Un partenaire de moins pour contrer l’initiative «Ecole 2010»

Réforme scolaireLes partisans du contre-projet adopté par le Grand Conseil ont lancé leur campagne hier. Sans les libéraux. Publié le 30 juin 2011.

Le comité LEO: assis: Jacques Daniélou, Barbara de Kerchove, Marc-Olivier Buffat. Debout: Béatrice Métraux, Christiane Jaquet-Berger, Cesla Amarelle.

Patrick Martin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La bataille scolaire s’annonce acharnée. Après des années de travail, les deux camps qui s’affrontent vont devoir déployer tous leurs efforts pour convaincre la population de projets aussi compliqués qu’importants pour les enfants vaudois.

Une coordination entre les différents promoteurs de la LEO (Loi sur l’enseignement obligatoire), qui fait office de contre-projet à l’initiative des milieux conservateurs de l’école intitulée «Ecole 2010 - Sauver l’école», s’est présentée hier matin. Aux côtés des associations telles que la Société pédagogique vaudoise (SPV), l’Association des parents d’élèves (APE) et l’AVIVO (association des retraités vaudois), les partis sont présents. Radicaux, socialistes, Verts et POP font partie de la coalition.

Présidente mal à l’aise
Manquent les libéraux, dont les pro-LEO espéraient un engagement concret au vu de l’attitude de leur groupe au Grand Conseil. Or, les délégués de la base ont décidé, mardi soir, de soutenir les deux camps, tout en indiquant que leurs cœurs penchaient plutôt pour l’initiative. La présidente, Catherine Labouchère, qui a fait partie de la commission parlementaire et a été convaincue par le compromis construit au sein de ce cénacle, est mal à l’aise.

«Il faisait 35?degrés mardi soir et nous étions tous très préoccupés par le désistement de Jean-Marie Surer pour la campagne des fédérales, relativise-t-elle. Ce sont principalement des enseignants qui se sont exprimés, et ils ont montré une méfiance particulière par rapport au projet de l’Etat. L’expérience d’EVM (ndlr: la précédente réforme scolaire) et de ses difficultés d’application est restée dans les mémoires.»

L’initiative a davantage séduit les libéraux parce qu’elle propose le maintien des trois filières actuelles pour les degrés 7 à 9, assorti d’adaptations qui font moins peur que le projet LEO. Ce dernier réduit le nombre des filières de 3 à 2, avec une possibilité d’enseignement consolidé pour les élèves les moins scolaires. Au final, le congrès libéral recommande de voter oui à l’initiative et oui à la LEO, comme le permet la procédure du scrutin. En cas de double oui dans les urnes, les libéraux proposent de choisir l’initiative.

Réactions mitigées
Réactions mitigées hier parmi les pro-LEO. Le socialiste, enseignant et membre de la commission parlementaire Jean-Michel Favez estime «décevant» ce retournement des libéraux. Jacques Daniélou, président de la SPV, positive dans un sourire: «N’oublions pas qu’ils recommandent aussi le oui à la LEO.»

Du côté des radicaux, bientôt fusionnés avec les libéraux, c’est le mutisme. Aucune réaction n’a été entendue au congrès de mercredi soir (lire ci-contre). Et hier, la présidente, Christelle Luisier, refusait de qualifier le positionnement de la base libérale de lâchage: «Tant que nous formons encore deux partis, il est normal que nous ayons des avis différents», estime-t-elle.

Lors de sa conférence de presse, la «Coordination NON à «Ecole 2010» - OUI à la LEO» a tenu à mettre en avant l’ouverture du contre-projet. A ses yeux, il valorise et stimule les ados en rupture au lieu de les stigmatiser.

Les promoteurs du contre-projet tirent en outre à boulets rouges contre l’initiative dont le texte est «totalement contraire à nos valeurs», selon Jacques Daniélou.

Ce dernier fustige le système des trois filières qui induit un désinvestissement chez les élèves et les maîtres: «On dit: «Tu es un VSO» et non «Tu es un élève de VSO»; les profs vont jusqu’à se faire une idée de l’orientation future de tel ou tel élève dès l’école enfantine. Dans les salles des maîtres, il n’est pas rare qu’un collègue dise à un autre: «Tu sais, Laetitia sera une VSO, ce n’est pas la peine de t’investir.»

Créé: 21.12.2011, 18h33

Les deux textes

L’initiative «Ecole 2010» conserve la structure en trois filières. Elle revalorise l’actuelle VSO, rebaptisée «préprofessionnelle», avec des options telles que maths et allemand renforcés, littérature, économie et des branches orientées vers les métiers.

- Elle réintroduit des notes dès la 1e année, soit à l’âge de 6-7 ans.

- Elle donne la priorité à la méthode classique d’enseignement, dite explicite ou frontale.

- Elle propose des classes d’encadrement temporaires pour les élèves turbulents.


Le contre-projet change la structure en ne conservant que deux filières, la voie de baccalauréat et la voie générale, fruit de la fusion entre les actuelles VSG et VSO. Dans la voie générale, le français, l’allemand et les maths sont enseignés en deux niveaux.

- Il introduit les notes dès la 3e année primaire.

- L’enseignement peut être conduit de manière directive ou incitative.

- Il propose un enseignement consolidé pour les élèves les moins scolaires, dispensé dans la même classe ou séparément.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.