Un nouveau drame secoue le foyer EVAM d’Ecublens

Un jeune Sri Lankais a été mortellement poignardé par une connaissance. Un choc de plus pour les résidents, après l’affaire Lamine.

Le foyer EVAM d’Ecublens accueille notamment des personnes à l’aide d’urgence, comme la jeune victime.

Le foyer EVAM d’Ecublens accueille notamment des personnes à l’aide d’urgence, comme la jeune victime. Image: Vanessa Cardoso

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Un résident d’origine sri lankaise de 19 ans a été mortellement poignardé, mercredi matin, par une connaissance venue lui rendre visite au foyer de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) d’Écublens, communique la police cantonale. L’auteur de l’agression, un Suisse d’origine sri lankaise également, a été interpellé sur les lieux par un agent de sécurité privée. Après l’avoir entendu, la procureure de service vient de demander sa mise en détention provisoire. Une enquête est en cours pour déterminer les causes et les circonstances exactes de l’agression.

Si la police et la procureure n’en disent pas plus à ce stade, l’EVAM indique que la victime était à l’aide d’urgence. Quant à son agresseur, il s’agit d’une «personne connue qui était déjà venue lui rendre visite».

«C’était quelqu’un de calme et discret, affirme un autre habitant du foyer. Je le connaissais surtout de vue. Nous sommes de nouveau traumatisés.»

D’après un résident, l’homme est arrivé assez tôt ce mercredi. «Tout était normal, puis, à 9 h 15, une personne est descendue en courant du premier étage pour expliquer à l'agent de sécurité que quelqu’un était en train de mourir. Tout le monde s’est précipité, puis les policiers sont arrivés. Nous n’avons pas eu le droit de sortir du bâtiment pendant deux heures.» En parallèle, l’infirmière, le médecin du SMUR et les ambulanciers tentent de sauver le jeune homme, sans y parvenir.

«C’était quelqu’un de calme et discret, affirme un autre habitant du foyer. Il ne fréquentait pas trop la salle de loisirs, en général il se faisait à manger et restait dans sa chambre. Je le connaissais surtout de vue. Nous sommes de nouveau traumatisés.» Et pour cause, c’est déjà à Écublens que vivait Lamine, requérant gambien de 23 ans interpellé par erreur puis retrouvé mort dans une cellule du Centre de police de la Blécherette, à Lausanne, en octobre dernier. «Ce sont des affaires personnelles et différentes, mais, quand vous vivez tous ensemble, encore plus à l’aide d’urgence, ça laisse des traces.» La direction de l’EVAM a d’ailleurs organisé une rencontre, jeudi soir, pour rassurer les résidents et répondre à leurs questions.

À noter que les visites sont autorisées entre 7 h et 22 h au centre d’Écublens et qu’elles sont encadrées par une procédure. La personne doit s’annoncer à l’accueil et déposer une pièce d’identité. Elle peut subir une fouille sommaire dans certains cas. «Les règles sont connues, mais la surveillance n’est pas totale: l’agent peut être en train de faire une ronde, tout comme le visiteur peut profiter d’un résident qui entre avec son badge pour le suivre, indique Evi Kassimidis, porte-parole de l’EVAM. Il semble néanmoins que, sur ce plan, les choses se soient passées normalement mercredi.» (24 heures)

Créé: 08.02.2018, 18h19

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