Les papillons des villes souffrent de consanguinité

LausanneL’étude d’une doctorante de l’EPFL démontre que le patrimoine génétique de certains insectes est menacé par l’urbanisation.

L'étude de l'EPFL a notamment porté sur la piéride de la rave (Pieris rapae). C'est l'existence d'une banque génétique sur ce papillon, à Marseille, qui a permis de la réaliser.

L'étude de l'EPFL a notamment porté sur la piéride de la rave (Pieris rapae). C'est l'existence d'une banque génétique sur ce papillon, à Marseille, qui a permis de la réaliser. Image: DR

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L’installation de ruches dans les villes a démontré que les abeilles s’accommodent plutôt bien d’un environnement urbain. Il en va autrement de la biodiversité et, en particulier, des papillons que les grandes agglomérations mettent en péril. Selon un communiqué de l’EPFL, une étude quantifie l’impact de la densité urbaine sur une espèce de papillon.

Doctorante au Laboratoire de systèmes d’information géographique (LASIG) de l’EPFL, Estelle Rochat a réalisé son étude sur la ville de Marseille. L’existence d’une base de données sur l’ADN d’une espèce a permis de simuler son évolution sur une centaine de générations, en fonction des éléments topographiques de la ville et de la capacité de déplacement du papillon. Le tout a été réalisé par simulation informatique sur l’ensemble du territoire marseillais. «Dans les zones fortement densifiées, les papillons n’ont plus d’espace pour se déplacer et ne peuvent plus rencontrer d’autres individus pour se reproduire, résume la doctorante. Ils présentent donc une forte consanguinité, ce qui diminue leur capacité de survie et d’adaptation à l’environnement et finit par décimer leur population.»

«A Lausanne, nous ne disposons pas d’une telle banque génétique sur les papillons. Cette étude nous conforte dans les choix qui ont été faits»

En deux mots, plus les papillons vivent à l’écart du bitume, mieux ils se portent. De quoi enfoncer des portes ouvertes? Pas tout à fait, puisque l’étude permet de quantifier le phénomène et de le simuler. «A Lausanne, nous ne disposons pas d’une telle banque génétique sur les papillons, précise Pascale Aubert, déléguée à la nature. Cette étude nous conforte dans les choix qui ont été faits.» Car même si la capitale vaudoise n’a pas l’étendue de la cité phocéenne, la Municipalité insiste désormais sur la mise en place d’un «réseau écologique» de façon à ce que différentes espèces puissent circuler, malgré le bitume et les constructions.

«Ce n’est pas forcément une question de superficie, ajoute Estelle Rochat. Des zones très construites telles qu’on en trouve à Marseille se retrouvent aussi à Lausanne.» Pour la doctorante, un petit nombre d’espaces verts peut réduire l’impact de l’urbanisation sur la faune, à condition qu’ils soient bien connectés. C’est ce que propose Lausanne en incitant à verdir les toitures plates ou en évitant de faucher une part de chaque prairie. La question des réseaux écologiques s’inscrit en outre dans la planification des quartiers. Les particuliers ont par ailleurs été invités à participer à ce réseau vert, par le biais d’une petite brochure expliquant les actions que chacun peut entreprendre.

Et les papillons lausannois, comment se portent-ils? «Nous n’avons fait que deux études en 2009 et 2011, dit Pascale Aubert. Elles montrent que Lausanne abrite entre dix et seize espèces – ce qui est comparable aux zones agricoles du Plateau – mais dans des lieux spécifiques, comme les ruines romaines de Vidy ou au cimetière du Bois-de-Vaux.» (24 heures)

Créé: 22.08.2017, 11h17

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