Nuits d'ivresse: Lausanne serre la vis

SécuritéGrégoire Junod et Marc Vuilleumier ont présenté mardi matin un premier train de mesures visant à pacifier les nuits lausannoises. Les clubs fermeront notamment une heure plus tôt.

Image: Chris Blaser -a

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«La vie nocturne n'a pas que des désavantages, c'est quelque chose que l'on souhaite, a rappelé Grégoire Junod, municipal en charge du logement et de la sécurité publique. Toutefois, il faut trouver un équilibre entre ambiance festive et qualité de vie du voisinage.» Le municipal a donc rappelé l'impact de la vie nocturne pour la ville: près de la moitié des interventions de la police ont lieu de nuit (17 000 de nuit et 18 000 de jour en 2011 contre 19 ooo au total en 1995). Deux tiers de ces interventions prennent place entre le jeudi soir et le dimanche matin. La vie nocturne occasionne aussi 6000 heures de travail pour le Service des routes et 10 000 pour les Parcs et promenades. Autre fléau que la vie nocturne attire en ville: le trafic de drogue.

Tout cela pousse la Municipalité à mettre en place des mesures issues de consultations qui se sont déroulées en août et septembre avec des partis politiques, des exploitants et les autorités. Celles-ci seront présentées au Conseil communal dès décembre pour entrée en vigueur au printemps prochain, avant le retour de la haute saison de la vie nocturne. Mais la Municipalité prend immédiatement une premier mesure en mettant en place un répondant de la vie nocturne à la police «Il ne sera pas seulement responsable des contrôles. Mais il accompagnera aussi les clubs dans la mise en place des mesures.»

Moins d'établissements
«La ville veut privilégier la qualité et non la quantité des établissement» prévient Marc Vuilleumier, responsable des sports, de l’intégration et de la protection de la population. «Nous pensons qu'un certain nombre d'établissements ne seront pas en mesure de mettre en place les mesures demandées. Dans un premier temps ils devraient ne pas obtenir de prolongation de leurs horaires d'ouverture, et à terme se voir refuser leur autorisation d'exploiter en raison de leur manque de professionnalisme.»

Les objectifs de ces premiers trains de mesures sont de pacifier et de sécuriser la vie nocturne, renforcer le professionnalisme des agents privés de sécurité et mieux encadrer les établissements de nuit.

Heures d'ouverture restreintes
Ainsi, l'heure de fermeture des clubs sera avancée d'une heure (soit 3h du matin contre 4h actuellement) mais les établissement faisant preuve de suffisamment de professionnalisme pourront obtenir des dérogations (sous la forme d'une prolongation payante jusqu'à 5h). Pour y avoir droit, les établissements nocturnes devront, par exemple, former correctement leur personnel, payer régulièrement leurs charges sociales et disposer de détecteurs de métaux. Ils se verront attribuer une zone de l'espace public dont ils auront en charge le nettoyage et un nombre minimal d'agents de sécurité.

Les commerces vendant de l'alcool,(210 en ville dont 1/3 ouverts le soir) auront l'interdiction d'ouvrir les vendredis et samedis soirs. A terme, si les modifications cantonales ad hoc entrent en vigueur, ils pourraient rester ouverts mais avoir l'interdiction de vendre de l'alcool. Les mesures concernant les commerces ne concernent pas le territoire de la gare.

Plus de biture dans la rue
Des interdictions de consommations d'alcool dans les rues, dans certains périmètres et selon certains horaires, seront introduites dans le règlement de police. «C'est une mesure demandée par les clubs qui estiment qu'un meilleur contrôle de l'espace public doit aussi avoir lieu», précise Grégoire Junod.

Autres modifications du règlement général de police: la possibilité de prononcer des mesures d'éloignement, notamment à l'encontre des dealers, et la possibilité de saisir des armes et objet dangereux. Grégoire Junod explique: «Sur ce dernier point, c'est un peu paradoxal, mais la police est moins bien armée légalement pour saisir des armes blanches dans la rue que ne peuvent le faire les agents de sécurité à l’intérieur des établissements.»

Le littering dans le collimateur
La Ville vise aussi l'interdiction des jeux de bonneteau, des mesures plus sévères envers les personnes violentes à l'encontre d'agents de police, de sécurité ou sanitaire ainsi qu'à l'encontre des personne jetant des détritus ou dégradant l'espace public.

Grégoire Junod résume: «L'objectif n'est pas de réduire les heures d'ouverture mais d'encourager un comportement responsables de la part des établissements et de réduire l’accès à la boisson alcoolisée.» Il ajoute, concernant l'applicabilité de ces mesures: «Il faut être réservé sur les effets qu'elles auront, mais nous sommes convaincus que ce sont des outils indispensables. La nuit lausannoise doit être un moment de fête, pas un moment où l'on se sent en danger.» (24 heures)

Créé: 30.10.2012, 12h06

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