Les nouveaux sacs poubelles sont vendus sous surveillance

DéchetsLe nouveau sac blanc taxé est arrivé. Mais il ne sera vraisemblablement pas mis en évidence dans les magasins, qui craignent les vols.

Une importante campagne de sensibilisation a été mise en place. Il s’agit de convaincre avant de sanctionner.

Une importante campagne de sensibilisation a été mise en place. Il s’agit de convaincre avant de sanctionner. Image: YANNICK BAILLY

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C’est la fin d’un sprint. Celui d’une centaine de communes vaudoises qui ont décidé de conformer leur gestion des déchets aux lois fédérales dès le 1er janvier.

Et la preuve tangible de ce changement est dans les grandes surfaces depuis hier. Le fameux sac blanc taxé et estampillé du slogan «Trier c’est valoriser» est arrivé, trois semaines avant cette minirévolution. La nouvelle loi cantonale sur la gestion des déchets instaure définitivement le principe du pollueur-payeur selon lequel l’élimination des ordures ménagères doit être financée par une taxe incitative (au sac et forfaitaire) et non plus par l’impôt. Les modalités de ce changement de paradigme sont laissées au libre arbitre des communes. Et il y a pratiquement autant de façon de faire que de communes dans le canton. C’est donc auprès de son administration locale que le citoyen trouvera les renseignements le concernant.

Risques de vol
Si la «révolution» est en marche, elle n’est guère visible. Pas de ruée hier dans les rayons de certains grands magasins. «C’est pour le 1er janvier? Alors j’y penserai à ce moment-là», relativisait un père de famille en train de remplir son caddie au Léman Centre de Crissier. Dans une Migros lausannoise, un vendeur admet que les sacs ne sont pas mis réellement en évidence. «Ils risquent trop facilement d’être volés.» Nombreux sont en effet les magasins à délivrer les sacs sur demande, un peu à la manière des cigarettes. Ou du moins à les ranger à proximité des caisses. Une précaution déjà prise dans les régions qui ont instauré le principe depuis quelques années.

Dans trois semaines, il faudra être prêt. Plus question d’utiliser des sacs noirs classiques, mais privilégier les blancs (le rouleau de 10 sacs de 17 litres coûtera 10 fr., celui de 35 litres 20 fr., celui de 60 litres 38 fr. et le rouleau de 5 sacs de 110 litres 30 fr.) Les ordures des fraudeurs pourront être fouillées par des membres de la voirie, assermentés dans ce but. Et les amendes pourraient pleuvoir.

Mais avant de sanctionner, les communes ont prévu d’informer. Une importante campagne prépare le terrain. Affiches au bord des routes, tous-ménages en neuf langues, autocollants sur les containers d’immeubles, présence d’«ambassadeurs» sur les marchés… bref, les autorités ont conscience de l’effort de sensibilisation qui est nécessaire. Mais l’homme derrière la démarche, Jean-Daniel Lüthi, est optimiste: «Cette taxe, on n’en parlait pas il y a un an, on n’en parlera plus du dans un an.»

Des exceptions
Aujourd’hui, cent communes ont formellement franchi le pas vers ce sac unique. Parmi elles, Lausanne, Nyon ou encore Pully. Trente autres devraient s’y mettre très bientôt. Dans le reste du canton, trois régions font figure d’exception. La Riviera entière n’a pas encore pris de décision quant à l’application du principe du pollueur-payeur. Ailleurs, comme dans la région d’Yverdon ou d’Aigle, un système de taxe est appliqué depuis plusieurs années et continuera de se distinguer.

Il reste aussi les quelques communes qui n’ont pas encore pris de décision et qui sont parfois au cœur d’une région destinée au sac blanc taxé obligatoire. C’est le cas de Renens et de Lutry.


Des rebelles dans l’océan de sacs taxés

Seule au cœur du district de l’Ouest lausannois, Renens n’aura pas de taxe au sac pour le moment. A Lutry non plus, pourtant voisine de Bourg-en-Lavaux qui a adhéré, et tout proche de Lausanne. Les autorités se donnent du temps. Et prennent donc le risque, difficile à évaluer pour l’heure, de voir arriver les déchets des villes voisines. La syndique de Renens, Marianne Huguenin est stoïque. «C’est clair, nous sommes au centre d’une région qui a déjà changé. Ça fait partie des conséquences du chenit généralisé à ce sujet dans le canton. Et de cette précipitation pour le 1er janvier. Nous verrons bien ce qui se passera. Je suis curieuse de voir si les gens vont réellement trimballer leur sac pour venir le jeter ici.»

A contre-courant de la campagne d’information pour le nouveau sac, la quatrième ville du canton prévoit quant à elle de rendre sa population attentive au fait qu’elle n’a pas besoin de changer ses habitudes pour le moment. Sauf pour trier davantage. «Mais nous allons tout de même arriver très bientôt avec un préavis», admet Marianne Huguenin, résignée.

A Lutry, les autorités ne souhaitent pas instaurer cette taxe avant d’avoir mis sur pied des infrastructures nécessaires à l’absorption du tri. «Nous prévoyons de prendre ce train en 2014, annonce Jacques-André Conne, syndic. Nous ne trouvons pas très honnête d’imposer cette taxe aux habitants avant de mettre en place ce qu’il faut pour le faire bien.»

En revanche, les fraudeurs des communes voisines n’ont qu’à bien se tenir. La commune de Lutry a assermenté des employés de la voirie qui sont donc habilités à fouiller les sacs traditionnels suspectés de provenir d’autres localités. Un renforcement de la surveillance des forêts est aussi prévu. «Et les assermentés pourront dénoncer les cas de fraude à la police, poursuit Jacques-André Conne. Mais nous comptons surtout sur l’honnêteté des gens et sur leur bonne volonté.»

www.vaud-taxeausac.ch (24 heures)

Créé: 11.12.2012, 07h24

Vos questions

Les administrations communales sont les interlocuteurs les mieux placés pour répondre aux demandes relatives à une commune spécifique. Mais la nouvelle taxe au sac régionale suscite de nombreuses interrogations d’ordre général à propos du recyclage, du tourisme des déchets, des compensations financières ou du principe du pollueur-payeur. C’est pourquoi, dès aujourd’hui, sur notre site internet, un formulaire en ligne vous est ouvert, à l’adresse www.dechets.24heures.ch, afin de recueillir vos questions sur les changements qu’implique le nouveau système régional. 24 heures relaiera et répondra à vos questions les plus fréquentes.

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