PLR.

«Nous avons été jusqu’au bout devant le Conseil, réagit la cheffe de groupe Céline Ehrwein. Maintenant on savait que récolter autant de signatures en période de vacances était un véritable défi, même pour nous. Il y a eu un débat. Et il va continuer. Les Yverdonnois se rendront compte durant et après les travaux de ce qu’on dénonçait. Le temps nous donnera raison.»

Créé: 08.05.2019, 07h48

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