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Yvonand, premier théâtre insolite pour la bataille des Fédérales

Martin Schnorf a fait basculer la Municipalité du bourg à gauche. En pleine campagne, l’UDC doit-elle s’inquiéter?

Martin Schnorf habite à Yvonand depuis à peine plus d’un an. Il siégera à la Municipalité dès le 7 octobre.
Martin Schnorf habite à Yvonand depuis à peine plus d’un an. Il siégera à la Municipalité dès le 7 octobre.
Odile Meylan

C’est un tournant historique que les électeurs d’Yvonand ont fait effectuer à leur Municipalité dimanche. En préférant pour 11 voix le socialiste Martin Schnorf à l’UDC Anita Burri, ils ont pour la première fois de l’histoire du bourg fait pencher la balance de l’Exécutif à gauche.

Dès le 7 octobre, la répartition politique des sept Sages tapa-sabllia sera la suivante: quatre socialistes, un UDC et deux PLR, dont le syndic Philippe Moser. Cette victoire du parti à la rose dans cette petite localité de 3469 habitants a suscité des réactions jusqu’à Berne. «De bon augure», a commenté sur Twitter Roger Nordmann, président du groupe socialiste au parlement, en faisant allusion aux élections fédérales de cet automne. Si le nouveau municipal nord-vaudois ne veut pas s’avancer «dans des pronostics hasardeux», il estime lui aussi que le cas d’Yvonand est un avertissement: «L’UDC a du souci à se faire dans le canton, c’est une réalité.»

Ces conjectures, Viktor Zeiter ne s’y fie pas. Le chef du groupe UDC au Conseil communal les prend même avec un sourire un brin narquois: «Si seulement Yvonand pouvait avoir une telle influence au niveau fédéral. Ce serait top! Maintenant, si le résultat de cette complémentaire communale peut aider les socialistes à l’échelle nationale, alors tant mieux pour eux…» Un brin amer, il concède tout de même que «jamais un UDC n’obtiendra tacitement un siège», référence à peine voilée à la complémentaire de janvier dernier qui avait vu le PLR Gabriel David succéder à son collègue de parti François Noble sans avoir d’adversaire à affronter.

Des vues UDC divergentes

À l’échelon supérieur du parti agrarien, on ne tient pas vraiment le même discours. «La défaite à Yvonand n’est pas anecdotique, reconnaît Olivier Agassis, président de l’UDC Jura - Nord vaudois et ancien syndic de Bavois. C’était une surprise. Je reste confiant pour le développement de mon parti mais c’est un signal dont il faudra tenir compte, notamment en période d’élections: la gauche prend de plus en plus de place dans nos campagnes.» Toujours selon lui, les citadins partant vivre dans les villages et l’augmentation de la population y seraient pour beaucoup.

Une analyse que partage partiellement Yann Rod, municipal PS à Yvonand de 2010 à 2016. «De nombreux paramètres expliquent notre victoire, tempère-t-il. Nous progressons petit à petit. Depuis 2006, nous sommes le plus grand groupe au Conseil communal. Même sans les Fédérales qui approchent, le résultat aurait été identique.» Martin Schnorf, parti de Lausanne pour s’établir dans le Nord vaudois il y a à peine plus d’un an, abonde dans ce sens: «Je crois qu’il y avait besoin d’un regard neuf et que la population voulait une vraie politique sociale, notamment concernant l’accueil de jour.»

«Suivant les personnes, ça peut être délicat»

Quoi qu’il en soit, le fait est que le syndic Philippe Moser devra composer avec une Municipalité à majorité socialiste. Un problème? L’édile hésite avant de répondre: «Suivant les personnes, ça peut être délicat. Mais je pars du principe que quand on siège à l’Exécutif, on fait passer l’intérêt communal avant l’idéologie politique.»

En soi, l’analyse du nouvel élu se veut rassurante: «Je n’ignore pas que la majorité de ma charge sera liée à des tâches de gestion non partisanes.» Par expérience, Philippe Moser sait aussi qu’il y a peu de votes politisés à l’interne de la Municipalité. «Il y a deux ou trois ans toutefois, nous nous sommes prononcés en faveur de l’ouverture du Denner le dimanche matin. S’il fallait revoter aujourd’hui, je doute que le résultat serait le même. Cela dit, c’est le jeu démocratique et j’espère que dans notre nouvelle configuration nous allons fonctionner en bonne intelligence comme nous l’avons toujours fait.» Là aussi, la réponse de Martin Schnorf devrait lever tout doute quant aux futurs échanges: «Nous sommes très attachés au respect de la collégialité.»

Rendez-vous dans deux ans

Revenant sur le scrutin, Viktor Zeiter en attribue l’issue à la forte mobilisation qui fait partie de l’ADN du parti à la rose. «Ce qui a fait la différence, ce sont les 22 votes blancs. Et à 99%, il s’agit de voix UDC et PLR qui n’étaient pas convaincues par notre candidate. Malgré tout, nous avons fait un joli score.» Quant au basculement historique à gauche, le représentant du parti bourgeois le relativise en termes de timing. «Pour le PS cette élection est tombée au moment idéal. Mais ils n’ont la majorité que pour deux ans. On refera le point au soir des élections générales du printemps 2021.» Manifestement, du côté de l’UDC, le rendez-vous est d’ores et déjà agendé. Idem au PS, qui promet de réfléchir à la syndicature en cas de nouveau succès.

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