Non, Yverdon ne vire pas ses locataires pour des migrants

PolitiqueUne rumeur lancée sur les réseaux sociaux a rebondi au Conseil de la Ville. L'UDC s'inquiétait de locataires d'immeubles communaux mis à la porte.

Une rumeur a enflammé Yverdon après le départ forcé de cinq locataires de bâtiments communaux.

Une rumeur a enflammé Yverdon après le départ forcé de cinq locataires de bâtiments communaux. Image: Keystone

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Après l’intervention de l’UDC Aude Briand, qui demandait un suivi plus efficace du patrimoine immobilier de la Ville, le parti en a remis une couche sur le parc locatif communal jeudi soir. Au Conseil, Ruben Ramchurn a repris une rumeur abondamment commentée sur les réseaux sociaux: est-il vrai que des locataires d’immeubles communaux, aux loyers contrôlés, ont été mis dehors au profit de réfugiés?

Non, répond le municipal socialiste Jean-Claude Ruchet. «Une fake news de plus, soupire-t-il. Aucun réfugié n’a été placé là, ce serait en outre contraire au règlement. Nous avons contrôlé trois bâtiments et constaté que cinq locataires ne correspondaient simplement plus aux critères d’attribution. Nous les avons accompagnés vers un nouveau logement. Tout s’est bien passé, sauf pour l’un d’entre eux qui s’est abondamment plaint.» Pas de quoi rassurer l’élu UDC, pour qui la question est plus complexe.

«Pourquoi maintenant?»

«Ces loyers n’ont pas été contrôlés pendant trente ans. Pourquoi maintenant? Alors qu’il est possible de rehausser des loyers plutôt que de mettre les gens à la porte, et sans beaucoup de tact.» Sur les révisions, un laisser-aller a effectivement dû s’installer. «Le Canton nous a incités ces dernières années à relâcher les contrôles si les loyers restaient proches des prix du marché. Ils ont augmenté, alors on a revu les dossiers. Ces bâtiments sont soumis au régime des loyers contrôlés. On ne peut pas les réévaluer comme ça.» L’élu nie au passage tout conflit d’intérêts, que lui reprochait entre les lignes le conseiller communal UDC: le municipal est également président de la section régionale de l’ASLOCA, qu’auraient pu saisir les locataires visés par les réévaluations. Le socialiste nie en bloc. «Ce n’est pas nous qui sommes en charge des consultations.»

«Jusqu’à la nausée»

Ce qui n’a pas empêché l’UDC de pointer du doigt le profil des nouveaux locataires – «des familles qui ont deux voitures» – et de dénoncer cette pression sur la classe moyenne, en l’occurrence des immeubles populaires. Tollé dans la salle.

La conseillère socialiste Pascale Fischer a dénoncé ces «échanges jusqu’à la nausée» sur les réseaux sociaux, suivant un appel au respect, à la vérification des sources et aux propos des élus sur la Toile. Dans une autre intervention, sa coreligionnaire Aurélie-Maude Hofer a dénoncé les invectives reçues en ligne par les élus suite à l’introduction de la taxe déchets.

Créé: 08.02.2019, 21h02

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