Un nouveau bâtiment pour les sciences de la vie à l’UNIL

RechercheLe Canton élabore avec la haute école de quoi répondre aux besoins croissants de la biologie.

La recherche en biologie fait de plus en plus appel à des processus d’automatisation (ici, un robot séquenceur d’ADN au Centre intégratif de génomique de l’UNIL) et de simulation.

La recherche en biologie fait de plus en plus appel à des processus d’automatisation (ici, un robot séquenceur d’ADN au Centre intégratif de génomique de l’UNIL) et de simulation. Image: FLORIAN CELLA

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Ce n’est pas une petite annexe destinée à héberger deux bouts de laboratoire et un automate à boissons. Non, c’est plutôt un bâtiment dont le coût est estimé à plus de 130 millions de francs qui prendra place sur le campus de l’UNIL et qui accueillera en ses murs un aréopage de chercheurs et chercheuses en sciences de la vie, une animalerie, de nombreux laboratoires, un auditoire de 300 places, une cafétéria ainsi que des salles de travaux pratiques pour les étudiants.

Ce projet a déjà été accepté par le Conseil d’Etat vaudois et le parlement cantonal a débloqué pour lui un crédit d’études de 12,8 millions. Ne reste «plus» qu’à mener ces études, organiser un concours d’architectes… et construire la chose. Avec une mise en service en deux étapes: 2021 et 2022.

A la place du Human Brain

Initialement, il était déjà question depuis plusieurs années de lancer la procédure pour construire un nouvel écrin destiné aux sciences de la vie, presque au même endroit. Il devait s’appeler Neuropolis, et une part non négligeable de ses étages était réservée aux équipes du Human Brain Project, le grand projet de recherche européen sur le cerveau coordonné par l’EPFL. Mais, en 2013, la Haute Ecole fédérale a décidé in extremis d’accélérer le mouvement et de profiter des locaux soudainement disponibles dans l’ancien bâtiment de Merck Serono à Genève. Le projet vaudois se retrouvait effacé de la carte.

En réalité, cette «péripétie» n’a pas annulé les besoins en locaux nouveaux pour les sciences de la vie à l’Université. Ceux occupés aujourd'hui par les différentes équipes de biologistes à Dorigny arrivent de toute façon à saturation, avec ou sans Human Brain Project.

«Il faut donner à la biologie les ressources dont elle a besoin»

«Notre faculté de biologie et de médecine est en plein essor, commente le recteur Dominique Arlettaz. Il y a des développements majeurs en médecine, en particulier en oncologie, mais la biologie n’est pas oubliée. Il faut donner à celle-ci les ressources dont elle a besoin, que ce soit en engageant des chercheurs et du personnel, ou en mettant des espaces adaptés à disposition pour qu’ils puissent travailler.»

Des déménagements et des ajouts sont donc au programme, liés d’une part au futur nouveau bâtiment et de l’autre à un second projet (estimé à 43 millions de francs) visant à rénover et à transformer l’Amphipôle, l’ancien Collège propédeutique, autrement dit le premier bâtiment implanté à Dorigny lorsque l’Université a quitté le centre de Lausanne, en 1970.

Neurosciences à Dorigny

C’est ainsi que le Département de neurosciences fondamentales (par opposition à cliniques) quittera le site du Bugnon, en ville de Lausanne, pour aller à Dorigny, dans le nouveau bâtiment. Ce dernier sera doté de salles de travaux pratiques tant pour les étudiants de l’UNIL que pour ceux de l’EPFL. En remplacement de celles, vieillissantes, disponibles aujourd’hui.

Un pôle informatique et enseignement, qui ne nécessitera pas d’installations de laboratoires, prendra place dans l’Amphipôle. Il s’agira de mettre à disposition de l’espace pour ce qu’on appelle la biologie «computationnelle», soit l’utilisation de techniques de simulation pour faire progresser les connaissances en biologie fondamentale (lire ci-contre).

De l'air aux sciences criminelles

L’Amphipôle rajeuni accueillera également l’Institut suisse de bio-informatique (SIB), dont le siège se trouve à Lausanne depuis 2009, mais dont la croissance récente et à venir fait courir le risque d’un déplacement à Genève si les infrastructures ne suivent pas. Enfin le même bâtiment pourra donner de l’air à l’Ecole des sciences criminelles (ESC) de l’UNIL, très à l’étroit également en raison de son développement. Ses locaux actuels, datant de 1991, ont été conçus pour 140 élèves et 30 collaborateurs. Aujourd’hui, l’ESC compte 550 étudiants et 125 collaborateurs!

Chantal Ostorero, directrice générale du Service de l’enseignement supérieur du Canton de Vaud, explique: «Il a d’abord été envisagé de rénover et d’augmenter de manière très importante les surfaces de l’Amphipôle, et il était aussi prévu une extension du Biophore ( ndlr: un des trois bâtiments hébergeant la biologie sur le campus). Au final, on s’est rendu compte qu’une extension conséquente de l’Amphipôle n’aurait pas été possible en conservant sa structure actuelle, et on a opté pour une rénovation et pour une réaffectation de la première partie de ce bâtiment, dans une approche de conservation patrimoniale.»

Du coup, avec l’autre bâtiment prévu, pas besoin de toucher au Biophore. Et les 35 millions déjà accordés par le parlement vaudois pour Neuropolis seront remplacés par quelque 83 millions pour un projet nouveau. Le solde du budget de construction devrait venir de la Confédération et de l’EPFL.

Créé: 20.12.2015, 17h54

Des souris et des ordis

Le terme n’est pas limpide. C’est pourtant une tendance importante qui a envahi tous les domaines des sciences de la vie depuis quelques années et qui est appelée à un fort développement à l’Université de Lausanne pour les cinq à dix années à venir.

La biologie computationnelle regroupe un ensemble de méthodes faisant appel à la simulation, donc aux ordinateurs, pour comprendre par exemple les mécanismes moléculaires à l’œuvre dans les êtres vivants, dans une perspective thérapeutique ou plus généralement de connaissance. Ou encore pour appréhender l’évolution des écosystèmes, les variations comportementales ou les méandres de l’évolution des espèces microbiennes; ainsi que les liens entre chacun de ces champs scientifiques.

Déjà rien que pour les différentes branches traitant des gènes et de leur expression, les quantités de données à traiter sont colossales. Au dire des scientifiques, la simulation bien orchestrée permet souvent de gagner du temps, en complément toujours à l’expérimentation directe, qui ne disparaît pas des laboratoires de biologie. Le futur bâtiment des sciences de la vie de l’UNIL abritera ainsi une animalerie. Dont le Canton dit déjà qu’elle sera de taille «modeste». Rien à voir avec, par exemple, le grand projet à 50'000 rongeurs, aujourd’hui abandonné, mais qui avait un temps agité la scène politique et publique en 2002.

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