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Le nouveau gardien du temple de l’UDC devra rester en coulisses

Le profil du nouveau secrétaire général, Kevin Crausaz, tranche avec ses prédécesseurs. Leur présence dans les médias avait gêné.

Kevin Crausaz jure qu’il restera dans l’ombre. Ce Fribourgeois est inconnu dans le paysage politique vaudois.
Kevin Crausaz jure qu’il restera dans l’ombre. Ce Fribourgeois est inconnu dans le paysage politique vaudois.
Jean-Paul Guinnard

Claude-Alain Voiblet, puis Kevin Grangier. Deux hommes de droite, au discours conservateur et particulièrement rude, des bêtes médiatiques, encore plus visibles que les présidents successifs du parti. La direction de l’UDC Vaud ne veut plus de ce modèle désormais. Alors que Kevin Grangier a annoncé sa démission, les chefs du parti ont trouvé comme remplaçant un homme de 29 ans, inconnu dans le monde politique vaudois: le Fribourgeois Kevin Crausaz, formé à la méthode UDC au secrétariat central du parti suisse à Berne. Lui-même, qui siège au sein du comité directeur de l’UDC Fribourg, parle de son futur job comme d’un «travail de l’ombre». Il sera présenté au Congrès du parti vaudois jeudi prochain. Jacques Nicolet, le président du parti, et ses collègues ne le disent pas aussi directement. Mais ils en ont marre de passer au second plan. Ce n’est pas un hasard si l’annonce arrive six mois après les élections cantonales du printemps, où le parti a échoué pour la troisième fois consécutive dans la course au Conseil d’État.

«Il est sûr que le président que je suis, nos conseillers nationaux et nos députés serons plus actifs dans les médias»

Après cet échec, les chefs du parti ont perdu de leur superbe à l’interne et ont été chahutés à leur dernier congrès cet été. Dès lors la mission de Kevin Crausaz sera simple sur le papier: faire tourner la machine et mettre en avant le travail des chefs et des députés.

«Il est sûr que le président que je suis, nos conseillers nationaux et nos députés serons plus actifs dans les médias», explique Jacques Nicolet. Philippe Jobin, le chef du groupe UDC au Grand Conseil, abonde: «Les secrétaires généraux, employés à 100% par un parti, sont nantis de certains dossiers et acquièrent des compétences que nous n’avons pas comme miliciens. Notre idée est d’avoir un secrétaire général qui nous épaule pour que nous puissions prendre la parole plus souvent, en renvoyant les médias vers nous, comme dans les autres partis.»

Faut-il comprendre que Kevin Grangier aurait trop tiré la couverture à lui? «Je n’ai rien à lui reprocher, répond Jacques Nicolet. Kevin Grangier est arrivé alors que le parti traversait des difficultés (ndlr: les affaires Despot, puis Voiblet) et il fallait occuper le terrain. Il a pris la place que le parti a bien voulu lui laisser.» Il concède néanmoins que son nouvel employé sera «moins percutant».

Le but: «briller»

Les députés seront désormais obligés de réagir vite sur tous les sujets, ce que Claude-Alain Voiblet et Kevin Grangier savaient faire. Mais le parti y croit. «Nous avions jusqu’ici un temps de réaction rapide sur les sujets fédéraux, concède Philippe Jobin. Nous voulons maintenant avoir un temps de réaction rapide sur les thèmes du Grand Conseil. J’ai le désir que mon parti soit encore plus performant, qu’il puisse briller au niveau vaudois.»

Agriculture et santé

Exit donc les thèmes qui fâchent, comme l’islam, avec l’initiative «contre l’intégrisme religieux» qui a échoué lors de la récolte de signatures. «Ce thème était précurseur, mais avant tout fédéral», commente Philippe Jobin. Le parti mise désormais sur ses thèmes chers, comme l’agriculture, mais aussi sur la santé. «Notre nouveau député, le médecin Thierry Dubois, apporte un éclairage différent sur ce thème. Nous sommes «multidinistes», c’est-à-dire multidisciplinaires, et nous voulons le faire savoir.»

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