«Participer à la Fête du blé est une évidence»

EchallensL’histoire de la fête campagnarde, dont la 4e édition se déroulera en août prochain, à travers les souvenirs de cinq bénévoles ayant participé à toutes les éditions.

Ces bénévoles qui participent pour la 4e fois à la Fête du blé: (de g.à droite) Bernard Sägesser, Danièle Fontannaz, Françoise et René Perreten, Rita Sägesser.

Ces bénévoles qui participent pour la 4e fois à la Fête du blé: (de g.à droite) Bernard Sägesser, Danièle Fontannaz, Françoise et René Perreten, Rita Sägesser. Image: Philippe Maeder

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«Pourquoi être bénévole à la Fête du blé et du pain? Mais c’est une évidence! On se réjouit d’une édition à l’autre.» Autour de la table: Françoise et René Perreten, Rita et Bernard Saegesser, Danièle Fontannaz. Cinq parmi les moins en moins nombreux volontaires à avoir participé aux trois premières éditions de la fête et étant encore engagés dans les préparatifs de la 4e édition, qui se déroulera du 15 au 26 août prochain à Échallens.


1978 L’électrochoc

«Ah, la première! se remémorent-ils avec nostalgie. C’était quelque chose de complètement nouveau; tout le monde mouillait à fond. Le truc idéal pour intégrer les citadins qui commençaient à venir s’installer dans la région. La fête a permis à la filière du blé de prendre conscience de la valeur de son travail. Et puis nous étions jeunes. Ça avait été quasiment une année de bastringue.»

Dans tous les témoignages, la première Fête du Blé et du Pain, en 1978, a été un électrochoc pour Échallens et sa région. L’idée d’organiser un pendant agricole de la Fête des Vignerons a donné un élan qui se prolonge aujourd’hui encore. Les Marchés folkloriques des jeudis du mois de juillet et la Maison du Blé et du Pain en sont d’ailleurs des enfants.

Côté spectacle, cette première édition, très folklorique, avait été mise en scène par Charles Apothéloz, celui-là même qui avait signé la Fête des Vignerons une année plus tôt à Vevey. «Mais contrairement à ce que les dates laissent penser, il avait commencé à travailler sur la Fête du Blé et du Pain avant de reprendre l’organisation veveysanne», précise Bernard Saegesser, soucieux d’exactitude.


1998 Face à la réalité

Si les bénéfices de la fête ont permis d’ouvrir au public La Maison du Blé et du Pain en 1988, les participants à la première édition ont dû patienter vingt ans avant d’en vivre une seconde. «Ce fut long, mais tout le monde avait à l’esprit que ça allait repartir un jour», se souvient René Perreten.

Lorsqu’un comité décide de relancer la manifestation, son auteur s’impose immédiatement: le poète-chansonnier-homme de radio Émile Gardaz est alors incontournable dans la région. Mais en vingt ans le monde a bien changé. À Échallens, plusieurs fermes ont été détruites pour laisser la place à des habitations. Dans le spectacle de la fête, les danses folkloriques vont s’effacer devant une vision plus réaliste du monde, avec notamment une scène forte symbolisant la fermeture des frontières face à l’arrivée de migrants. «Ce spectacle serait toujours parfaitement d’actualité aujourd’hui, trente ans plus tard», relève avec étonnement et admiration Bernard Saegesser.


2008 La polémique

Durant les années suivantes, le comité de veille décide de réduire de moitié le temps entre deux éditions, histoire que les enfants puissent participer à au moins une fête durant leur scolarité.

Par contre, le choix des auteurs, emmenés par le directeur fribourgeois Pierre Huwiler, fait polémique: une partie des chanteurs et chanteuses du Gros-de-Vaud boycottent la fête. «C’était mon choix et je l’assume, assène René Perreten, qui faisait partie du comité de veille à l’époque. La rencontre s’était faite par hasard. Mais quand on a vu à quelle vitesse ils ont réagi et nous ont présenté un projet bien ficelé, on a décidé de foncer.» Malgré cela, la 3e Fête du Blé et du Pain réunit 630 chanteurs et plus de 400 figurants dans une fresque musicale et visuelle. Pour la première fois, le spectacle a un nom: «Grain de folie». Ses à-côtés se développent aussi. Alors que le nouveau district du Gros-de-Vaud vient de voir le jour, ses communes se présentent dans de petits chalets installés sur la place de la Gare. Et, pour la première fois également, un grand cortège traverse les rues d’Échallens. Ces animations séduisent la population, qui déplore le «coup de mou» entre les deux week-ends de festivités.


2018 Moderne

Emmené par M.Athletissima, Jacky Delapierre, le comité d’organisation de la 4e Fête du Blé et du Pain voit donc plus grand. Pour la première fois, un concours est organisé pour désigner les concepteurs du spectacle. Un quatuor vaudois l’emporte: ce sera «Solstices», un conte médiéval fantastique bien dans l’air du temps, qui sera joué huit fois, soit deux de plus que le précédent spectacle (voir encadré). Parallèlement, les «à-côtés» deviendront un événement à part entière: dix jours de fête au cœur du bourg d’Échallens, avec les passages successifs de près de 150 artistes en tous genres (voir encadré). Nos cinq fidèles figurants bénévoles sont désormais impatients d’y être. «On travaille avec des gens vraiment pros, qui ont des compétences extraordinaires. Il y a une grosse différence d’exigences et de niveau par rapport à ce qu’on a connu jusque-là. On se réjouit donc tous d’être enfin sur le vrai terrain, devant le public.»


Supplément spécial le samedi 9 juin
(24 heures)

Créé: 30.05.2018, 06h49

Dix jours de «off» à l’œil dans le bourg

Les témoignages le soulignent, les à-côtés du spectacle de la Fête du Blé et du Pain sont au moins aussi importants que le spectacle lui-même. Pour l’édition qui se déroulera du 15 au 26 août prochain, les organisateurs ont donc décidé de mettre le paquet, aussi sur ce qu’ils appellent désormais la partie «off». «Nous voulions que la fête soit celle de toute une région et qu’elle propose des animations pour tous les goûts», a expliqué hier matin à Échallens Jérémie Crisinel, président de la commission «Cortège et animations». Pour y parvenir, les organisateurs ont concocté un programme impressionnant ayant entraîné la signature de pas moins de 150 contrats avec des artistes en tous genres. Et pour être sûrs que les gens reviennent plusieurs fois à Échallens durant les dix jours de festivités, tout sera gratuit.

Situé à mi-chemin entre la place de spectacle et le bourg, la place de la Gare servira de centre névralgique. Elle arborera une des trois scènes qui seront montées pour l’occasion, les deux autres étant installées à la place de l’Hôtel-de-Ville et sur l’esplanade du Château. Des concerts (rock, salsa, country, blues…) et animations (théâtre, voltige à cheval, cirque…) y seront proposés, complétés par des animations circulant sur cinq points scéniques parsemés au milieu de dix-neuf caveaux et buvettes répartis dans le bourg.

Quatre journées thématiques sont également prévues: dédiées aux familles (18.8), avec un grand cortège (19.8), sportive (25.8) et placée sous le signe Amitié & Partage (26.8) avec un culte œcuménique. À noter qu’une Promenade des sculpteurs présentant dix-neuf œuvres en lien avec le spectacle est en train d’être installée et sera inaugurée le samedi 16 juin prochain.

Programme complet de la partie off de la fête sur www.echallens2018.ch

Spectacle

Comment s’y prendraient J.R.R. Tolkien ou George R.R. Martin s’ils devaient raconter «à leur sauce» l’histoire de la fabrication du pain? C’est un peu l’exercice auquel s’est prêté le quatuor d’auteurs vainqueur du concours d’attribution du spectacle de la 4e Fête du blé et du pain. Leur création baptisée «Solstices» emmènera 40 000 spectateurs dans un monde médiéval fantastique. «Nous voulions «contemporainiser» la fable, explique le chef de projet David Deppierraz. Nous nous sommes donc inspirés de l’histoire de la région, sur laquelle nous avons tressé une toile imaginaire parsemée de moments forts, comme les combats ou les effets pyrotechniques.»

L’histoire est celle de trois héros partis en quête d’un trésor pour sauver leur village de la famine. En chemin, ils affronteront les quatre éléments, symbolisés par quatre créatures : un troll (la terre), une nymphe (l’eau), un spectre (l’air) et un dragon (le feu). Or le grain de blé germe dans la terre, pousse grâce à l’eau, est moulu par le vent faisant tourner les pâles du moulin, avant d’être cuit par la chaleur du feu. Le titre «Solstices» est tout aussi réfléchi. «Il y a deux solstices par année, rappelle David Deppierraz. Au premier, le soleil est au plus bas, il fait sombre et froid. Au second, le soleil est à son zénith, c’est le temps de la chaleur et des moissons». L’histoire du spectacle de la fête se déroulera pile entre ces deux extrêmes.

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